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 Never Let me Go •• Andrew

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Alecto A. Karova
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MessageSujet: Never Let me Go •• Andrew   Dim 2 Déc - 16:04


Never Let me Go
Alecto Karova & Andrew Osborne



La blancheur permanente des lieux avait finalement eu raison de ma vue. Je ne supportais plus la luminosité constante et cette précaution destinée à m'apaiser était rapidement devenue la cause d'insupportables migraines. Le nez plongé dans le prolongement de mes deux mains jointes, je somnolai sur la table basse en déplorant l'aménagement progressif de ma cellule. Cela faisait presque trois mois, et j'étais redevenue suffisamment lucide pour admettre que j'avais perdu le contrôle. J'acceptais les derniers soins, les dernières expériences, mais je ne me sentais plus malade. La Liberté et le Soleil me manquaient. Je n'étais pas certaine que les méthodes employées par la Secrétaire Générale fussent tout à fait éthiques, mais je savais qu'elle avait attendu longtemps pour me faire parler, et qu'elle avait plus ou moins fini par renoncer. Mes divagations avaient finalement été mises sur le compte de mes crises paranoïaques, provoquées par l'utilisation trop fréquente et intense de mon pouvoir. Ce qui était effectivement le cas ; mais je ne sais comment, j'étais parvenue à lui cacher l'essentiel de mes craintes et de mes connaissances. Aussi puissante fusse-t-elle, Siobhan Ainsworth n'avait toujours pas mis le doigt sur l'entièreté de mon passé. Elle avait des responsabilités, et j'en étais consciente, mais je ne cautionnais pas ses méthodes, puisque j'en avais été victime. Et d'après les dires d’Hippolyte, elle cachait allègrement son jeu. Ils n'étaient que deux à savoir où j'étais. Ces sous-sols bénéficiaient d'une surveillance permanente et leur accès était limité. Seuls Hippolyte & Andrew avaient été autorisés à m'y rendre visite, à certaines conditions. Soit disant pour préserver mon semblant de vie sociale. Inutile de préciser que ma situation devait demeurer secrète. La version officielle stipulait que j'étais retournée en Russie. Peu d'Agents auraient probablement cautionné cet enfermement exagéré. D'un autre côté, j'approuvais les choix d'Ainsworth dans la mesure où je n'aurais jamais à m'expliquer sur les raisons de cette rechute. Mes collègues ne chercheraient pas non plus à me soutirer des informations...

Traversée soudain d'un nouvel élan de vie, je me redressai suffisamment pour ressentir tout l'inconfort de cette méridienne contre mes vertèbres endolories. Je soupirai, m'étirai et examinai la surface en verre de la table. En contrebas, contre une tasse de café froid, trônait encore le journal de la veille, mon seul lien avec le monde extérieur depuis mon internement impromptu. Les événements tant redoutés avaient fini par arriver. J'avais encore du mal cependant, à distinguer le vrai du faux. La presse humaine ignorait énormément de choses, et malheureusement, je n'avais pas droit aux rapports complets du Talamasca concernant les drames de la communauté magique. Mais les médecins laissaient parfois échapper quelques informations cruciales, et Hippolyte en personne m'avait révélé de nombreux faits. Je savais à présent que la Guerre des Races était terminée et que le monde entier était en passe de découvrir le Secret. Celui que le Talamasca préservait depuis des siècles. L'Ordre devait être surchargé et redoubler d'efforts pour décourager les populations. Mais comme on le lisait en première page, l'hypothèse s'était répandue trop vite, et chaque fois qu'un Agent faisait disparaître une preuve, elle finissait par réapparaître. A croire que le monde humain avait finalement compris notre mode de fonctionnement, au point d'apprendre à lutter contre. Ils n'étaient sûrs de rien mais se posaient trop de questions pour abandonner du jour au lendemain. Je ne m'étais pas attendue à un tel revirement de situation, et je pense bien qu'aucun de nous n'y était vraiment préparé. Mais je croyais bien en une chose, en revanche : le Destin. Cela faisait sans doute partie de notre avancée vers l'Apocalypse. Celle que mon entourage passé m'avait rudement conseillé de garder pour moi. Surtout, me taire, parce que dans le cas contraire, les conséquences seraient terribles. Je n'avais jamais vraiment saisi l'ampleur de ces propos, mais j'avais suffisamment connu l'auteur de ces mots pour m'en méfier comme de la peste. J'avais obéi et j'obéirai encore, par crainte. Parce qu'on ne change pas le Destin, même quand on croit bien faire...

« Miss Karova ; vous avez de la visite ». Surprise, je relevai la tête et me mis debout brusquement. Voilà qui coupait court à mes interminables divagations, et... quel plaisir. Un bond sur la droite, je récupérai mes gants et les enfilai maladroitement. La présence du tissu sur ma peau était cruciale durant chaque entrevue... mais le bonheur d'un instant en compagnie d'un visage familier éclipsait toutes les précautions...

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Andrew Osborne
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Lun 3 Déc - 22:20

Maison Mère - Bureau d'Andrew Osborne 8:00 AM



Oui.

Oui, j'avais l'habitude d'être très matinal. Et même les loisirs n'y faisaient pas exception. Je ne connaissais pas les grasses matinées, même étant enfant. Mes week-end se résumaient à travailler, travailler et travailler encore, afin de me perfectionner. Mes parents étaient toujours exigeants avec ma personne.
Je ne connaissais pas de répit, seul et digne représentant d'une grande lignée de Sorciers.

