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 Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.

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MessageSujet: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mar 27 Nov - 21:01

Athénaïs de Rincsen


«NOSCE TE IPSUM»

Scarlett Johansson © Tumblr



Identité


Je m'appelle Athénaïs de Rincsen mais on m'appelle Ann. J'ai 305 ans, j'en fais 28 ans. Je suis née le 29 septembre 1707, Paris. et je suis américaine, avec des origines françaises. Je suis un vampire bisexuelle et je suis Conseillère du Clan Blackstone et Propriétaire du bar le Bloody Mary.

Capacité Spéciale ; Comme tout vampire, elle a eu une période charnière où sa soif de sang semblait insatiable. Il lui a fallu attendre un bon siècle après avoir réussit à être pleinement maîtresse de sa nature. Au fil du temps Athénaïs se fit des petits challenges pour défier sa résistance vis-à-vis du sang humain, depuis elle a une parfaite maîtrise de sa soif pouvant rester plusieurs jours voir un mois entier sans boire une seule goutte. Ce qui est fort utile lorsque l'on est dirigeante d'un cabaret et que l'on a régulièrement affaire à la clientèle humaine qui se montre bien curieuse de découvrir l'interdit.



Histoire


« Cherchez au fond de mon âme, vous tomberez plus bas que vous ne l’êtes déjà. »


~ Première partie ~


Comme, l’une après l’autre, au déclin de l’automne,
Les feuilles des rameaux tombent, pâle couronne,
Et retournent au sol qui va les engloutir.


Dante ALIGHIRTI, l’Enfer, Chant III.


29 septembre 1707, Paris.

Doucement l’aurore fit son apparition illuminant petit à petit la grande capitale européenne. Les rayons de soleil réfléchissaient ici ou là sur les vitres des grands hôtels appartenant aux grandes familles bourgeoises ou de grandes noblesses. Paris s’éveillait. Les petits gens étaient déjà actifs depuis quelques heures à s’activer pour le début de la journée de travail. Les domestiques se pressaient sur les marchés pour prendre commande des victuailles allant être cuisiné à la table de leurs maîtres. La suite de la journée allait se rythmer ensuite par une succession de gestes du quotidien. Laver, repasser, épousseter, servir au mieux la maison.

Fanchon Bertin faisait partie de ses petites mains qui se levaient tôt et se couchaient tard, seulement âgée de dix-huit ans, la jeune femme avait vécu toute son enfance dans le centre de la France, non loin de Vendôme. Elle appartenait à une grande famille de six enfants et elle a été poussée par ses parents à trouver une bonne place en tant que femme de chambre dans la maison des Montfort-l'Amaury dans l’espoir d’être libérer d’une bouche inutile. Fanchon était âgée alors de dix ans. Après tout à quoi servait une femme si ce n’est qu’à procréer ? Qu’importait le sang, qu’importait la richesse chaque femme n’était aux yeux des hommes qu’un ventre. Une machine à engrosser. Elle exerçait sa tâche depuis maintenant huit ans.

Elle avait été remarquée par le jeune homme de la bonne famille. Nicholas Montfort-l'Amaury qui été alors âgé de vingt-cinq ans. Secrètement, un petit jeu interdit s’installa entre les deux individus. Il lui susurrait des promesses impossibles à tenir, elle l’écoutait et croyait à ses mensonges lui ouvrant les cuisses pour l’amener à son paradis. Dans sa tête, tout ressemblait aux contes que lisait madame Montfort-l'Amaury à sa jeune fille Joséphine auprès de la cheminée l’hiver venu. Tout était parfait, elle avait trouvé son prince charmant et riche. Mais la réalité était tout autre derrière ces faux espoirs. Au cours de l’année 1707, elle apprit que l’héritier avait été assassiné lors d’un duel pour la cause d’une dame de la haute société. Apprendre que celui qu’elle appelait son homme, était morte et pour les beaux yeux d’une autre fut une descente en enfer. Fanchon n’avait pas eu le courage de lui annoncer sa grossesse et son secret n’en resta pas un très longtemps avec les mauvaises langues qui se trouvent dans les couloirs de la maison. Après avoir été sévèrement réprimandé par la maitresse de maison puis puni par la gouvernante. Elle avait passé de longs mois dans sa chambrette sous les toits lorsque son ventre rebondi commençait à faire jaser dans le voisinage. Ce bébé, elle le désirait car malgré la rancœur qu’elle avait à l’encontre du père, il restait à ses yeux le fruit d’un amour. D’un unique amour.

Dans la nuit du vingt-huit au vingt-neuf septembre, elle avait ressenti les premiers signes d’un accouchement par la perte des eaux. Réveillant sa voisine de chambre, elle se changea et prit sa petite valise avant d’être guidé par la gouvernante qui la fit sortir par l’arrière de l’hôtel. Madame Montfort-l'Amaury n’avait pas donné son approbation pour qu’elle accouche dans sa chambre, elle ne reconnaissait pas non plus l’enfant à naître comme son petits-enfants.

Fanchon marcha avec difficulté dans les ruelles sales et grises de Paris évitant les déchets qui se déversaient au centre. Elle fit des pauses de temps à autres lorsqu’elle ressentait une contraction. Dieu la punissait pour ses pêchés, c’était une certitude. Elle parvint à l’Hôtel-Dieu qui deviendra plus tard l’hôpital Saint-Louis. Elle fut rapidement admise et prise en charge pour l’accouchement. La sage-femme qui se chargeait de cette tâche ne semblait guère positive concernant le cas de la jeune mère. Elle était petite, et étroite des hanches. Tous ces petits détails prouvaient que l’enfantement serait compliqué. La sensation que ses reins étaient broyés se fit ressentir de plus en plus forte, la douleur était telle, que la jeune femme se mit à pleurer à se débattre totalement paniquée parce qui allait se passer. Il fallut deux infirmières pour la maintenir et l’obliger à pousser. Elle poussa, cria mais le bébé restait. Petit à petit Fanchon se fatigua et c’est à ce moment-là que les complications se firent plus nombreuses. Comme une sauvage, la sage-femme posa ses mains sur l’abdomen et fit une grosse pression pour amener l’enfant à sortir ce qui ne manqua pas à faire hurler de douleur la pauvre femme qui regrettait amèrement ce qui lui arrivait. Comme lui indiquaient les femmes qui l’entouraient, elle poussa une nouvelle fois et ce fut le soulagement. Enfin elle ne souffrait plus, elle se sentait tellement fatiguée à cet instant. La sage-femme prit le bébé et coupa le cordon ombilical après avoir nettoyer le nez du nourrisson qui lui poussait des cris stridents. Une des infirmières lui demanda le prénom de l’enfant, Fanchon n’eut que le temps de le dire. «Athénaïs Montfort-l'Amaury» avant de s’enfoncer dans un sommeil mortel.


