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 I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]

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Darius Von Verlagen
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MessageSujet: I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]   Lun 18 Mar - 13:37

    Il allait devenir fou.

    Depuis combien de temps cette mesure absurde avait-elle été prise ? Une semaine ? Deux semaines ? Il lui semblait que ça faisait une éternité.

    Le soleil s'était couché depuis peu mais Darius n'en avait rien à faire. Dès qu'il avait senti la léthargie prendre fin et son corps reprendre ses droits, il s'était habillé, armé et précipité dehors, sans plus songer aux conséquences de son geste impulsif – tout ce qui comptait, c'était sortir. Il ne supportait plus d'être enfermé depuis sa transformation – à un moment ou un autre, le Monstre refaisait toujours surface, demandait son lot de sang et de mort. Il était toujours parvenu à garder le contrôle grâce à la guerre d'abord, puis grâce à son métier. Sans plus pouvoir tuer ni chasser, le prédateur en lui devenait fou, tournait comme un lion en cage. Ce n'avait été plus qu'une de jours avant qu'il ne s'attaque à sa servante – et la tuer, simplement pour assouvir la pulsion de tuer n'était définitivement pas une bonne idée. Surtout quand il devait tellement dépendre d'elle.

    Ses enjambées étaient rapides, déterminées, comme pour évacuer un peu de la frustration à devoir rester planqué à l'intérieur comme une vulgaire victime. Si on venait l'arrêter, il dirait simplement qu'il était pressé – en espérant que quiconque l'arrêterait ne remarquerait pas immédiatement qu'il était un vampire.

    Il n'avait même pas deux heures de "temps libre" avant ce maudit couvre-feu. L'armée avait envahi les rues, et l'autre frange de la population les soutenait avec leurs balles en argent et leur eau bénite. A la chasse au monstre. Dire qu'il y avait encore peu, il faisait exactement pareil. Mais qu'il tue ou non ses congénères, il restait un sale buveur de sang, aux yeux des humains. Il ne pouvait pas réellement les en blâmer.

    Sa chasse fut rapide et sans fioritures. Un humain isolé, un SDF ou un drogué peut-être, dont on ne regretterait pas la disparition. Il n'avait pas le droit d'être sélectif en des temps pareils. Et si sa part logique hurlait à la sottise – à quoi pouvait bien lui servir une servante humaine s'il préférait risquer sa peau pour le simple luxe de la chasse ? –, il sentait le prédateur en lui un peu plus assagi, même si pas entièrement satisfait pour autant. Il ne pouvait pas courir le risque de tuer ses victimes – il devait se contenter de s'en abreuver et les hypnotiser. Une méthode plus "humaine" qui présentait moins de danger et pour lui et pour le clan. Mais une méthode qu'il n'aimait pas beaucoup tout de même.

    Ses pas l'avaient emmené loin de Metairie, par sécurité. Le quartier était connu pour abriter des vampires et lycans, c'était là que se concentrait surtout l'armée. Qui songerait à aller chercher des buveurs de sang à l'université ? Les Américains avaient peut-être inventé la mode fictionnelle des vampires sortant le jour et fréquentant les bancs de l'école, mais en réalité, il aurait fallu être un vampire bien pathétique pour continuer de vouloir suivre des cours alors qu'on était immortel.

    Un flot d'humains sorti de la Tulane University passa près de lui, annonçant probablement la fin des cours du soir. Près de vingt heures. Encore une heure de fausse liberté avant qu'il n'entre dans la clandestinité. Impossible de mener à bien un contrat en si peu de temps – de toute façon, ce n'était pas comme si il pouvait tranquillement tuer des CESS comme encore quelques mois auparavant. Soit il se faisait épingler par lesdits CESS qui le prenaient pour un chasseur ou un traître, soit il se faisait attraper par les chasseurs (ou l'armée ou les fanatiques religieux, qu'importe, ça revenait au même à ce stade-ci) et éliminer en tant que vampire. Son choix de métier paradoxal venait une fois de plus de démontrer les limites de la tolérance des autres.