Toc. Toc.

Voilà qu'on me dérangeait dans mes introspections. J'étais dos à la grande porte vitrée de mon bureau, mâchouillant mon stylo, tout en jetant un coup d’œil à des anciens dossiers. Dossiers pourtant déjà classés, mais dont une information nouvellement citée faisait état.
J'entendais tousser derrière moi, mais par pur sadisme et par esprit de contradiction peut-être, je ne me retournais pas, pensant que les gêneurs partiraient d'eux-mêmes.

Non. Là j'avouais que je m'étais trompé lourdement.


- Mr Osborne ? Peut-on vous déranger ? Grosse blague. C'était présentement le cas.

- C'est déjà fait, en l'occurence. Dis-je d'une voix implacable et froide, que l'on ne me connaissait pas.

Cette voix nasillarde ... Je la détestais et tout ce qui allait avec.


- Nous avons à vous parler. Me dit cette horrible voix, toujours avec la même intensité.

Je ne m'étais toujours pas retourné, trop occupé à grignoter le restant de mon stylo.


- Bien. Dis-je après une dizaine de minutes qui semblèrent interminables. Allez-y, mais je préviens déjà, je suis pressé.

~¤~


Inutile de préciser que cette entrevue avait été des plus hideuses. Je restais assis dans mon bureau encore pendant quelques instants, avant de me décider à en sortir.
Je soupirais. Et me mettais en tête d'aller la voir. Elle. Car j'avais appris que son mental allait bien mieux. Alecto ... Je sortis de mon bureau en toute hâte avant que d'autres indésirables ne débarquent pour en faire un nouveau quartier général.

Sous-sol. Fraîchement repeint. Je m'adonnais à l'exercice de reconnaissance digitale et rétinienne. D'un pas rapide, me voilà arrivé devant son "antre". Le Garde présent me fit un signe protocolaire auquel je répondis par un aimable sourire.


- Mr Osborne. Allez-vous bien ?

- Oui merci. Pouvez-vous m'introduire auprès de Mademoiselle Karova ?

Quand cela fut fait, je m'introduisais dans son sanctuaire. Elle était visiblement heureuse de me voir et moi donc ! Elle m'avait l'air en meilleure forme, et cela me rendait fier d'elle !
J'avais vu qu'elle avait enfilé ses gants de cuir noir assez prestement. Il le fallait car son don était une malédiction et toucher les personnes était un sacrifice. Bien que j'aurais aimé la serrer dans mes bras et l'embrasser sur la joue pour lui signifier mon contentement, je ne le pouvais pas. Alors pour pallier à ce manque de promiscuité, je lui souris de toutes mes dents impéccablement blanches et alignées.


- Alecto. Comment vas-tu Milady ? J'ai à te parler.

De quoi ? Je ne le savais pas moi-même.

- Non. J'avais juste envie te voir. Tout simplement.
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Alecto A. Karova
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Mar 11 Déc - 13:57

A défaut de sentir sa peau sous mes doigts, je l'examinai discrètement, souriante devant cette pâleur comparable à la mienne. Moi la Russie, lui l'Angleterre, nous venions tout deux du froid et longtemps, le ciel gris avait été notre quotidien. Si j'avais été privée de soleil durant les derniers mois, lui ne semblait pas l'avoir pris beaucoup plus que moi. Quoiqu'il en soit, notre épiderme semblait partager les mêmes réticences face au climat de La-Nouvelle-Orléans, et pareil détail m'amusa un temps. Un rien vous distrait après des semaines d'enfermement...

L'éternelle déception revenait de ces gants. La tentation était grande et j'avais toujours espoir de pouvoir toucher quelqu'un un jour, en me rendant compte que mon Don n'avait plus le moindre effet. Aucun incident n'était évidemment survenu durant mon isolement, mais c'était loin de vouloir dire que tout était terminé. Mon handicap n'avait pas disparu. Il ne s'en irait probablement jamais, à moins d'un recours puissant à une magie quelconque... mais c'était difficilement envisageable, et en attendant, le seul moyen de savoir si mon empathie tactile était encore effective, était de tester ses effets. Et c'était tout bonnement hors de question. M'aliéner davantage ou blesser un ami ? Le choix était vite fait : ni l'un ni l'autre. Je conservai soigneusement mes gants et veillai à ne jamais entrer en contact avec l'enveloppe charnelle de l’Érudit. Jusqu'au prochain accident, l'effet de ma thérapie sur cette malédiction demeurerait un mystère.