C’est dans la douleur et la solitude que naquit le bébé qui fut pris en charge par la gouvernante. Encore une orpheline de plus. Elle fût placé chez une nourrice puis jusqu’à l’âge de ses dix ans, elle prit la place qu’avait occupé sa propre mère dans la famille. Jamais elle ne sut qui était son père, est presque rien à propos de sa mère. Elle ne savait ni lire, ni écrire mais elle se démarquait des autres grâce à son joli minois et par sa bonne volonté de vouloir bien faire son travail. Grâce à ses ainés, elle apprit rapidement à coudre et tout ce qui était nécessaire de savoir pour être une femme de chambre. Agée de quatorze ans, elle fut nommée femme de chambre de la Joséphine ce qui était une grande avancé dans sa vie professionnelle pour l’époque. Mais ça ne manqua pas de créer en même temps des tensions et de la jalousie parmi les autres domestiques. Madame Montfort-l'Amaury ne supportait pas de la voir et ne cessait de se plaindre. Et pour cause, plus la gamine grandissait plus elle ressemblait à son père défunt dans ses mimiques. Son allure qui lui donnait l’air aristocratique qu’ont les Montfort-l'Amaury. Elle avait hérité de sa mère de sa beauté sauf de son nez bien dessiné et légèrement retroussé de son père. Athénaïs a dû grandir et vivre malgré l’opposition qu’elle avait toujours face à elle. Elle s’endurcit puis apprit à ne compter que sur elle-même.


Pendant l’année de ses seize ans, elle fut persécuter par les demoiselles de la maison jusqu’au jour où l’une d’entre-elle donna l’idée de l’éloigner définitivement. Puisqu’elle n’avait pas de famille, pas de fortune, ne serait-elle pas mieux marié avec un Colon en Amérique du Sud ? Du jour au lendemain, on colla sur le dos l’adolescente l’étiquette de jeune fille à la cassette. Il s’agissait de jeunes filles à marier. On les appelait ainsi parce qu’on leur donnait un trousseau qui comprenait « deux paires d’habits, deux jupes et jupons, six corsets, six chemises, six garnitures de teste et toutes autres fournitures nécessaires ». Le but était de peupler ces terres de femmes françaises et de donner des épouses officielles aux colons.

16 juillet 1723.

N’allez pas croire que la traversée de l’océan Atlantique fut une partie de plaisir. Non, c’était loin d’être une croisière comme nous le connaissons aujourd’hui. Non, les femmes étaient parqués dans les soutes du bateau le temps de la traversée, la nourriture n’était pas conservée convenablement ou bien l’on mangeait toujours la même chose : du bœuf salé ou de la morue salée ou fumé avec un peu de blé. L’eau était difficilement potable, elle devenait brunâtre et vecteur de maladies. C’était l’une des raisons qui expliquaient pourquoi les marins préféraient boire de l’alcool comme le rhum dont la vente était interdite sur le continent. En plus d’une mauvaise alimentation qui amenait des maladies telles que le Scorbut qui est un manque de vitamines. La proximité entre les individus et l’étouffement qu’elles subissaient à être enfermés une grande partie du trajet favorisaient bien d’autres maladies mortelles. Il n’y avait aucune hygiène, rien pour garder les femmes dans un confort sommaire. Beaucoup moururent et celles qui restaient n’étaient pas dans un état suffisant pour être présentées aux hommes. Athénaïs devait son salut grâce à son intelligence et à sa malice. Il lui était arrivé à de nombreuses reprises de chaparder les restes de la table du capitaine du vaisseau. Une fois elle avait prise sur le fait ce qui lui avait valu une gifle comme punition.

Sa seule crainte fut qu’elle voit prise par un homme de l’équipage mais les règles étaient strictes, aucun homme ne devait s’approcher des femmes. Elles devaient rester pure jusqu’aux mariages. Mais des écarts ont été commis, et était puni du fouet. Ce fut un enfer, comme si cette traversée serait sa dernière. Que Dieu soit avec elles, Athénaïs n’avait guère envie de se voir mourir avant d’avoir posé le pied sur le nouveau continent. Sa jeunesse et sa fougue faisaient d’elle une aventurière. Pour s’occuper l’esprit, elle imaginait à quoi allait ressemblait sa nouvelle vie, et surtout son futur époux. Lorsqu’elle montait sur le pont pendant la promenade autorisée, elle appréciait sentir l’air marin et fixer l’étendu de l’océan. Elle ne laisserait plus personne la contrôler tel un vulgaire pion sur un échiquier, elle espérait enfin pouvoir se créer une vie comme elle le désirait. Femme libre elle l’était et le restera. « L’espoir d'une terre lointaine » chuchota-t-elle.

25 août 1723.

Mais c’était long d’attendre, fatiguant de fixer l’horizon d’être à la rechercher de la terre promise. Après un mois de navigation dans de mauvaises conditions, un marin hissé en haut du mat se mit à crier « Terre ! Terre en vue ! ». Dans les soutes, le regard hagard des femmes fixait le plafond surprises par le cri puis des sourires se dessinèrent sur leurs visages sales et amaigris. La porte qui permettait aux femmes de monter sur le pont s’ouvrit brusquement laissant apparaître le second du navire. « Mesdames, nous sommes enfin arrivé à la Nouvelle-Orléans. Je vais vous expliquer très rapidement comment ça va se passer par la suite. » Athénaïs se retient de respirer tant l’excitation de sortir de ce trou était forte. « Les femmes dont les prénoms commencent par la lettre « A » sont priées de monter, le capitaine du vaisseau a quelques points à préciser. Que je vous rassure, vous quitterez toutes ce navire sous peu de temps. » Il se retira, laissant la porte ouverte après lui. Précipitamment, la jeune femme se leva et monta pour se retrouver à l’air libre ne supportant plus la puanteur qui se dégageait dans la pièce. Elle fut surprise par le soleil et la chaleur qui l’écrasèrent lorsqu’elle arriva sur le pont, elle plissa son regard et s’approcha d’un tonneau pour trouver un équilibre qui lui permettrait d’écouter sans trop se plaindre le discours qui fut bref. Elles seraient amenées dans des auberges où elles pourraient se changer et se nourrir convenablement. Par la suite, elles auront à trouver leur homme. Un petit rictus apparut sur les douces lèvres de la française. Le jeu allait enfin commencer. Dès qu’elle aurait revêtu de plus beaux atours, elle savait qu’elle serait jolie. Elle avait pris le temps de se comparer aux autres femmes, elle connaissait donc ses faiblesses et ses atouts.