    Pour la première fois depuis longtemps, il sortait sans aucun but. Il s'était déjà nourri et prendre une deuxième victime, à ce stade-ci, serait passé pour de la gloutonnerie, en plus de la bêtise. Il n'avait aucun contrat à remplir, personne à tuer. La Nouvelle-Orléans était si étroitement surveillée qu'elle semblait presque une ville fantôme ; vidée de ses solitaires, vidée de ses sorciers. Ceux qui restaient se préparaient à la guerre. Et avant que le conflit éclate, il fallait attendre. Attendre encore et toujours l'événement qui mettrait le feu aux poudres, l'étincelle qui transformerait cette ville en bain de sang.

    L'attente. C'était ce qu'il avait toujours le plus haï dans les guerres.

    Que faire ? Rentrer tranquillement chez lui, oublier et attendre un peu plus ? Ou précipiter les choses et mener un coup d'éclat, celui qui précipiterait enfin le conflit, fracasserait le fragile équilibre, cette fausse paix dans laquelle on baignait à s'en étouffer ? Au fond, il savait que la deuxième option n'était pas possible. Parce qu'il avait des responsabilités et qu'il n'était pas aussi stupide pour agir sur un simple caprice. Mais parfois...Gott, qu'il aurait aimé simplement que cette tension disparaisse !

    Ses bottes s'enfonçaient dans l'herbe humide du parc, prêtes à faire demi-tour et prendre la sage décision quand ses pas s'immobilisèrent soudain.

    Non.

    De façon folle, il songea tout d'abord Klara. Mais c'était impossible, Klara était morte depuis des années, en Allemagne, dans leur Berlin natal et elle n'aurait pas semblé comme sortir de ses souvenirs mortels, mémoire faite chair. Il avait visité sa tombe, bon Dieu. Pourtant, ça n'empêchait pas son esprit de s'emballer et échafauder des thèses toutes plus sordides les unes que les autres, toutes plus abjectes et folles les unes que les autres. Avant qu'il ne se rende compte d'une chose.

    Ce n'était pas Klara. Mais le sentiment de familiarité qu'il éprouvait n'était pas pur produit de son esprit malade. Il s'était déjà trompé une fois. Quand il avait cru pouvoir assassiner un jeune vampire sans encombres et qu'elle s'était interposée. Ombre blonde et gracile aux faux traits de sa femme. Qui s'était envolée aussi vite qu'elle était apparue pour l'empêcher de commettre ce meurtre. Pendant des jours, il s'était demandé pourquoi et qui. Pourquoi avoir sauvé ce vampire ? Pourquoi l'avoir épargné, alors qu'il avait été à sa merci ? Qui était-elle ?

    Pendant des jours, des semaines, il s'était efforcé d'effacer cette rencontre de sa mémoire, détestant le doute qu'elle avait réussi à semer en lui. Il avait même fallu qu'il retourne en Allemagne, brièvement, pour être sûr, être certain que ce n'était pas Klara. Il n'avait pu être tranquille – et aussi, oui, déçu – qu'en voyant la tombe inviolée et l'épitaphe gravée dans le marbre comme pour lui rappeler un peu plus l'inéluctabilité de la mort de sa femme tandis que lui restait toujours là, prisonnier de son enveloppe charnelle à ses vingt-neuf ans, démon buveur de sang.

    Ce n'était pas Klara. Mais au moins, la voir face à lui lui assurait qu'il n'avait pas halluciné cette rencontre...qu'elle avait bien été réelle. Avant qu'il ne puisse s'en empêcher, les mots s'échappèrent de ses lèvres, plus forts que lui :

    « Pourquoi m'avoir épargné ? »

    Se rappellerait-elle de lui ? Alors qu'elle ne l'avait jamais vu, jamais réellement entendu ? Mon Dieu, quelle folie.
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Svetlana Petrova
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MessageSujet: Re: I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]   Lun 18 Mar - 16:23

Je m'étais un tant soit peu égarée.