« Alecto. Comment vas-tu Milady ? J'ai à te parler. » L'usage voulait que les retrouvailles soient plus manifestes, mais seul un sourire réservé vint accueillir l'enthousiasme de mon collègue. Pas d'embrassade, pas de poignée de main... l'un comme l'autre en avions l'habitude. « Non. J'avais juste envie de te voir. Tout simplement. » Et la satisfaction, soudain mue en une tendresse inattendue, se lut subrepticement sur mon visage fatigué. Non pas que je l'étais véritablement. Plutôt ensuquée, après toutes ces journées passées à ne rien faire. Et j'avais justement hâte de discuter, de tout et de rien, puis de choses plus graves. « Je suis certaine que tu as des tas de choses à dire. C'est la pagaille en haut », dis-je d'un ton plus grave, en désignant le journal froissé sur la table basse. « On ne m'a laissé que les nouvelles humaines, mais quand on a toute sa vie été immergé dans les affaires de CESS, on ne peut ignorer de telles suppositions. » Comment l'Ordre faisait-il face aux accusations ? Je l'ignorais encore, et justement, c'était ma principale question. Connaître la vérité, être au fait de la situation devint un besoin grandissant, bientôt au delà de toutes priorités. Les choses allaient en s'empirant. Je le lisais sur chaque visage daignant me rendre visite. Andrew lui-même peinait à masquer ses tracas. Je ne voulais pas paraître impoli, ni prétendre pouvoir l'aider en quoi que ce fut... mais j'aurais aimé être à ses côtés et participer au combat. Le soutenir, l'aider, me rendre utile, pour une fois. Mais le Talamasca mènerait la lutte sans moi. D'une, nos intérêts étaient en conflit, et de deux... j'étais bel et bien suspendue jusqu'à nouvel ordre. Peut-être Andrew avait-il eu des échos à ce sujet ? Il était donc logique qu'il soit venu me les rapporter. Voilà bien un mois que la Secrétaire Générale n'avait pas fait parler d'elle. Je ne savais ni quand j'allais sortir de là -seulement que j'approchais à grands pas de la Fin, ni si un jour on m'autoriserait à reprendre mes fonctions au sein du Talamasca. C'en était probablement fini de mon rôle au sein de l'Organisation, et ma foi... j'y trouvais quelque part une certaine forme de soulagement. Enquêter me manquerait sans doute, mais l'absence de hiérarchie en revanche, me ferait le plus grand bien...
« Pouvons-nous sortir ? » Je tentai ma chance auprès du gardien, et ma demande fut aussitôt appuyée par le regard sévère de mon compagnon. Les jardins de l'Ordre étaient clos, surveillés, j'étais accompagnée et quasiment guérie... De plus, la blancheur maladive de mon teint commençait à rendre état de mes carences en vitamine D. Ainsi, après un long débat et un soutien du médecin, je quittai enfin les cachots pour goûter à nouveau la douceur du Soleil. En ce mois de décembre, les rayons se raréfiaient, mais c'était déjà beaucoup pour moi, petite fille de Russie. Un long et délicat plaisir que j'appréciais en bonne compagnie, quand revint enfin l'heure des plus graves discussions. Installée sur le marbre glacée d'une fontaine aux éclats dorés, en plein cœur du patio, je relevai péniblement la tête en direction de mon supérieur. Ses traits semblaient fatigués, aussi me doutais-je qu'il avait dû manquer de sommeil. « La fuite est-elle aussi grande qu'on le dit ? » Question purement rhétorique, puisque les journaux s'étaient emparés de l'affaire, et ne la lâchaient plus. D'ordinaire, les Agents de l'Ordre parvenaient toujours à agir rapidement. En effaçant des témoignages, en s'arrangeant avec les gouvernements, et supprimant des preuves... mais cette fois, les informations s'étaient propagées trop vite. Le peuple avait pris le contrôle, et d'après mes suppositions, le gouvernement n'avait tout simplement plus les moyens de stopper les rumeurs. Qu'allions-nous faire s'ils ne lâchaient pas l'affaire ? « Tu es inquiet ? » Je le savais sage, ni pessimiste, ni trop naïf. J'avais confiance en lui. Au moins, avec l'avis d'Andrew, je saurais à quoi m'en tenir...
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Andrew Osborne
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Sam 15 Déc - 23:13

Alecto ...

Son si doux visage me manquait parfois. Sa douce voix aussi, un peu tout chez elle en fait. Elle était quasiment mon double et nous nous comprenions parfaitement. Parfois un seul regard valait milles paroles échangées, et c'était ainsi entre nous.
Quand j'étais rentré dans son Sanctuaire, ce qui m'avait fait sourire c'était son teint diaphane légendaire, mais là aussi nous étions similaires. Car malgré moi, je n'étais pas non plus très bronzé. Mon teint avait même des allures de marbre blanc, tout ça à cause du temps londonien visiblement.
Ma charmante collègue Russe était contente de me voir, j'avais su déceler son once de tendresse présente dans son sourire et dans son regard. J'y répondis par la même chose, vrillant mes iris bleutées dans les siennes. Ce qui me manquait par contre, c'était un contact. J'aurais aimé la serrer dans mes bras pour lui démontrer que j'étais heureux de la retrouver, mais la réserve et le bon sens voulaient le contraire.
Mais finalement nous y étions habitués.