1er septembre 1723.

Presque une semaine qu’elle était arrivée. Elle s’habituait petit à petit à son nouvel univers. Dans les rues de la ville, rien n’était comme en France. Elle n’avait plus le statut de domestique à présent c’était des personnes de couleurs qui se mettaient aux services des Blancs. Athénaïs avait pris l’habitude en fin de journée d’aller aux marchés ou à la découverte des environs mais toujours accompagné et avec une petite ombrelle, qu’un jeune marin lui avait offert, pour la protéger des rayons agressifs du soleil. Elle avait su faire chavirer les cœurs avec sa beauté qui ne passait pas inaperçu dans les rues de la ville. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour être entouré par la gente masculine mais les espoirs de la jeune femme furent réduit à néant en voyant qu’aucun n’avait l’air d’être riche, ou bien d’avoir un titre. Elle avait entendu dire par une mulâtre que les grands propriétaires de plantations vivaient éloigner de la ville mais ils venaient régulièrement y faire leurs achats. Curieuse d’en apprendre plus, elle se renseigna sur ce qu’était une plantation histoire de maîtriser le sujet si elle rencontrait un homme de bonne famille.

Un érudit qui se trouvait au restaurant dans l’auberge où elle résidait lui expliqua rapidement ce dont il s’agissait. Il s’agissait d’une plantation qui correspondait à une activité agricole dans le but de faire des denrées pour le marché extérieur. Les plantes cultivées étant d’origine américaine comme le tabac, le cacao (qui était consommé par les aztèques). Mais, il y avait des plantes étrangère à l’Amérique qui vont s’adapter aux conditions climatiques du continent à l’exemple de l’indigo (pour la teinte des textiles), le riz, le coton, le café, et la canne à sucre (qui vient d’Inde). « Mais comment fait-on pour cultiver tout ceci ? » Voyant la jeune femme s’intéresser de plus près aux activités, il poursuivit « Oh, pour cela, il faut de la main-d’œuvre. Savez-vous qu’il existe deux types pour cela ?»

Athénaïs s’assit auprès de l’homme et hocha négativement la tête. « Eh bien, lorsque vous voyez des hommes blancs comme vous et moi, il s’agit pour la plus part d’engagés qui signent des contrats de 5-6 ans, et au bout du contrat ils ont une sommes pour s’installer dans les colonies. Ils sont justes des ouvriers agricoles, ni plus ni moins. Sinon il y a une immigration servile d’origine noire africaine. » Elle le regarda avec un petit sourire au coin de ses lèvres. « Vous semblez en connaître beaucoup de choses à ce propos monsieur. » Il essuya ses lèvres ayant terminé son plat. « Et pour cause, je suis moi-même propriétaire d’une plantation de tabac. »La demoiselle arqua un sourcil surprise. « Je vous prie de m’excuser d’avoir perdu votre temps à m’expliquer, vous avez très certainement à faire. »« N’ayez crainte, votre compagnie m’a paru des plus esquisses, ce n’est pas tous les jours que l’on croise une femme qui semble s’intéresser à la vie économique de la colonie. » Son regard scruta avec intérêt le corps de la jeune femme. Alors, elle comprit. Elle sut qu’elle avait face à elle, un homme qui pourrait la prendre en charge. Elle le regarda à son tour, il n’était pas vilain, ni trop âgé. A ses mains et sa façon de s’habiller elle ne douta pas de son rang et qu’il soit fortuné. Il se leva de la table et se mit à ses côtés lui prenant la main. Il se pencha légèrement déposant un baiser sur le dos de la main avant de la regarder. « Je me présente, Théodore de Rincsen.»


~ Deuxième partie ~



Dès que je l’aperçus : « Prends pitié de ma peine,
Qui que tu sois, criais-je, homme ou bien ombre vaine,
Dans ce désert immense où perdu tu me vois !


Dante ALIGHIRTI, l’Enfer, Chant I.


C’était un univers de marais d’une beauté étrange et sauvage. Un monde grouillant de vie, où il fallait lutter pour survivre. D’immenses chênes, aux troncs drapés de mousse grise, se reflétaient dans les eaux stagnantes. Les saules pleureurs courbaient leurs branches vers le sol, tandis que les cyprès, raides comme des sentinelles fantômes, gardaient l’entrée de ce paradis majestueux. Un héron planait dans la brise matinale. Au-dessous de lui s’étalait la rivière paresseuse qui serpentait jusqu’au Mississippi. Fils aîné des marais, un crocodile émergea d’un buisson d’hyacinthes sauvages et disparut. Soudain, une frêle embarcation qui glissait sur les eaux du bayou rompit le silence. Quelques poissons s’affolèrent. De grosses tortues d’eau, qui se prélassaient au soleil, plongèrent. L’esquif heurta la rive et la jeune fille qui le conduisait sauta lestement à terre et l’attacha à un tronc d’arbre vermoulu.

A vingt-cinq ans, Athénaïs De Rincsen avait réussi à apprivoiser ce monde qui l’entourait. Sa jupe grise relevée autour de la taille découvrait des bottes boueuses. Ses cheveux blonds se terminaient par une longue tresse. Elle respira les parfums exotiques des fleurs et fut envahie par une joie profonde. Cet univers sauvage aurait été fatal pour un étranger, mais Athénaïs ne craignait rien. Elle connaissait parfaitement les marais, savait où se trouvaient les sables mouvants qui avalaient un homme en quelques secondes sans en laisser une trace. Elle contournait les serpents venimeux, tapis dans les hautes herbes, et respectait de loin les crocodiles, seigneurs incontestés de ces marécages. La jeune femme appréciait ces moments de découvertes où elle pouvait se sentir libre. Non loin du lieu où elle se trouvait, se cachait une petite habitation où résidait une vieille esclave qui avait fui la plantation d’un grand propriétaire. Athénaïs l’appréciait et en échange de son silence, elle lui apprenait les croyances des esclaves et en particulier la magie noire. Le vaudou avait toujours attiré la jeune propriétaire, terrifiée d’en être victime par ses propres esclaves bien qu’ils ont toujours été plus ou moins bien traités sur leur plantation.