Je m'étais égarée sur le chemin qui me conduisait au Conservatoire. Par habitude, j'écoutais les symphonies que pouvaient procurer les objets les plus triviaux. Les gouttes de pluies chutant sur la gouttière, les pas féminines ou masculins qui m'entouraient. Tout était une immense symphonie à laquelle je participais malgré moi. Souriante silhouette sur les différents murs des maisonnées, je marchais d'un pas certain vers mon but précis.
J'avais quitté la demeure Newrewell avec mon précieux Stradivarius qui ne me quittait plus depuis ma fuite, il y a de cela quelques siècles. M'arrêtant en plein milieu de mon périple, je me sentais happée par le silence environnant. Mais je n'oubliais pas mon but premier : le Conservatoire. Alors sereine et appliquée, je poussais la lourde porte en fer noir, forgée de grandes arabesques. Il y avait bien Westley le concierge qui me saluait, salut auquel je répondis par un sourire entendu.
Je montais les escaliers pour me diriger vers ma salle, prévue à cet effet. Mon ouïe fine pouvait tout entendre, les souffles de mes élèves, l'anxiété de certains car ils ne me connaissaient pas encore, et la joie ténue de me retrouver. Ils n'étaient nullement au courant que j'étais une ... Vampire. Pour eux, j'étais juste la jeune fille aveugle qui dispensait son amour de la musique plusieurs soirs par semaine. Et cela me suffisait. Les mains jointes, je m'asseyais sur la chaise qui se trouvait au centre de la pièce, impatiente d'entendre les progrès de mes chers disciples.
Ils savaient tous m'enchanter. Même si je ne les voyais pas, je les aimais tous. Chacun était différent et avait sa personnalité, et j'encourageais cela.

Concentrée, je savais déceler la moindre fausse note, le moindre faux pas. Mais je n'étais pas une professeur tortionnaire, au contraire. J'étais comme ma défunte mère, une passionnée qui distillait son art aux plus méritants. Ma vingtaine d'élèves était toujours plus aguerrie et toujours plus désireuse d'apprendre. Et c'était bien pour cela que j'étais toujours au rendez-vous, malgré ces nouveaux couvre-feu qui nous empêchaient d'arpenter la ville, trop longtemps.
Mais je devais être discrète, car jamais l'Armée ne m'avait arrêtée. Ils devaient se dire qu'une jeune femme atteinte de cécité, ne pourrait rien faire contre eux. Mais ils avaient si douloureusement tort ... Or, je ne montrais nullement ma nature vampirique sauf quand cette dernière s'avérait nécessaire. J'étais douce et aimante, et avant de me nourrir, je priais toujours pour le salut de la vie humaine que j'allais prendre. Mais mes élèves n'avaient rien à craindre de ma personne, j'étais là pour leur faire aimer la musique comme je l'aime.
Ils avaient fini leur démonstration, et fière d'eux, je les applaudissais.

- Lana ! A toi de jouer s'il te plaît ! C'est si beau quand tu joues ! Me demanda un Ethan survolté. Les autres suivirent le mouvement et scandèrent mon surnom. Alors obéissante, j'adhérais à leurs désirs.

Je sortis de mon écrin de taffetas violine, mon précieux compagnon. Celui qui était resté à mes côtés des siècles durant. Je touchais le bois, et m'enivrait de cette odeur si chère à mon cœur. Et comme s'il était vivant, je m'excusais de devoir me servir de lui pour jouer. Fébrilement, je me saisissais de l'archet et plaquais mon Stradivarius sous mon fin menton. Les premières notes prirent vie ainsi que les secondes, et lentement un air de Wagner se mit à envahir la pièce toute entière.
Quand je jouais, je ne voyais jamais le temps passer, si bien qu'une sonnerie se mit à retentir me rappelant à l'ordre. Apaisée, je déposais l'instrument sur mes genoux, tandis qu'une volée d'applaudissements emplissait le silence ambiant. Je baissais la tête en signe de remerciements et après deux heures de cours intensif, je laissais partir mes petits protégés.