Son ton devint plus grave et ses questions cuisantes. Instinctivement, je fronçais les sourcils et là aussi mes paroles se teintèrent de noir. Il se passait d'occultes choses vers les strates hauts placées, et Alecto avait l'air d'être bien au courant, vu sa charmante question. Je ne savais pas quoi lui répondre, j'étais ma foi assez inquiet et ce qui nous attendait pour la suite n'était pas très glorieux. Seul un soupir s'échappa d'entre mes lèvres fines. Pour ma part, j'aurais aimé qu'elle m'assiste et m'épaule dans le futur qui nous attend.
Je la ferais sortir coûte que coûte, son état avait l'air de s'améliorer, et elle avait l'air de mieux supporter son don. Alors pourquoi attendre quand tout les paramètres sont là ? J'étais perdu dans mes pensées, pourtant suspendu à ses lèvres vermeilles, elle posa une question à l'attention du Gardien tout d'abord. Si nous pouvions sortir ? Oui. C'est ce que je souhaitais le plus, en cet instant précis. L'air vicié de sa geôle me rendait malade, et prendre l'air tout les deux me changerait les idées, et je verrais le sourire sur son visage quand l'astre solaire viendra caresser son teint lunaire.
Sortant de mes pensées, je lançais mon regard autoritaire au Gardien qui n'eut d'autre choix que de nous laisser sortir.

Enfin.

Alecto s'impatientait. Par devoir hiérarchique mais surtout par conscience personnelle, je me devais de lui répondre. Elle avait pris place sur la margelle de la fontaine au centre du Patio. J'aimais me promener souvent dans cet endroit. Seul. Pour décompresser et souffler, me recentrer quand tout n'allait plus. Et en ce moment, je pouvais dire, que je m'y trouvais souvent dans cet endroit. Je baissais mon regard bleuté vers elle, alors qu'elle avait levé le sien vers ma personne. Je ne souriais pas, trop préoccupé par le devenir.


- Tu dois le savoir. Dis-je d'un ton las et désabusé. Ce n'était nullement contre elle. Loin de là.

Délicatement, je pris place à côté d'elle, attendant ses prochaines interrogations affûtées comme des lames de rasoir. Je n'attendis d'ailleurs pas longtemps. Là, je souris, elle avait touché la corde sensible.


- Oui. Je reste assez inquiet. Lâchais-je avec la plus pure honnêteté. En même temps, je n'aurais pas su mentir, l'inquiétude se lisait sur mes traits fatigués. Entre les leçons de Sorcellerie pour Philip qui me prenait le plus clair de mon temps et gérer l'esclandre dans les autres stratosphères de l'Ordre, je n'en voyais plus la fin. Mais j'étais homme à plusieurs casquettes et je devais assumer mes rôles, de leader et de mentor.

Les gens ne se fieraient plus à moi s'ils savaient qu'au final, je ne suis pas fiable. Ce serait logique après tout.

De la poche de mon gilet droit, je sortis une paire de gant de cuir noir, que je mis avec un léger sourire. J'avais malgré moi, besoin de contact. De la toucher. Même si nos peaux n'était pas mises à nu, il restait tout de même un peu de ce contact charnel. Je pris ses mains dans les miennes, un sourire las étira mes fines lèvres.


- Alecto. J'avais besoin de ça.
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Alecto A. Karova
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Mar 18 Déc - 11:15

Quelque chose de nouveau fleurissait entre nous. Une explosion de sentiments à la fois belle et sombre, parce qu'en ces temps de guerre, l'espoir demeurait maigre et ma situation n'était guère propice à la naissance de nouvelles émotions. Il s'agissait d'un pan de la vie encore inexploré pour moi, bien trop fantasque et terrifiant. Toujours, je l'avais soigneusement évité. La peur de l'inconnu aidait mine de rien à refuser de nouvelles expériences, et je me félicitai souvent de rester si détachée. Je ne pouvais espérer ni intimité, ni proximité avec un homme. Je ne devais pas non plus me bercer d'illusions et laisser mon cœur décider à ma place. C'était difficile, mais j'avais de nombreuses années d'entraînement.
Andrew était différent de tous les autres. Moins pressé, plus compréhensif et patient, mais la distance ne pouvait pas perdurer éternellement. Tremblant sous ses attentions, j'appréhendai à tort ce premier contact, à la fois agréable et inquiétant. Tant par son audace que par sa nouveauté.
La gorge nouée, je le vis saisir mes mains, remonter doucement le long de mes avants-bras osseux, jusqu'aux épaules. Ici et là, quelques parcelles d'épiderme laissées à nu frissonnèrent sous le geste, mais il n'arriva rien d'autre. Chaque contact humain, aussi maigre soit-il, était pour moi une épreuve. C'était pourtant bien ridicule, parce qu'avec ses gants, il ne sentirait rien, et moi non plus. Mon corps était recouvert de tissus à 90%. Même une écharpe, ou un foulard suivant le temps, s'enroulait habituellement autour de ma gorge, limitant l'exposition. Et puis il y avait mes propres gants, ceux que je ne quittais jamais, hormis en étant certaine d'être seule. Enfin, plus que jamais, c'était une évidence : la Malédiction qui régissait mon existence pourrissait chaque instant, au point même de m'empêcher d'apprécier un geste tendre...