Elle frappa deux petits coups contre la porte en bois pour signaler sa présence. Elle entendit quelqu’un bouger et venir lui ouvrit. « Oh, c’est vous manz’elle. Entrez. » Fit Alyla. Elle s’empressa de rentrer et se s’installer à la modeste chaise. Elle regarda l’esclave, on racontait en effet qu’elle était une sorcière, adepte du vaudou. Pourtant, des jeunes filles respectables et des dames éminentes n’hésitaient pas à lui rendre visite lorsqu’Alyla venait à La Nouvelle-Orléans vendre ses philtres d’amour, ses gris-gris et ses porte-bonheur. La vieille femme prépara ce qui semblait être une sorte d’infusion dont elle seule connaissait les ingrédients. « Vous fuyez encore votre rôle d’épouse ? » Athénaïs tripota sa jupe sale, regardant ses mains. « Non, du tout, mais comme d’habitude mon époux n’est pas à la maison et de toute façon même s’il était là, ça n’aurait rien changé. » Elle prit la tasse en argile que lui offrait la sorcière qui s’empressa de lui répondre comme si elle avait affaire à quelqu’un du même statut qu’elle. « Vous n’êtes pas comme une dame tel que vous êtes là. C’est pas bien. » La blonde leva ses yeux au plafond avant de répondre. « Qu’importe, il n’y a que toi qui me vois ainsi. Depuis que j’ai épousé Théodore, personne n’a jamais rien eu à dire à mon propos. J’ai toujours fait ce que l’on attendait de moi. J’ai parfaitement tenu mon rôle d’épouse. Cesse de vouloir me réprimander ! »

Pensive, elle se rappela de son mariage, elle était alors âgée de dix-sept ans et elle pensait avoir trouvé l’homme idéal. Dans un sens, elle était attachée à lui. Contrairement à d'autres, son mari ne fut jamais ni violent ni insultant avec elle. Seulement absent, et peu intéressé par la perspective de combler les désirs et besoins de son aimante épouse. Un homme vaillant, mais sans conversation, aux innombrables maîtresses noires et amérindiennes. Athénaïs s'accommoda de cette vie-là. Son mariage lui avait apporté de nombreux avantages, elle avait eu l’approbation de son époux pour apprendre les bases, lire et écrire. Elle dansait à la perfection et avait même appris les rudiments du piano. La vie semblait enfin lui sourire dans ce milieu luxueux ou chacun de ses désirs étaient des ordres, malheureusement un vide demeurait. Les années s'écoulaient et elle n'avait toujours pas eu le bonheur d'enfanter, de prendre dans ses bras la chair de sa chair. Elle avait tenté différente méthodes pour enfin offrir un héritier à son époux mais rien n’y faisait.

C’est en fréquentant les autres dames de son rang qu’elle avait cru entendre la rumeur d’une esclave qui aurait fui et qui offrait ses services notamment dans le vaudou. Elle était venue la première fois la peur au ventre redoutant vraiment cette sorcière qui petit à petit la mit en confiance. Une sorte de confiance c’était créer entre les deux femmes, et Athénaïs avait pris l’habitude de lui rendre visite. Les potions n’avaient pas fonctionné et l’espoir d’avoir enfin un enfant s’envola progressivement. Pour combler ce manque, elle apprit de nombreuses choses auprès d’Alyla toujours en matière de vaudou. D’ailleurs celle-ci claqua des doigts devant le regard de la jeune femme, la faisant sursauter. « Vous rêvassez debout maintenant ? » Elle lui répondit avec douceur. « Non, je me souvenais juste pour quelle raison j’ai fini par fréquenter une folle. » Alyla éclata de rire avant de redevenir sérieuse en prenant la tasse vide qu’avait bu Athénaïs. « Mauvais présage. » Etonnée, elle la questionna du regard pour la forcer à poursuivre. « Tu vas faire la rencontre d’un autre homme et c’est le mal incarné. » Après ça, Alyla agissait normalement calmant les inquiétudes de son invitée qui au fil des mois oublia cet avertissement.

Trois ans plus tard, 1735 quelque part autour de la plantation.

Ann, son petit surnom, monté en amazone sur sa jument Tempête, parcourait au trot l’exploitation de son mari. Récemment il avait acheté de nouvelles terres et comptait bien diversifier les cultures en y faisant pousser du coton venu d’Inde. Elle s’engagea dans un étroit chemin qui l’éloignait un peu plus encore de sa demeure prenant plaisir à se sentir seule et libre. Elle ne supportait plus de jouer la potiche chez elle, à accueillir les dames qui lui rendaient de temps en temps visite. Elle empreint la longue allée gravillonnée qui reliait l’entrée principale d’une chaumière abandonnée à une petite route de campagne, respirant à pleins poumons les effluves de sapin, de chêne et d’orme qui émanaient des bois environnants. Le soleil était bas dans le soleil brumeux, une température agréable régnait, l’air résonnait des pépiements des oiseaux. Durant quelques minutes, elle s’était autorisée à oublier les raisons de sa présence en ces lieux pour profiter du plaisir de la nature. Soudain, la jument fit un pas brusque sur le côté ayant entendu ou senti une présence. Surprise Athénaïs calma sa monture avant de descendre du cheval pour voir ce qui l’avait effrayé. Ne voyant rien, elle la rassura faisant quelques pas à pied à ses côtés. Une main se posa brusquement sur son épaule, la faisant sursauter de peur. Elle lâche un petit cri de frayeur.

Le cheval ressentant sa peur, se débattit et se mit au galop pour échapper à cet étrange individu. « N’ayez crainte, je ne vous veux aucun mal Athénaïs. » La jeune femme recula sentant le tronc un arbre la stopper, son esprit est en déroute. « Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? » Il haussa les épaules. « Je m’appelle Josh Archdeacon. Je vous ai suivie depuis chez vous aux petites heures du matin. Je guettais une occasion. » Avec une grâce féline, il s’approcha d’elle et ajouta d’une voix douce. « La solitude a été mon lot depuis des siècles, Ann. J’en aurais péri, si ce n’est que je ne pouvais mourir. Je rêvais de rencontrer une femme que je pourrais vraiment aimer. Je connais tout de vous depuis votre arrivée et votre évolution ici-même. J’ai eu l’étrange prémonition que vous m’étiez destinée. J’en ai maintenant la certitude maintenant que je vous vois proche de moi. »