- Faites attention. Dis-je de ma voix claire et douce, tandis qu'ils quittaient la séance sans bruit. Je rangeais les instruments comme à mon habitude, m'imprégnant de leur chaleur et je souriais. La musique me faisait ressentir toutes sortes de choses et je remerciais le Seigneur de me laisser jouer. Encore. Éteignant les derniers néons, je quittais le local, sous l’œil bienveillant du Concierge.

La brise était fraîche mais je ne m'en formalisais pas. Je descendais les quelques marches d'escaliers, le vent faisant voleter ma fine robe de dentelle blanche. J'entendis des pas, ces derniers étaient d'une musicalité effarante. Ils appartenaient à des militaires. Ils n'étaient pas si loin de moi, mais ils ne s'approchaient pas. Enfilant mes gants blancs et nouant ma capeline toute aussi blanche, je me dirigeais vers ma demeure. J'avais laissé mon Stradivarius, sous clef, pour ne pas qu'on y touche. Il m'était trop précieux. La ronde de l'Armée était finie et ils me saluèrent. Je ne répondis que par un faible sourire, je n'étais pas très à l'aise avec les personnes représentant une certaine Autorité.
C'était d'ailleurs ceux-ci qui m'avaient volé mes yeux. Yeux que je fermais toujours, quand je dispensais mes cours. Je n'aimais pas ce que je devais faire pour récupérer des prunelles, je devais en prélever chez des morts. Cette idée me révulsait, mais on ne m'en avait pas laissé le choix. Et j'avais du m'y plier, encore une fois. Alors que je me dirigeais vers ma demeure, je sentis une Aura. Je l'avais déjà perçue, il y a de cela quelques temps. Elle était si sombre et si meurtrie, qu'elle m'étouffait.
Je me retrouvais face à ce "Chasseur", immobile. Mes mèches blondes se soulevaient avec cette brise, tandis que je restais toujours immobile face à lui. J'attendais.

Il prit la parole. Et ce qu'il me dit me ramena à cette nuit où je l'avais mis en déroute. Moi, la Vampire aveugle.

Comment était-il ? Je ne le savais pas. Je laissais une certaine distance entre nous. Mais poussée par l'Inconnu, je me rapprochais encore et encore de lui, jusqu'à être qu'à quelques centimètres de lui. J'ôtais mes gants blancs et les laissais tomber sans bruit sur le sol, tandis que mes mains de musiciennes commençaient à effleurer ce visage qui m'était encore inconnu jusqu'alors. Mes fines mains n'étaient que caresses sur son visage que je devinais beau. Souriante, j'arrêtais là mon "exploration" et daignais répondre à son interrogation de ma voix douce et chantante, tout en restant toujours face à lui, curieuse :

- Pourquoi vous ai-je épargné, me demandez-vous ? Simplement parce que ma tolérance est grande et que nous serons peut-être amenés à nous revoir dans de meilleures conditions.

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Darius Von Verlagen
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MessageSujet: Re: I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]   Mer 20 Mar - 16:17

    Un fantôme, songea-t-il. Toute de blanc vêtue, le teint de nacre, les cheveux blond pâle, les yeux clos, la figure semblait si éthérée que Darius aurait à peine pu la croire présente. Elle semblait comme une apparition. Si fragile qu'il suffirait d'une brise pour qu'elle s'évanouisse, s'envole, disparaisse.