Le moment passé, j'abaissai la tête en évitant soigneusement son regard. J'étais gênée, non pas par les non dits d'une telle attention, mais parce que je savais ce qu'il en coûtait de demeurer auprès de moi. J'étais en quelque sorte, une arme à manier avec précaution. Sans cesse sur le qui-vive, avec laquelle il fallait toujours être prudent. Un peu comme si je pouvais exploser à tout moment... et c'était épuisant. Enfin, je délirais souvent, et mon esprit n'était pas sain, comme en témoignaient mes dernières semaines passés aux sous-sols du Talamasca. Que pouvait avoir à offrir une fille comme moi ? J'appréciais toujours les visites d'Andrew, mais au fond, j'avais conscience d'être plus un poids, qu'une compagnie agréable. J'avais longtemps lutté pour m'intégrer et vivre comme tout le monde, mais ces derniers mois avaient fini par m'ouvrir les yeux. Probablement destinée à la solitude, j'irai de l'avant dans mon coin, prenant part à la bataille qui se profilait de plus ou moins loin. J'y avais déjà songé, et mes talents de traqueuse me serviraient sans doute. Certes, j'aurais besoin d'entraînement avant de m'y remettre, mais ce serait toujours mieux que de rester à ne rien faire... et je ne croyais plus à ma carrière au sein de l'Ordre. La question fut d’ailleurs plus difficile à poser que je ne l'aurais cru. « Sais-tu ce qu'ils ont décidé ? » Je voulais parler du Grand Conseil, évidemment. La Secrétaire Générale en tête de liste. J'avais dû tous les frustrer -heureusement, la torture était totalement proscrite entre ces murs, autrement je n'y aurais pas coupée. J'avais réussi à garder pour moi les secrets qu'ils voulaient voir révélés. Mais j'avais aussi prouvé mon instabilité, et il y avait peu de chance pour que je retrouve ma suite et mes affaires. C'est pourquoi j'insistai. « Tu peux me le dire, si tu sais quelque chose. Ont-ils déjà prévu mon exclusion ? » Au Talamasca, on n'était pas « viré », ni « licencié ». Le terme était plus violent encore, envisageant l'expulsion. Cela rendait les choses plus tragiques. C'était aussi douloureux ; on faisait parti d'un tout, d'une famille, et soudain, on n'était plus rien. Renié, exilé. Je le sentais. Andrew savait quelque chose, et si rien n'avait encore été décidé, le renvoie définitif avait été évoqué.

Un claquement de langue plus tard, j'étais debout, flânant maladroitement parmi les dédales de fleurs, profitant de l'air pur et du Soleil. La-Nouvelle-Orléans était vraiment magnifique, et son climat ô combien vivifiant. 'espace d'un instant, je me demandai vers quel horizon me tourner, une fois mon rôle au sein de l'Ordre achevé. J'aimais l'endroit, mais n'était pas certaine de pouvoir y rester. Ensuite, je devrais faire face à l'adversité. Certes, le Talamasca avait ses travers, mais il m'avait aussi aidée. Sans lui, j'ignorais si je pourrais résister à la tentation d'utiliser mon Don à répétition. Disons, d'user de son mauvais côté. Celui qui court-circuite l'esprit des malheureux touchés et les rend fous à lier, quelques secondes ou plus... exactement comme moi.

Perdue dans mes divagations, je relevai la tête et répondis enfin aux inquiétudes de mon compagnon : « Je me demandais seulement ce que j'allais devenir... »
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Andrew Osborne
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Ven 4 Jan - 18:04

Elle ...

Elle me touchait par sa douce Folie et par sa douce Humanité. Son Don était une malédiction mais elle s'en était accommodée, consciente de ce qu'il était. Évidemment tout contact avec elle était à proscrire, mais j'aurais aimé la toucher sans mon rempart de tissu juste l'espace d'un instant.
Juste frôler cette peau si blanche et si fine, lui faire comprendre par ce seul geste qu'elle m'était précieuse. Oh, j'étais certain qu'elle le savait, mais juste une fois sans artifices, j'aurais aimé l'effleurer. Alecto est une compagnie que j'apprécie vraiment et la savoir recluse en ces murs me rend malade ...
Alors quand elle me pose cette question si douloureuse, je ne sais que répondre. Évidemment la Secrétaire Générale était au courant de mes visites à la grande brune, mais n'en disait rien. Le cas Alecto Karova avait été énoncé lors d'une réunion spéciale entre moi-même et le Grand Conseil, en tant que Chef des Érudits, j'étais son représentant.

J'avais été quelque sorte son Avocat, et j'avais interféré en sa faveur.

La jeune femme n'en savait rien, mais j'allais lui apporter mon savoir sur ce qu'il adviendrait d'elle. Peut-être m'en voudrait-elle de cette décision mais j'avais intercédé du mieux que je pouvais en sa faveur et logiquement elle ne m'en voudrait pas. Souriant, je m'emparais de ses mains délicates occultées par ce satané tissu noirâtre, j'avais juste envie de prolonger ce contact avec elle. C'était toujours ainsi, j'avais envie d'obtenir ce que je ne devais pas et la tentation était trop grande pour ne pas y succomber.
Je plantais mes orbes bleutées dans les siennes, décidément, elle parvenait à me chambouler et je l'aimais bien trop pour lui montrer de l'irrespect.


- Écoute ... Il y a eu récemment un procès pour parler de ton "cas" Alecto. Je te représentais, j'étais ton Avocat. J'ai agi en conséquences et apparemment j'ai usé de bons arguments. Mais il y a une certaine contrepartie, j'ai été obligé de m'y plier. Dis-je en lui souriant gentiment pour ne pas l'effrayer. La contrepartie n'était pas si horrible en soi, mais je devais l'accepter si je voulais qu'elle sorte de là. C'était primordial, après tout. J'avais pensé à ma comparse plutôt qu'à ma personne ...