Il a placé sa main froide contre sa joue, déclenchant en elle une onde de choc aussi violente qu’une décharge électrique. Son cœur se débattit quand bien même son corps frémissait d’un brusque désir. Les yeux qui ont croisé les siens débordaient de tant d’affection que son esprit s’est cabré et que son pouls a tambouriné à ses tympans. « Non ! Non ! Je suis une femme mariée. C’est mal ! » Pensa-t-elle. En vain. Elle ne désirait qu’une chose qu’il l’enlace et l’embrasse. « Je vous désire Ann, m’acceptez-vous ? » Elle était sous son empire, elle ne parvenait plus à réfléchir, à prendre du recul. Elle ne connaissait absolument rien de cet homme qui faisait naître en elle des sensations qu’elle avait ignoré jusqu’à présent. Et pourtant, sa conscience l’obligeait à se méfier, elle voulait s’éloigner mais elle se surprit à dire des mots qui semblaient s’échapper de sa bouche. « Oui, je vous veux ! » Poussant un gémissement passionné, il l’attira à lui. Ses lèvres ont trouvé les siennes. Elle s’abandonnait au plaisir de son étreinte, lui retournant le baiser avec la même ferveur. Elle noua ses bras autour de sa nuque. Elle sentit la pression de ses mains qui caressaient son dos, la serraient encore plus fort contre lui. Elle se mit à trembler. Trop tôt à son goût, le baiser s’acheva. Frustrée, elle ouvrit les yeux et étouffa un cri, le cœur affolé par la terreur. Car ses yeux à lui n’étaient plus verts comme elle l’avait remarqué auparavant, mais luisants comme les feux de l’enfer et ses canines s’étaient allongées et acérées. Elle était trop abasourdie pour réfléchir ou bouger.

D’une chiquenaude, il a dénoué le ruban qui fermait son col et à défait le haut de la robe, dévoilant la clavicule. Sa bouche a tout de suite trouvé la peau sur le flanc de son cou. Soudain, elle senti une double piqure sur sa chair, et immédiatement, elle poussa un cri mais cette douleur a vite été remplacée par une sensation de plaisir languide telle qu’elle ne l’aurait pu l’imaginer. Elle avait l’impression que son sang suintait hors de son corps tandis qu’en même temps quelque chose de nouveau se propageait en elle. Elle perçut une étrange vibration, sa tête est retombée en arrière. Elle s’entendit pousser un soupir de plaisir intense. Elle devinait, que le processus était mauvais pour elle, très mauvais et que, s’il lui prélevait trop de sang, elle en mourrait. Sa tête lui tournait, ses jambes se dérobaient sous elle, s’il ne la tenait pas dans ses bras, elle se serait effondrée comme un vulgaire bout de chiffon. Elle se sentit de plus en plus faible. Son cœur battit de plus en plus. Puis ce fut le néant. Josh redressa sa tête, le sang perlait sur les coins de sa bouche, il la déposa à terre avec douceur avant de passer sa main contre les lèvres histoire de profiter jusqu’au bout de son délicieux breuvage.

Il se mordit au poignet puis redressa à demi sa victime pour lui faire boire à son tour son sang. Athénaïs, inconscient, bu son sang puis ce fut le gouffre. La douleur fut déroutante, son corps essayait de rejeter la souffrance, elle se trouvait entre deux univers. Elle avait l’impression d’être sciée en deux, d’être torturé, écartelée. Les Ténèbres s’installèrent à elle, elle ne pouvait plus respirer. Puis ce fut un incendie qui se déchaîna en elle, elle aurait voulu crier mais ses lèvres ne bougèrent point. C’était une lutte contre elle-même, le venin traversa dans tous ses vaisseaux sanguins, pour atteindre son coeur. Qu’avait-elle fait pour subir autant de sa misérable vie. Son corps se souleva sous les spasmes. Josh qui la regardait passa doucement sa main froide sur son front. Elle dans le fond de l’abîme ressentait après le chaud, un froid glacial. Elle était morte, elle en était persuadée maintenant. Que Dieu ait son âme. Tout s’acheva dans un calme qui soulagea la jeune femme. Il le comprit également et se dépêcha de la prendre dans ses bras et de l’amener dans la chaumière. Demain, elle serait totalement à lui, demain à l’aube il ne serait plus seul.

Du sang, du sang… Cette pensée ne quittait plus l’esprit du jeune vampire. Elle avait tout quitté après sa mort puis sa renaissance, son homme, son passé et la vie qu’elle s’était construite à la Nouvelle-Orléans. Athénaïs se sentait prisonnière de l’emprise de son Sire qui se montrait souvent possessif et autoritaire. Jamais il ne fut de ceux qu'elle porta dans son coeur. Soumise, elle subit ses colères et ses étreintes meurtrières. Ann parcouru l’Amérique profitant des batailles lors de l’indépendance de l’Amérique ou encore de la guerre de sécession s’abreuver de ce nectar sans se faire repérer. Ce fut également une bonne période pour apprendre à se maîtrises et à se confondre avec les humains. Elle, qui était si désireuse à vivre de son propre chef, elle se sentait prisonnière sous l’autorité d’un autre homme mais elle se sentait tellement attaché à lui, qu’elle ne concevait pas être seule. Elle perdrait tous ses points de repères. La jeune vampire avait subi pourtant beaucoup de dommages moraux à cause de lui, bien que son corps n’en garde aucune séquelle mais il était certain depuis très longtemps qu’il ne l’avait jamais aimé et que la stupide humaine qu’elle était, s’était laissé tomber dans son piège comme la petite souris allant droit à la mort en allant prendre un bout de fromage sur un piège fatal. Elle resta auprès de Josh une bonne centaine d’années, assez pour apprendre ce qu’elle devait savoir sur son nouveau corps. Elle n’avait plus de cœur mais il lui restait son âme et son désir d’indépendance.

8 mars 1835, Harrisburg en Pennsylvanie.


Le spectacle était grandiose. Les immenses lustres en fer forgé du Théâtre St. Auguste brillaient de tous leurs feux. Les globes d’opaline des lampes à gaz chassaient les ombres d’une lumière vive et ne dissimilaient rien de la féerie. Les colonnes de plâtre et leurs feuilles d’acanthe dorées s’élevaient vers le plafond vouté aux délicats entrelacs de lierre. Sur un côté luisait le velours pourpre du rideau de scène. Des bannières en soie rouge, verte et or avaient été accrochées au plafond et venaient se nouer aux loges de la seconde galerie. Dans cette atmosphère réchauffée par les flammes des lumières, elles semblaient onduler, au gré des valses jouées par l’orchestre. Sur les planches de bois ciré glissaient d’étranges danseurs. Masques et loups se croisaient avec des regards brillants, cherchant à reconnaitre qui se dissimulait derrière les satins noirs ou jaunes, sous les coiffures extravagantes et les parures de perles et de dentelle.