    Il aurait pu croire rêver, ou halluciner ou nager en plein cauchemar. Il rechignait à l'avouer, mais ses premières années de vie vampirique avaient été peuplées de chimères. Vestiges de cauchemars et désirs humains, mêlés à l'horreur de la Bête et de la guerre, Darius aurait pu finir fou. Comme tant d'autres hommes ravagés par le combat, hantés par leurs crimes et leurs victimes, il aurait pu sombrer. Cependant, la culpabilité n'avait jamais tenu longtemps dans son esprit. Il n'y avait pas de place pour la culpabilité quand il fallait survivre. La culpabilité avait entraîné dans son sillage l'humanité et les cauchemars. Si ne pas se sentir coupable voulait dire échapper à la folie, Darius préférait cent, mille fois avoir un cœur de pierre que de finir dément.

    A quoi pouvaient-ils bien ressembler, là, tous deux immobiles, silhouettes perdues dans un immense parc ? A quand le prochain flot d'étudiants qui viendrait troubler cet instant quasi irréel ? Il avait l'impression d'entrevoir le passé – mais un passé déformé, altéré, décalé – sans pouvoir le toucher. S'il bougeait, l'apparition se briserait-elle ?

    Ce fut elle qui bougea en premier. Et la réalité sembla suivre ses pas, se mouvoir autour d'elle sans que cet îlot fantasmagorique n'en pâtisse. Hallucinait-il ? Ou avait-il trop de mal à dissocier ses souvenirs de la réalité ?

    Quand elle s'approcha, son œil capta toutes les différences. Klara avait été un peu plus grande et ses cheveux d'un or beaucoup plus soutenu. Elle avait eu l'air moins fragile, plus déterminée – mais ça avait été la caractéristique des femmes de l'époque, après tout. Il se demanda de quelle couleur auraient été ses yeux, si elle avait pu les ouvrir. Auraient-ils été du même bleu que Klara, le bleu d'un ciel d'été ?

    Darius n'avait jamais été tactile – du moins, pas dans sa vie vampirique – et la distance (ou plutôt, la quasi absence de distance) qu'il y avait entre eux le mettait mal à l'aise, pourtant, il ne parvenait pas à l'empêcher d'approcher, à se forcer à reculer. Il ne la ressentait pas comme une menace mais plutôt comme...comme quelque chose d'étrangement apaisant, tranquillisant. Il ne comprenait pas.

    Quand elle ôta ses gants et approcha ses doigts de son visage, il ne songea pas qu'elle puisse utiliser un don pour lui nuire ou quoi que ce soit. Le geste semblait naturel, nécessaire, quoique intimidant.

    Une boule coincée dans la gorge, la respiration coupée juste un instant, Darius la laissa faire.
    Il aurait pu répliquer, se soustraire au contact, mais quelque chose dans ce geste si simple et à la fois intime le retenait. Il n'y avait rien de violent, là, rien de menaçant.

    Les aveugles voient avec leurs mains.

    Aveugle. Sous le régime nazi, on lui avait appris à mépriser les handicapés, à ne leur montrer que dédain. Mieux valait que la terre en soit débarrassée, disait-on. Il avait été d'accord, en partie du moins, pour les handicapés mentaux. Ils n'apportaient rien au pays, étaient un fardeau dès leur naissance. Ce ne serait que miséricorde de les tuer plutôt que faire souffrir leur entourage – et peut-être eux-mêmes, s'ils étaient capables de comprendre la douleur.

    Mais c'était avant de voir les ravages de la guerre. De voir des hommes mutilés revenir du combat. Qui, ayant perdu l'usage de son bras, qui ayant perdu une jambe, un œil, une oreille, qu'importe. La guerre était salissante, désordonnée, anarchique. Les beaux rangs bien alignés ne tenaient pas devant les premiers tirs d'artillerie, devant les premiers coups de canon. C'était en première ligne qu'on voyait la bravoure d'un homme, qu'on jugeait de sa vraie force. Ces stigmates étaient souvent le signe qu'ils avaient payé le prix fort pour sauver leur pays. Alors, même si leur physique était ingrat, Darius avait appris à les respecter, ces héros de guerre.

