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 Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »

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MessageSujet: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Mer 24 Oct - 22:52

Reagan Alexander Lewis


« So go ahead. Fall down. The world looks different from the ground. »

Rachel Hurd Wood © Tumblr



Identité


Je m'appelle Reagan Alexander Lewis mais on m'appelle Rea', Alex', Lex' ou Xander.. J'ai 36 ans, j'en fais 24. Je suis née le 27 Janvier à Miami et je suis américaine, avec des origines celtiques et suédoises. Je suis une sorcière pansexuelle et je suis Ancien Nettoyeur au Talamasca et médecin pour créatures surnaturelles ( et pour humain en guise de couverture ).

Capacité Spéciale ; Elle peut ressentir et "aspirer" l'énergie vitale autour d'elle. Elle n'exerce aucun contrôle sur son pouvoir, il se déclenche instinctivement quand le besoin s'en fait sentir... Un peu comme l'estomac dissout automatiquement les aliments à l'intérieur. Tout comme on ne peut pas s'empêcher de digérer, elle ne peut pas s'empêcher de capter l'énergie. Sa capacité se déclenche quand elle est blessée ou qu'elle est fatiguée. Son corps aspire l'énergie disponible pour se soigner, tenir plus longtemps sans dormir, ce genre de chose. Elle peut ainsi repousser légèrement les limites du corps humain : elle peut survivre à certaines situations, guérir de blessures graves sans séquelles, vieillir au ralenti ou plus simplement ne pas avoir de cicatrice.

Comme elle peut également ressentir l'énergie, cela lui permet de voir les fantômes et d'avoir conscience des éléments qui l'entourent, un peu comme un sixième sens qui lui indique les sources d'énergie. Si elle ne peut pas s'empêcher d'absorber l'énergie, elle peut cependant la transmettre dans autre chose - pour reprendre l'exemple de l'estomac, on ne peut pas s'empêcher de digérer mais on peut vomir - et ainsi accélérer légèrement la guérison ou ce genre de chose. Cette capacité l'aide beaucoup pour lier de la magie à un objet - au travers de rune par exemple.

L'aspect négatif de son pouvoir est qu'il la rend très sensible aux changements d'énergie autour d'elle. Elle aura tendance à déprimer dans un endroit "mort" et au contraire, sera très nerveuse dès qu'il y aura trop de monde. De plus, elle n'est pas empathique mais elle peut voir et se laisser influencer par l'état d'esprit des gens autour d'elle, ce qui est l'une des raisons pour laquelle elle cherche à s'isoler le plus possible. Une autre raison est qu'elle ne peut se retenir d'aspirer l'énergie, donc tout ce qui reste en contact prolongé avec elle aura tendance à être plus faible et à vieillir prématurément, sauf si Reagan redistribue l'énergie régulièrement, mais ce n'est jamais la même chose. Cela la rend également insomniaque et, en cas de trop grande concentration d'énergie, hyperactive.



Derrière l'écran


Pseudo ; Gryps. Âge ; 21 ans. Fréquence de connexion ; 7j/7 en geek style. Comment avez-vous connu le forum ? Google. Comment trouvez-vous le forum ? Huhu, j'ai hâte de me mettre au rp. Multicompte ? [ ]OH YEAH / [X]NO. Code ;
Spoiler:
 


Dernière édition par Reagan A. Lewis le Mer 24 Oct - 23:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Mer 24 Oct - 23:39


Histoire


« This is a place where I don't feel alone. This is a place where I feel at home... »

Un jour, mon père m'a dit que j'étais ce qui lui était arrivé de mieux dans sa vie. Il m'avait dit ça entre deux pièces de moteur qu'on était en train de bricoler à deux, les mains pleines de cambouis. Je me souviens avoir relevé la tête, un peu surprise par une telle déclaration que me forçait à sortir de ma concentration. Je me souviens de son sourire si fier et de son regard qui me faisait me sentir unique. J'avais passé le revers de ma main sur ma joue, étalant un peu plus la saleté sur ma peau pâle, et j'avais simplement répondu, en levant les yeux au ciel. « Passe-moi la clé de douze au lieu de dire n'importe quoi. »


Samantha appuya son front contre la surface froide de la table. Elle avait envie de fumer. Elle lança un regard noir à son ventre proéminent. Elle en avait marre de cette foutue grossesse. Elle n'avait jamais désiré d'enfant mais elle s'en était rendue compte bien trop tard et la seule chose qu'elle avait pu faire avait été d'appeler son amant de l'époque pour le faire rappliquer en vitesse. Il avait gueulé, beaucoup, mais sa mère à lui avait été dans le même cas, sauf que son père n'était pas revenu lui. Alors, il n'avait pas voulu infliger ça à sa progéniture. Elle soupira longuement.