Ici, une jeune fille du Moyen Age, avec sa coiffe pointue, tournait au bras d’un bédouin du désert en longue robe blanche. Là, un moine conversait avec une vestale romaine. Une aristocrate de la Révolution Française, reconnaissable à sa perruque poudrée et au ruban rouge qui ornait son cou se promenait au bras d’un chevalier servant. Les tissus d’or et de soie scintillaient. Des plumes s’échappaient parfois des costumes pour virevolter jusqu’au sol. Les faux bijoux rivalisaient d’éclat avec les pierres précieuses. On respirait des parfums capiteux et par moment celui du aigre du camphre qui avait protégé pendant de longs mois les somptueux costumes dans l’attente de cette saison de Mardi Gras. Les noceurs parlaient fort, leurs éclats de rire courant de temps en temps la musique et tous se sentaient téméraires, profitant des délicieuses amourettes que permettait l’anonymat des déguisements.

Athénaïs De Rincsen, appuyée à l’un des chapiteaux qui soutenaient les loges, étouffa un bâillement. La soirée ne faisait que commencer, mais la jeune femme semblait déjà lasser. C’était son cinquième bal masqué depuis son arrivée à Harrisburg après Noël, et il y aurait encore bien d’autres avant la rémission du Mercredi des Cendres. Sagement déguisée en bergère, elle discutait gaiement avec quelques demoiselles formant un groupe autour d’elle. L’une d’entre-elles, nommée Henriette, donna un petit coude à Athénaïs pour lui indiquer qu’un homme la regardait avec attention. L’homme dont parlait Henriette se tenait à un balcon de la première galerie, surplombant la scène, une main appuyée contre une colonne, l’autre sur la hanche.

Il était d’une stature impressionnante, et son costume de Prince Noir. Il se dressait, le heaume recouvrant son visage et ses épaules, la longue cape rejetée en arrière avec un air à la fois romantique et inquiétant. Le déguisement était si parfait qu’il était impossible de deviner son identité. Cette observation silencieuse et immobile avait quelque chose de menaçant. Un frisson qu’inquiétude parcourut Athénaïs, soudain en comprenant qu’il ne pouvait s’agir que de Josh Archdeacon. Il lui avait pourtant dit qu’il ne viendrait pas. Elle s’adressa vivement à la jeune femme. « Tu es certaine que c’est moi qu’il regarde ? » Elle termina sa phrase en jouant l’hypocrite. « Je n’en suis pas si sûre. » « Il t’observe depuis une bonne demi-heure. » « Sans doute est-il sous le charme de mon décolleté ? » Henriette se mit à rire laissant tranquille Athénaïs. Celle-ci traversa la piste de danse tout en évitant les coups pour aller se prendre un rafraîchissement. Elle jeta un regard autour d’elle. Le champagne coulait à flot et la foule commençait à chahuter.

C’était une soirée payante au profit des nombreux orphelinats de la ville. Se sentant concernée, elle n’avait pas hésité à y assister. Bien que son Sire ne fut pas de cet avis, ce qui pourrait expliquer la raison de sa présence à la soirée. Toujours à vouloir la contrôler. Il y eut un mouvement au-dessus d’elle, d’un bond gracieux une forme noire sauta du balcon de la première galerie et atterrit à ses pieds, lui barrant le passage lorsqu’elle souhaita retournée auprès de ses soi-disant amies. Surprise, un peu tremblante, Athénaïs se ressaisit et leva la tête. « M’accorderez-vous cette danse, mademoiselle la Bergère ? » L’écho des paroles rauques toucha une corde sensible chez la jeune femme et la fit tressaillir. Pas de doute c’était bien lui. Furieuse, elle le toisa. « Non, merci. J’allais quitter la piste de danse. » Elle voulut le contourner. Une main gantée de noir la retint. « Ne refusez pas, je vous en prie. Ce sont des occasions qu’il ne faut pas laisser échapper. » La voix était gaie et la main légère sur son bras. Un court instant, Ann eut le sentiment d’une profonde intimité.

Elle se libéra d’un geste brusque et fit un pas sur le côté avant de baisser d’un ton. « Cesse cette comédie Josh. » Derrière son heaume, il fronça les sourcils puis l’obligea à la faire sortir hors du Théâtre y mettant toute sa force. « Espèce de petite garce, je ne t’ai pas permis officiellement de sortir de la demeure pour aller t’amuser ! » Elle le repoussa avec tout autant de force. « J’ai envie de faire ce qui me plait. Je suis tout à fait capable de… Me contrôler maintenant ! » Il enleva son heaume puis le regarda avec attention avant de rire sans retenu. « Mais bien sûr tu sais mieux que tout le monde. » Irritée, elle fuyait aussi vite que lui permettait sa tenue, elle savait qu’il allait lui faire payer à un moment où à un autre. En déboula dans le vestibule du petit manoir où ils résidaient et se sentit presque dans la foulée projeté contre le mur, elle sentit une main lui écraser le cou puis son regard rencontra celui furieux de Josh. Elle allait subir encore des atrocités qui semblaient de plus en plus fréquentes de la part de son compagnon. « Lâche-moi. » Siffla-t-elle. « Tu oses donner des ordres à ton créateur, stupide créature ? » Elle vit son visage se déformer pour laisser le monstre qui sommeille en lui.

A son tour, elle laissa sa colère éclater, elle le mord avec ses crocs au bras arrachant un bout de chair pour qu’il la lâche, elle voulait qu’il souffre à son tour. Elle se dépêcha d’aller prendre le pieu qu’elle avait amené de Nouvelle-Orléans. Elle monta à toute vitesse dans sa chambre mais fut tout aussi rapidement rattrapé par Josh qui la fit tombé sur son lit arrachant ses vêtements et la mordu à la base de son cou. Elle cria sous la douleur qu’il lui faisait volontairement subir tout en se débattant. Elle finit par lui donner un bon coup de poing au visage et elle parvint à se laisser tomber par terre pour prendre le pieu caché dans sa table de chevet avant de se redresser pour s’éloigner du lit. La jeune femme le menaça avec. Voyant le bout de bois tendu dans la direction, il la regarda surprise. « Tu crois sérieusement me faire peur avec ça catin ? » « Je suis capable du pire également. »

Il se redressa du lit puis arriva sur elle tel un boulet. Ne prenant pas le temps de réfléchir, elle sentit le choc contre sa personne et visa le cœur pour enfoncer profondément le pieu. Elle sentit alors le corps s’affaissait sur elle. Athénaïs le poussa vers l’arrière et le vit tomber à terre comme une vulgaire marionnette. Mort, il était mort. Elle regarda ses mains puis se mit à rire telle une possédée. Libre, enfin ! Indépendante et seule. Elle prit presque le temps de rassembler ses affaires dans une valise avant de la sortir dehors, elle s’empressa rapidement à allumer des bougies qu’elle faisait tomber par terre volontairement puis fit un feu dans la bibliothèque en brûlant les livres un à un avant de quitter l’endroit sans se retourner laissant le manoir s’embraser derrière elle.