    Mais une femme ? Une femme ne participait pas à la guerre – machiste, lui dirait-on aujourd'hui, mais il continuait de penser que la place d'une femme n'était pas au front –, une femme ne pouvait pas être un héros de guerre. Il ne savait que penser de ces mutilations. Était-elle née aveugle ? Mais pourquoi l'aurait-on transformée alors, pourquoi prendre la peine d'accorder le "don ténébreux" (une malédiction, selon Darius, mais c'était ainsi que son Sire l'avait nommé) à un être déjà défaillant ? Non, sûrement avait-elle perdue la vue en tant que vampire. Comment cela était-ce possible ? Leur corps ne pouvait-il trouver une solution, réparer cette blessure ? Mais non, il y avait des limites à la régénération cellulaire. Comme un membre arraché ne pourrait jamais repousser, elle ne pourrait jamais retrouver naturellement ses yeux. Comment faisait-elle pour voir ? Comment avait-elle pu le reconnaître ? Mais le reconnaissait-elle seulement ? Darius était confus, perdu et il n'aimait pas cela.

    Enfin, le contact (caresses) cessa, le laissant étrangement...vide, déçu. Il fut désarmé par son sourire, sa douceur, sa candeur.

    Pourquoi ? Alors qu'elle était probablement beaucoup plus puissante que lui ? Pourquoi, alors qu'elle avait clairement vu (deviné) qu'il allait assassiner sans remords l'un des "leurs" ? Par tolérance ? Il ne comprenait pas, ne comprenait plus.

    « Je... »

    Pour la première fois depuis longtemps, Darius était à court de mots.

    La confusion, comme un poison dans les veines, qui endort l'esprit, endort la vigilance et tue, doucement, insidieusement.

    Il recula d'un pas, secoua légèrement la tête comme pour débarrasser son esprit de ces toiles d'araignée qu'elle tissait peut-être sans s'en rendre compte, pour échapper au sort qu'elle jetait.

    Se raccrocher à la réalité, aux aspects froids et pragmatiques, à ce qui était tangible, certain.

    « Qui êtes-vous ? »

    La première question qui lui venait aux lèvres et qui ne reflétait même pas ce qu'il désirait. Comprendre. Savoir. Sentir. Fuir. Rester.

    Il ne savait pas quoi faire. Ne savait pas ce qu'il voulait. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il devait la retenir, ne pas la laisser s'échapper.

    Encore une fois.
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MessageSujet: Re: I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]   Jeu 21 Mar - 19:12

Malgré ma cécité, je l'avais reconnu. Lui.

Cet être que finalement, je ne verrais jamais. La seule chose que je pouvais faire, c'était de le voir avec mes mains et de le toucher avec elles. Je m'y étais accommodée à cet handicap que l'on m'avait offert si gracieusement. Évidemment durant mes premières années seule à errer en tant que Créature de la nuit, je ne ruminais que vengeance face à ces hommes qui m'avaient mutilée.
Je ne voulais que les faire souffrir, et les tuer des mes propres mains. Mais je n'aimais pas cela, ce n'était pas dans mon caractère. J'étais douce et aimante et ma renaissance, n'avait pas altéré cela. Et j'avais donc appris, bien plus tard, que mes bourreaux avaient tous péri dans un incendie perpétré par un groupe de jeunes révolutionnaires. Finalement, j'avais été vengée. J'avais abhorré ce douloureux sentiment qui ne me faisait nullement exister, la Haine engendrait la Haine et n'apportait rien de bon à la société.
Évidemment, je n'avais pas aimé faire partie de ces Créatures, obligées de tuer les autres pour survivre. Et pour me torturer plus encore, je devais voler ce que l'on m'avait odieusement pris.