Elle venait de se lever, je la rejoignais, regardant le soleil à travers mes iris bleues. Je la regardais car bientôt elle serait à mes côtés, décision du Conseil Général qui ne pouvait être contestée ! Voyant que l'impatience se lisait dans son regard, je me dépêchais de lui parler de la suite, tout sourire :


- Bon, je ne sais pas si tu seras heureuse, mais tu pourras revenir au grand jour. Sous ma juridiction, enfin, je veux dire par là que nous serons "associés" et que la contrepartie, je te surveillerais et je devrais en référer à la Secrétaire Générale. C'est la condition sine qua non, pour que tu puisses sortir. Aussi, elle attend que je lui fournisse ta réponse. Qu'en dis-tu ? Evidemment, je serais là pour t'épauler.

Si elle revenait à mes côtés, j'aurais retrouvé un peu d'elle, de ce qu'elle est. De ce que nous sommes. J'attendais avec appréhension sa réponse, elle avait le temps de me répondre. Mais il est certain que si elle acceptait, je serais le plus heureux en ce bas monde.
Je la pris par le bras tandis que nous marchions un peu. Je profitais du silence environnant, histoire de me plonger dans mes pensées. Je veillais sur elle, elle, dont le Don était un supplice, mais que j'aimais tout particulièrement. Elle m'avait manqué et cette visite nous faisait le plus grand bien à tout les deux.


- Alors Alecto ... Qu'as-tu décidé ?

J'étais anxieux, comme un enfant qui attendait ses résultats scolaires ou un adolescent lors de son premier rendez-vous amoureux. J'étais si nerveux, et si elle me répondait par la négative ?
Pour sûr j'en serais anéanti.
Non pas ça. Mais bon, je ne pouvais qu'attendre ...

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Alecto A. Karova
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Sam 5 Jan - 16:18

J'avais de la chance, et je le savais. J'avais des ennemis dehors, et dedans aussi. Mais également des amis sur lesquels compter. J'avais Hippolyte, et puis lui... Andrew. Et j'avais suffisamment confiance en eux. Peut-être pas pour tout leur dire, mais je m'en approchais : quelques bribes de mes craintes pouvaient ici et là être dévoilées. Ils savaient que quelque chose me faisait peur. Ils avaient compris qu'ils n'y pouvaient rien alors ils écoutaient, et réconfortaient. Peu importait qu'ils me croient à moitié folle. Leur soutien à tous deux m'était cher et je m'arrangerai pour qu'ils ne puissent jamais l'oublier.

« Écoute ... Il y a eu récemment un procès pour parler de ton "cas" Alecto. Je te représentais, j'étais ton Avocat. J'ai agi en conséquences et apparemment j'ai usé de bons arguments. Mais il y a une certaine contrepartie, j'ai été obligé de m'y plier. » J'écoutai attentivement. Physiquement distante à cause de mon Don, je buvais ses paroles comme on savoure un élixir envoûtant. J'admirai les efforts qu'il avait déployé pour me représenter et intervenir en ma faveur. Peu de gens avaient un jour tenu à moi au point d'y risquer leur peau. Car ne jouait-il pas sa carrière en tentant de protéger la menace potentielle que j'étais au yeux du Talamasca ? Et plus particulièrement, de la Secrétaire Générale de Louisiane, qui m'avait décidément dans le collimateur ? … Comme je m'y attendais, j'allais être surveillée, mais certainement pas ré-impliquée dans les affaires de l'Ordre comme autrefois.
Andrew avait l'air satisfait, et je ne souhaitais guère entamer son enthousiasme, mais je ne partageais pas sa réjouissance. Contrariée, je m'étais levée et marchais désormais à son bras, détaillant le patio d'un regard distrait. Je lui étais mille fois reconnaissante d'avoir autant pris cette affaire au sérieux et de m'avoir défendue. Mais je soupçonnais une ruse supplémentaire du Grand Conseil. J'avais peur tout simplement que cette garde rapprochée lui porte préjudice à un moment ou à un autre.

« Tu sais... j'ai vu de quoi ils sont capables... », commençai-je en évitant son regard, un sourire amer pendu à mes lèvres. « Le Talamasca n'est pas aussi irréprochable qu'il le prétend. Toutes les méthodes sont bonnes pour obtenir les informations qu'ils revendiquent... j'en ai fait les frais et ce n'est pas le plus important... » ; je levai la main en guise de protestation, anticipant une éventuelle réaction de sa part. Il fallait qu'il sache que je leur en voudrai toujours, mais pas au point de vouloir interférer dans leurs recherches. Je n'avais nulle intention de me venger. Seulement peut-être... de m'éloigner... « Je veux juste que tu comprennes qu'ils n'ont pas vraiment abandonné, quoiqu'ils aient pu te dire. Ils sont persuadés que je n'étais pas vraiment malade et que j'ai des choses importantes à leur révéler. Ils espèrent probablement que tu découvriras la vérité. Et si tu n'es pas en mesure de la leur livrer au bout d'un certain temps, ils te menaceront. » Je dépeignais là une bien mauvaise image du Grand Conseil, mais en ces temps de guerre, ils ne reculaient devant rien. Il fallait le savoir et malheureusement, j'en avais eu la preuve. J'espérais seulement que mon ami comprendrait les enjeux d'une telle décision. Je ne voulais pas lui causer de tort et surtout, je souhaitais qu'il soit prudent.

« Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait... mais je ne veux pas en plus te faire perdre ton travail ou... pire. » Dans le genre parano, j'étais plus que crédible, surtout vu mes antécédents. Sauf que cette fois, je n'exagérais rien du tout... « Bref... je ne suis pas certaine de vouloir rester dans l'Ordre. » Mes yeux étaient plongés dans les siens et y cherchaient un écho à cette révélation. L'annonce était maladroite, et après tout ce qu'il avait fait, je m'en voulais un peu de lui claquer ainsi la porte au nez. Mais c'était pour son bien... et pour le mien. J'avais envisagé quelques options, et il était temps de lui en parler. J'avais suffisamment confiance en lui pour ça... Fut-ce complètement inconscient...

« Je n'ai pas toujours fait partie du Talamasca. J'ai appris la traque avant ça. Et j'ai encore quelques compétences dans ce domaine. Il me suffirait de quelques entraînements pour reprendre le cours de mon ancienne vie... » Je soupirai. Mon débit était fluide et mon ton assuré. J'avais besoin qu'il comprenne que j'avais déjà réfléchi à la question et qu'il ne s'agissait pas d'options lancées à la volée. J'avais encore besoin d'y penser pour m'organiser, mais c'était dans mes cordes. J'avais fait pas mal d'économies en 10 ans et tout ce qu'il me manquait pour me lancer là-dedans, c'était quelques entraînements et beaucoup d'informations. « Ils vont me surveiller en permanence ici et je ne pourrais rien faire. Je veux me rendre utile. Et j'ose espérer qu'il y a une place pour moi quelque part dans cette ville en guerre. Il va se passer des choses qui nous dépassent complètement. Je te parle d'une vague de magie inconnue jusqu'alors. Je ne peux pas t'en dire plus parce que moi-même j'ignore quasiment tout de ses composantes... mais si je m'en vais je pense que tout sera plus facile pour moi. On ne sera pas obligés de couper les ponts », m'empressai-je d'ajouter. « On pourra toujours se voir et peut-être... travailler ensemble. » J'hésitais sur ce point, car rien n'était moins sûr. Tout dépendrait dans quoi je me lancerai, mais une fois de plus, je préférais éviter de le mettre en danger. « Tout ce que je souhaite c'est apporter mon aide à un monde en crise... mais pour le faire correctement, j'ai besoin de dire Adieu au Talamasca... »
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Andrew Osborne
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Ven 15 Mar - 18:20

Alecto.

Je la regardais toujours comme un merveilleux trésor. Un diamant brut qui n'aurait pas encore livré toutes ses facettes. J'appréciais ce qu'elle était et je comprenais ce Don qui lui rendait la vie impossible. Ma jolie Russe était toujours obligée d'avoir des remparts de tissu pour ne point toucher les autres. Mais juste une fois, j'aurais savoir ce qu'il en advenait de son Don ... sur moi. Voir jusqu'où elle pourrait aller. Mais évidemment ces désirs là restaient implicites et jamais, je ne lui en toucherais un mot.
Je l'aimais trop pour cela. Elle était l'une des femmes jonchant ma vie et je l'en remerciais. Alecto, jamais je n'aurais défendu avec tant de ferveur une autre personne. J'avais plaidé sa "cause" devant cette réunion qui ne me plaisait pas. Mais par devoir et surtout par le lien qui nous lit, je l'avais défendue. Dussé-je y perdre ma place. Mais ayant la Secrétaire Générale de mon côté, je ne me faisais pas de soucis.

Quoiqu'en ces temps incertains, j'en arrivais à me poser d'étranges questions.

Pendue à mon bras, je l'écoutais être l'Avocate du Diable du Talamasca. Je savais pertinemment que l'Ordre n'était nullement blanc dans certaines affaires. Et ma douloureuse contrepartie c'était de la surveiller. Là encore, j'étais moyennement emballé.


- Je me doute. Et je me prémunirais contre leurs agissements. Je me doute que leurs agissements ne sont pas des plus éthiques parfois. Mais ne t'inquiètes pas pour moi, je sais me défendre. Lâchais-je en riant quelque peu. La famille Osborne avait toujours été des plus influentes dans le monde, et connaissant les intérêts inhérents à l'Ordre, ils auraient encore besoin de moi. Normalement. Mais je n'étais pas à l'abri d'une éviction pure et simple des Gardiens du Secret. Mais étrangement, je ne m'en formalisais pas.

Ce que me dit Alecto par la suite me saisit sur place. Elle me remerciait de mes bons procédés mais me faisait comprendre que rester dans l'Ordre ce serait trop pour Elle. Mes orbes bleutées se plantèrent dans les siennes durant sa douloureuse diatribe, et pour une fois dans ma vie, je ne savais qu'en penser. Ses arguments étaient ma foi, corrects et fondés. Mais sa présence, Elle, son entité entière, je n'avais pas envie qu'elle m'ôte cela en préférant s'extirper du Talamasca. Peut-être étais-je trop sentimental quand il s'agissait de ma Russe ? Assurément.
J'arrêtais notre marche pour me mettre face à mon interlocutrice, et doucement je la prenais par les épaules. Mon sourire était là, mais mes iris bleutées étaient voilées de par ma déception grandissante. En même temps, je ne pouvais point la garder. Au fond, je n'étais pas égoïste.