~ Troisième partie ~


Jamais âme innocente en ces lieux ne s’embarque,
Voilà pourquoi Caron te chassait de sa barque :
Tu comprends maintenant d’où venait sa fureur.


Dante ALIGHIRTI, l’Enfer, Chant III.


Confortablement installée dans son fauteuil de patron, Ann comptait avec beaucoup d’attention la recette du jour que son bar lui avait permis de gagner. Un crayon à l’oreille, elle réunissait les billets d’argent appréciant leur contact contre ses doigts. Ce n’est pas tant que l’argent lui manquait, mais c’était la satisfaction d’avoir pu mettre à bien un projet seule et de le voir marcher. Elle mit un peu d’argent dans quelques enveloppes pour ses employés. Il y a peu, elle avait engagé Skyler, jeune vampire plutôt instable. Elle travaille pour elle au Bloody Mary en tant que danseuse. La petite blonde aime se donner en spectacle et sert à son public de véritables shows à l'américaine. Elle fait recette et attirait du monde tous les soirs. Seulement Athénaïs voit en elle plus qu'une simple employée qui remplit la caisse. Skyler appartient au Clan italien, et elle a tendance à être un peu bavarde, alors... Disons que c'est un bon moyen pour Athénaïs d'espionner un peu les italiens en ces temps de suspicion et d'ainsi avoir une longueur d'avance pour garder informer Asher Blackstone.

Mais revenons sur ce dernier détail. Depuis son retour à la Nouvelle-Orléans, elle y résida régulièrement depuis cette époque, même si le changement de ville est indispensable à tout vampire pour ne pas attirer les soupçons sur sa jeunesse éternelle. Athénaïs a toutefois plus d'un tour dans son sac et connaît désormais la ville comme sa poche. Pour elle la ville, était devenue son territoire, mais c’était avant qu’un autre vampire vienne y mettre son petit grain de sel dans l’histoire. Asher Blackstone. Rien que ça. Il avait posé ses valises et décidé d’y créer son clan et par la suite d’être le maître de cette ville. Ce n’était pas du tout au goût de la femme à la jeunesse éternelle. Avec persuasion et beaucoup de sourire mielleux, elle réussit à convaincre ce beau brun que son aide était plus que nécessaire s’il voulait vraiment s’installer dans cette ville. Ann avait réfléchit à tout, bien qu’elle souhaitait conserver coûte que coûte son indépendance, avoir la protection d’un autre vampire n’était pas négligeable. Son plan ne fut pas accompli comme elle le souhaitait. Asher était beaucoup plus difficile à cerner. Il avait pris un malin plaisir à jouer avec ses nerfs. Elle répondait avec autant d’audace entrant dans son petit jeu. C’était un peu comme jouer au chat et à la souris. Au fil du temps, Ann s’habitua à la présence du jeune homme, et lorsque celui-ci eut l’envie de créer son clan, elle l’aida à mettre à bien ce projet. Elle garda une place de choix, en étant sa conseillère sans être pour autant son second. Ensemble, ils chassèrent les intrus ou les contraignirent à rejoindre leurs rangs, aujourd'hui entourés convenablement. Puis les années passant, d’autres créatures vinrent mettre, puis ce fut le tour d’autres clans de vampires comme Newrewell qu’elle tenait en respect puis les Alesi, ces Italiens dont elle se méfiait beaucoup. La réputation des Blackstone n'est plus à faire, et si les Alesi et les Newrewell ont tendance à leur voler la vedette ces derniers temps, ils n'en restent pas moins les maîtres de La-Nouvelle-Orléans.

Puis sa relation avec Asher évolue, toujours plus prompt à être indépendante, elle se fit de plus en plus autoritaire, ce qui n’était pas du goût du grand manitou. Et assez souvent des disputes éclatèrent entre eux. Ann avait besoin d’actions, de nouveauté. Elle n’aimait pas vraiment le train -train de la vie quotidienne. Sur un coup de tête, elle ouvrit son bar, il y a deux ans, le Bloody Mary pour reprendre le nom d’une légende. On retrouve des traces de la légende de Bloody Mary dès les années 70 mais il est difficile de savoir avec exactitude quand elle a commencé. De nuit, la personne doit se tenir devant un grand miroir uniquement éclairé d’une à deux bougies, puis fixer son reflet et dire le nom « Bloody Mary » plusieurs fois. Il faut le répéter treize fois en tournant sur soi-même ou autour du miroir ou trois fois seulement en restant sur place. On peut également prononcer « Bloody Mary ! I killed your baby ! » (« Bloody Mary ! J’ai tué ton enfant ! ») à la fin de l’invocation, ce qui provoquerait la fureur de l’entité qui attaquerait immédiatement la personne l’ayant invoquée. Les plus téméraires peuvent prononcer sept fois « Hell Mary » devant le miroir : au bout de trois fois, le miroir deviendrait rouge, à cinq, une ombre apparaîtrait et à sept, Satan viendrait. Bloody Mary apparaît sous la forme d’une femme ensanglantée, parfois au visage mutilé. Elle peut simplement rester de l’autre côté du miroir ou encore le traverser pour vous tuer si vous n’arrivez pas à lui échapper. Il est dit aussi qu’on peut voir une femme frapper des cadavres ou s’automutiler.

L’origine de Bloody Mary a ,elle aussi traversé les années en se déformant. Aujourd’hui, ce sont ces trois versions qui sont les plus utilisées : Une sorcière qui, sur le bûcher, aurait maudit ses assassins et promis de revenir dès qu’on invoquerait son nom. Ou une femme morte dans un accident de voiture avec son enfant. Elle aurait alors juré de revenir à travers les miroirs. Et enfin la Vierge Marie elle-même, venant avertir l'invocateur de ne pas jouer avec son nom ni avec celui de Jésus, son fils.