Alors avec les siècles, j'avais appris à vivre avec. Et si la Mort venait me cueillir toute entière, je lui ouvrirais mes fins bras pour qu'elle m'accueille en son sein. Ténébreux.

Mon inconnu avait voulu ôter la vie de l'un de ses semblables et je l'en avais empêché. J'avais sauvé la vie de l'un de mes miens, parce que j'étais altruiste et philanthrope. Et je n'aimais pas voir la Mort, régner en maîtresse autour de moi. Alors, j'avais mis fin aux agissements de mon interlocuteur présent en face de moi.
Souriante, je l'avais exploré, touché, senti, aimé. Je l'avais aimé tout de suite, touchée par son Aura chaotique. Il n'avait pas été à l'aise au départ, mais s'était laissé faire. Je n'en demandais pas plus. Toujours souriante, je m'empressais de prendre ses mains dans les miennes, les joignant à ma froideur immortelle.
Je les embrassais, comme une Déesse aurait embrassé l'un de ses fidèles croyants. Les relâchant aussi doucement que je les avais prises, j'écoutais sereine son questionnement.

Qui suis-je ?

Sa question était si belle. Impétueuse. Curieuse et j'aimais être un sujet de ses tourments. Mes mains étaient sans cesse attirées par ce visage que je ne voyais pas, et me mettant sur la pointe des pieds, je mettais mon front contre le sien et je consentis à lui répondre, toujours de ma voix calme et posée :

- J'aurais envie de vous répondre, mais je ne le sais pas moi-même. Et vous quel est votre nom ? Que je puisse mettre un prénom sur ce visage qui se dessine sous mes mains. Appelez-moi Lana, charmant inconnu.

Il était grand. Et malgré ma vieillesse manifeste, il m'impressionnait. Il m'avait l'air froid et si tourmenté que j'avais envie de le garder tout contre moi pour l'apaiser. Avait-il connu des barbaries ? La grande guerre ? Car j'avais décelé dans sa voix ferme et grave, un léger accent germanique. D'où venait-il ? Il parvenait à m'intéresser alors que d'ordinaire, je préférais largement devenir un être évanescent. Et éthéré.
Penchant ma tête sur le côté, une question me venait à l'esprit. Pourquoi avait-il voulu tuer l'un des siens cette nuit là ? Etait-il si imperturbable qu'il me semblait l'être ?

- Vous m'aviez demandé pourquoi je vous avais épargné. Et vous, pourquoi avez-vous voulu tuer l'un de vos semblables, cette nuit où je vous en ai empêché ?
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Darius Von Verlagen
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MessageSujet: Re: I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]   Mer 10 Avr - 12:08

    Il ne la comprenait pas.

    Déstabilisé par son contact, par sa proximité, il ne parvenait pas à garder son sang froid, à se soustraire à cet étrange charme qu'elle exerçait sur lui. Sa Raison ne pouvait lui venir en aide devant une attitude si inhabituelle. Elle ne ressemblait à aucun vampire qu'il avait connu. Elle n'avait pas la nature mauvaise et vicieuse des plus âgés, pas non plus la rage et le côté torturé des plus jeunes. Elle ressemblait moins à une vampire qu'à une sainte. Une sainte qui, par l'apposition de ses mains, l'absolvait de ses péchés. Comme si, par ce simple contact, elle lui pardonnait tout ce qu'il avait fait. Sans même chercher à connaître ses torts, elle prenait les fautes et pardonnait. Il ne la comprenait pas.

    Darius avait été croyant, humain. Mais sa foi avait été mise à mal par sa nature vampirique – Diable, avait-il pensé face à son Sire, Démon, en découvrant ce qu'il était. Comment pouvait-on croire en un Dieu qui vous rejetait, dont les simples signes et représentations vous étaient désormais hostiles ? Il n'avait pas choisi cette nature, n'avait pas voulu devenir vampire et pourtant, il subissait exactement le même châtiment qu'un monstre comme son Sire. Ce n'était pas juste.