Si. Juste un peu.


- Je comprends tes désirs et les respecte, ma chère Lady. Mais parce que tu es si importante pour moi, je garderais un œil sur toi. Dans l'ombre. Pour ne pas te perturber et pour ne pas me sentir délaissé de ton départ ... J'aimerais que l'on travaille ensemble. Peut-être le pourrons-nous ma belle amie ? Je l'espère. Dis-je en plaquant mes mains gantées sur ses joues et d'en embrasser une.

Parce que je l'aimais. Et parce qu'Elle faisait partie des femmes jonchant le chemin tortueux de mon existence.


- Je n'ai pas envie de te laisser t'en aller. Mais je n'ai pas le choix. Tout à l'heure, tu as parlé d'une vague de magie inconnue, tu ne pourrais pas m'en dire plus ? Cela m'inquiète.

Et c'était peu de le dire.
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Alecto A. Karova
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MessageSujet: Re: Never Let me Go •• Andrew   Mar 19 Mar - 17:40

Après tout, il était là depuis plus longtemps que moi. Et si je ne me trompais pas, sa famille servait l'Ordre depuis plusieurs générations déjà. Il n'était donc guère étonnant qu'il connaisse ses failles et ses côtés les plus sombres. J'étais seulement rassurée à l'idée qu'il ne soit pas complètement aveugle à ce sujet. Cela me permettait d'avoir confiance et de me reposer sur lui. Ce que je faisais déjà, assurément.
Andrew était d'un réconfort sans pareil. Je n'étais pas particulièrement ouverte et mes relations au sein du Talamasca se limitaient à de simples connaissances. Depuis le départ d'Hippolyte, j'y étais seule et le Responsable des Érudits avait été d'une aide précieuse. Beaucoup de collègues murmuraient à mon sujet, je le savais. En bien ou en mal, ça, je l'ignorais, mais je ne pouvais pas leur reprocher de garder leurs distances. J'étais moi-même solitaire de nature et peu sociable ; du reste, qui a envie de passer du temps en compagnie d'une personne dont le toucher est ravageur ? J'avais eu beau faire des efforts les mois passés, tachant d'aborder les gens tout en gardant mes distances, ça n'avait pas suffi. J'étais condamnée à errer seule dans les tourments de la vie, et quelque part, je m'étais depuis longtemps fait à l'idée. Alors, quand Il venait briser ma routine, m'apporter un semblant de chaleur humaine, c'était le Paradis.

Si j'avais été plus farouche, le rouge me serait monté aux joues. Mais ce temps là était fini. Je n'étais plus gênée à l'idée de savoir qu'il me portait dans son cœur. Simplement heureuse. De toute manière, j'en avais la preuve, car contrairement aux autres, il ne m'avait jamais brusquée pour que je dévoile mes noirs secrets. Il ne m'avait jamais forcée à parler, et je savais que cela n'arriverait pas. En temps voulu, il serait probablement la première personne à laquelle je me confierai. Mais ce n'était pas pour tout de suite. « Sois sans crainte. Je n'ai nulle part où aller... je ne vais pas quitter la ville dans l'immédiat ». Évidemment, il fallait d'abord que le Talamasca daigne me lâcher, mais ça n'allait plus tarder. « Je serai libre d'ici quelques jours et je ferai le nécessaire auprès de l'Ordre. Cela prendra un peu de temps, surtout par les temps qui courent. Ensuite je tâcherai de retomber sur mes pieds. Je dois réfléchir à beaucoup de choses... Je ne romprai pas le contact. Ce serait trop dur ». Mes doigts s'emmêlèrent aux siens tandis que je souriais. Les tissus qui nous séparaient m'empêchaient de ressentir tout à fait la tendresse d'un tel geste mais, c'était déjà beaucoup pour moi. J'avais énormément de sympathie et d'affection pour cet homme et, en d'autres circonstances, j'aurais probablement donné beaucoup pour l'avoir à mes côtés. En tant qu'amant, que compagnon. Malheureusement, je n'étais pas certaine de lui plaire assez et, cet aspect relationnel était pour moi inenvisageable. Je m'étais faite à l'idée et ne courais pas vraiment après. Même s'il m'arrivait fréquemment d'imaginer ma vie sans mon envahissant pouvoir.

« Je ne peux pas t'en parler. Pas maintenant. » Je baissais les yeux, et rompis tout contact. Il m'était toujours difficile d'aborder ce sujet. J'étais toujours soumise à la pression de mon Mentor et j'avais préféré me faire enfermer plutôt que de dire tout ce que je savais. N'était-ce pas la preuve qu'il me terrifiait ? Au fond, je n'étais même plus certaine d'en savoir assez, pourtant, ma Bible ne me quittait jamais. Je la relisais et y trouvais des correspondances... Tout allait finir par se révéler. Ce n'était plus qu'une question de temps. Mais les gens ne devaient pas savoir, pas encore. « Nous avons d'autres préoccupations plus urgentes à régler pour l'instant. Mais je te promets que, le moment venu, tu seras le premier au courant ».

Des promesses, je me sentais capable de lui en faire des tas. Et de les tenir. Dans ce monde, et ma pieuse existence, il était ma bouée de sauvetage. Et même en regagnant ma cellule, lui à mes côtés, j'avais le cœur léger.


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Never Let me Go •• Andrew

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