Athénaïs tient un bar-cabaret du centre-ville qui sert notamment de "repère" aux vampires et même de garde-manger pour les mieux renseignés avec une main de fer, et en fit sa grande fierté. Revenons au présent. Cette fois le vampire lisait certains curriculum vitae, elle recherchait activement une chanteuse pour son cabaret. Elle se leva, passant devant le miroir. Elle ne fut pas étonnée de voir ce visage qui ne vieillissait pas. Brune aux yeux bleus. Beaucoup n’avait pas résisté à l’attraction de son regard et elle continuait d’en usé. Elle détourna son regard vers l’horloge, se disant qu’il serait peut-être temps de rentrer chez elle. Le soleil allait bientôt se lever.



Derrière l'écran


Pseudo ; Lena. Âge ; 22 ans. Fréquence de connexion ; Autant que je le pourrais Comment avez-vous connu le forum ? par Maé ! Comment trouvez-vous le forum ? splendide ! Multicompte ? [ ]NO. Code (en hide) : BLABLA
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Dernière édition par Athénaïs de Rincsen le Ven 30 Nov - 16:10, édité 6 fois
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S. Raphaëlle Sands
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mar 27 Nov - 21:04

BON JOUR TOI I love you hug

Rebienvenue ma belle et tu devines que je suis super contente de te revoir ici. (a)
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mar 27 Nov - 21:53

Bienvenue! cheers
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Elizaveta I. Tchesnokova
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mar 27 Nov - 23:48

Bienvenue mademoiselle aux longues dents!
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Nymphea D. O'Hara
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mer 28 Nov - 1:17

Welcome
héhé
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mer 28 Nov - 8:23

Merci beaucoup. **
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Tess E. Littleton
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mer 28 Nov - 9:35

Rebienvenue Smile

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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Mer 28 Nov - 10:51

Je suis super content de te revoir toi, ma jolie madame aux longs crocs ♥
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Jeu 29 Nov - 0:19

Bienvenue, très chère What a Face
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Jeu 29 Nov - 14:02

Merci beaucoup. Very Happy

Moi aussi je suis bien contente de te voir Aegnor ! coeur

Ps: Fiche terminée ! C'est la même que la dernière fois, j'ai corrigé des fautes que j'ai pu remarqué, s'il en reste encore, je suis désolée de ne pas les avoir vu avant. J'espère que tout convient !
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Tess E. Littleton
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Jeu 29 Nov - 14:02

pas de capacité spéciale ? Smile

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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Jeu 29 Nov - 14:17

J'ai ajouté une capacité spéciale, je l'avais oublié désolée.. Embarassed Par contre je ne sais pas si ce don a déjà été pris par quelqu'un d'autre avant. MmM
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Jeu 29 Nov - 22:14

Bienvenue Patronne super
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Jeu 29 Nov - 23:19

on a beaucoup de capacités usant de l'illusion. MmM Tu n'as vraiment pas d'autre idée ? **

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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Ven 30 Nov - 5:36

Merci Catalina. coeur

Tess : Oui, j'ai trouvé la fiche des capacités spéciales et tu as raison il y en a plus qu'il n'en faut. Dans ce cas en tenant compte de cette liste j'ai pensé à ce don : Athénaïs pourrait inhiber, supprimer momentanement le ou les sens tel que l'odorat ou la vue si elle le desire à une personne. Je ne pense pas que cette idée ait été prise... Si c'est le cas, dans ce cas je proposerais une grande maîtrise vis-à-vis du sang qui lui permet de pouvoir rester quelque temps sans toucher une goutte.

J'espère que l'une des deux propositions conviendra. **
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Tess E. Littleton
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Ven 30 Nov - 8:38

Pour les sens, c'est la capacité d'Alessandro ainsi que celle de Vittorio :s mais pour le contrôle du sang, il n'y a pas de souci cinglé je te laisse rajouter ça et je repasse pour la validation

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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Ven 30 Nov - 16:11

Merci beaucoup Tess. J'ai fait les modifications nécessaires ! ticoeur
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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    Ven 30 Nov - 16:14


Félicitations !


« Tu viens d'attraper le dernier train pour l'Enfer ! »
Officiellement bienvenue sur COB ! Tout est bon What a Face Te voilà donc ajouté chez les vampires ! Amuse-toi bien parmi nous, et n'hésite pas à contacter un membre du staff si tu rencontres un problème ou as besoin de renseignements ! ♥️ Ce qui suit a été rédigé pour te guider après ton arrivée tromimi

Se Préparer

A ce stade, t'as passé la validation, et ça mérite avant tout un bravo ! Tu fais officiellement parti de la famille, et tu vas pouvoir commencer à t'éclater. Mais avant, il y a encore quelques détails à régler.
Si ce n'est pas encore fait, un agent d'intégration va bientôt te prendre sous son aile pour t'aider à t'intégrer. Pour rappel, voici le fonctionnement de L’Équipe d'Intégration. Tu trouveras là la liste des agents ainsi qu'un petit descriptif, qui te permettra d'en savoir plus sur ton parrain.
Enfin, te voilà arrivé à la phase des obligations administratives ! Plusieurs étapes :
Pour commencer, il est prudent de faire recenser ta célébrité dans le Bottin des Avatars, en respectant le formulaire évidemment !
Si ton personnage est un Prédéfini ou bien un Scenario, n'oublie pas de préciser dans ce sujet que tu l'as choisi, afin qu'un Modérateur spécifie qu'il est désormais pris !
Pense aussi à réserver ton métier/rôle , histoire qu'on sache un peu qui est qui. De même, il te faut recenser ton pouvoir dans la Liste des Capacités. N'oublie pas de respecter le formulaire qui est proposé Wink
Puis, il est impératif de créer ta Fiche de liens, histoire de te faire quelques potes dans le coin. Tu peux aussi créer un sujet dans les Répertoires de topics, histoire de recenser tes futures aventures ! cinglé
Enfin, tu peux si tu le souhaites venir réclamer un Rang Personnalisé.

Une fois que t'as fait tout ça, t'es paré pour le jeu, soldat ! super

En revanche, il te reste encore des choses indispensables à savoir, et pour cela, on te donne directement rendez-vous dans le

GUIDE DU JOUEUR


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MessageSujet: Re: Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.    

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Athénaïs De Rincsen ♦ Ta seule véritable ennemie c’est toi.

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