    Fixant l'ombre blonde face à lui, il songeait soudain à ce passé qu'il avait enfermé à double tour, enfoui au plus profond de sa mémoire. A cette vie humaine, si simple, si...intouchée. A cette vie d'avant juin 1934, quand sa famille était encore entière, quand le quotidien n'était peut-être pas aisé, mais au moins moins sanglant. A cette vie avant la guerre, avant la mort.

    La gorge paralysée, il la laissa accoter son front au sien, elle, cette frêle femme qui devait se mettre sur la pointe des pieds pour arriver à sa hauteur. Froide. Sa peau était froide, celle d'un vampire, et pourtant, le contact était doux et tendre, lui rappelait un peu plus cette époque insouciante où il avait facilité à rire et sourire, cette époque où il ne refusait pas systématiquement de s'attacher à qui ou quoi que ce soit.

    C'était il y a tellement longtemps.

    Enfin, sa réponse brisa le silence, brisa un peu de cette atmosphère quasi irréelle. Une réponse simple et énigmatique, qui tranchait et renforçait cette impression qu'elle lui donnait.

    Comment pouvait-elle ignorer qui elle était ? Comment pouvait-elle ne pas savoir ? Avait-elle perdu la mémoire ? Lui avait-on dérobé son identité ?

    Sa réponse n'était pas celle qu'il aurait voulu. Trop vague, trop sourde, trop nébuleuse. Mais au fond, qu'aurait-il vraiment voulu ? Un fantôme de Klara, une lointaine parente, n'importe quelle explication qui puisse justifier le trouble qu'elle causait à son âme ? Il ne savait pas.

    Il aurait pu s'énerver, l'accuser, répliquer « vous ne me dîtes pas votre vrai nom ». Mais à quoi pouvait bien servir un nom ? Il était facile de changer d'identité, de changer de vie. Peut-être ne voulait-elle pas dévoiler qui elle était en réalité. Manœuvre méfiante, prudente, maligne ? Devrait-il mentir, lui aussi ? Étrangement, il n'en avait pas envie. Il n'avait plus utilisé de faux noms depuis qu'il était à La Nouvelle-Orléans, comme si se poser ici pouvait réellement le changer. Une bêtise, il le savait mais...il n'avait pas envie de mentir.

    « Je m'appelle Darius. »

    Un nom si peu représentatif, si peu commun et qui pourtant le confinait, le délimitait comme un être à part entière. Loin de ses racines allemandes, loin des prénoms traditionnels germaniques. Et pourtant intrinsèquement lié à son identité.

    - Vous m'aviez demandé pourquoi je vous avais épargné. Et vous, pourquoi avez-vous voulu tuer l'un de vos semblables, cette nuit où je vous en ai empêché ?

    L'un de vos semblables.

    Ses mâchoires se crispèrent et le trouble s'effaça un peu pour laisser place à la contrariété, à l'irritation. Pourquoi vouloir tuer ? Pourquoi poser toujours cette même question, comme si tuer n'était pas un instinct, comme si tuer était mal. De tous temps, les hommes avaient tué leurs semblables : pour la terre, pour le pouvoir, pour se défendre, pour l'amour de sa patrie, pour l'argent, pour une idéologie, pour le plaisir. Pourquoi fallait-il obligatoirement une raison pour tuer ?

    Et soudain, il se rendait compte qu'il avait été aveuglé. Que, qu'importe qui soit devant lui, il avait perdu le contrôle, perdu son impassibilité. Ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait tolérer.

    Il recula. Un pas, un seul, mais qui semblait déjà un peu le libérer de son emprise. Elle ne ferait que le confondre un peu plus, le perdre un peu plus, s'il le lui permettait.

    D'un ton soudain plus froid, il répondit, la voix dure :

    « Je tue parce que c'est mon métier. »
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I am done with my graceless heart so tonight I'm gonna cut it out and then restart [Svetlana]

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