Ce n'était même pas la sienne, de progéniture, du moins elle ne savait pas trop, elle l'avait appelé lui parce que c'était le seul qui était susceptible de revenir... et surtout, parce que c'était l'un des plus riches. Son père avait l'une des plus grandes entreprises d’ingénierie des USA, et il hériterait de toute sa fortune, ainsi que de l'entreprise en question... même s'il préférait de loin conduire les machines au lieu de les construire. Mais tout ça, il n'était pas prêt de le savoir. Elle avait pensé un instant que la grossesse et les hormones viendraient à bout de ses réticences d'être mère mais il n'y avait rien à faire, elle ne supportait pas l'idée que sa vie de débauche allait s'arrêter juste pour ça. D'un geste rageur, elle écarta son magasine posé sur la table et s'appuya contre le dossier de sa chaise. Ethan n'était pas là, il s'entretenait avec ses mécaniciens pour la prochaine course qu'il devait disputer la semaine prochaine... Se mettant précautionneusement sur ses pieds - ce truc pesait une tonne ! - elle prit la direction de la salle d'eau. Elle avait besoin d'un bain.

_______


« Poussez madame, poussez ! » « J'AI L'AIR D'ENFILER DES PERLES, CONNARD ? » Ethan n'était pas encore là, et il ne le serait pas avant longtemps. Il avait du partir disputer une course à l'autre bout du pays, on l'avait averti dès que le travail avait commencé mais le temps qu'il fasse le trajet, il en avait encore pour des heures. Il fallut plusieurs heures de travail supplémentaires à la future maman avant qu'enfin, le tendre enfant ne daigne sortir. Malgré les complications de l'accouchement, elle était en pleine forme et la mère était hors de danger. Deux heures plus tard, la carrure fluette italienne d'Ethan se précipitait dans les couloirs aseptisés de l'hôpital. Il embrassa rapidement le front de la nouvelle mère et porta automatiquement son attention sur le petit être qui gigotait dans le berceau. Avec un précaution presque risible, il prit le bébé dans ses bras - était-ce normal que ça soit si petit ? - et dévora du regard le visage de sa fille. « Bonjour Reagan. »

_______


Le temps passa. Une année, puis deux, puis l'âge de parler et de comprendre. Reagan se révéla curieuse, attentive, câline, cherchant l'attention de parents qui n'étaient pas toujours présents. Son papa était devenu riche grâce à toutes les victoires qu'il remportait, mais ça voulait aussi dire qu'il n'était pas très souvent là. Et sa mère... La plupart du temps, sa mère préférait l'ignorer. « Rea' ? Viens par là ma puce. » La petite fille leva des yeux contrariés vers son père. Ne voyait-il pas qu'elle était occupée à construire quelque chose de la plus haute importance et qu'il lui fallait toute sa concentration ? Seulement, on ne discutait pas avec papa, surtout quand il agitait un petit sachet de bonbon là, juste là, sous son nez, aussi accepta-t-elle de mettre de côté son œuvre quelques minutes pour grimper sur les genoux paternels. « Ma chérie, j'ai quelque chose à te dire... tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur. »

_______


De grands yeux clairs la dévisageaient avec insistance. Enfouie dans les bras de son père pour se pencher au-dessus du berceau, elle se demanda pourquoi on faisait autant de tapage pour une si petite bestiole. Elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde s'extasiait dessus, c'était rond, rouge, moche et ça ne jouait même pas à la gameboy. La petite fille fronça des sourcils contrariés quand Marshall attrapa son pied. Non vraiment, on lui avait dit qu'il faudrait qu'elle lui prête ses jouets mais comment espéraient-ils qu'il joue avec ses voitures s'il ne savait rien faire d'autre qu'agiter les bras n'importe comment ? Puis, un grand sourire édenté illumina le visage du poupon et Reagan se dit que ça n'avait pas d'importance.

_______


« NE ME PARLE PAS DE SACRIFICE ETHAN ! » Debout dans le couloir, Reagan n'osait plus bouger. Elle avait eu soif et elle avait voulu chercher un verre d'eau mais il était tard et la lumière de la cuisine était toujours allumée. De la pièce s'échappait des cris en colère. « J'ai donné CINQ ANS de ma vie pour élever tes gosses ! J'ai mis ma vis sociale de côté juste pour ça alors non, NE VIENS PAS ME PARLER DE SACRIFICE ! » Elle n'aimait pas quand ses parents criaient, ça lui faisait peur. Et ils criaient beaucoup en ce moment. Elle savait qu'elle devrait retourner dans son lit mais elle était paralysée. Tant pis. Elle n'aurait pas d'eau cette nuit.

La dispute reprit de plus belle. « TU TE FOUS DE MA GUEULE ? C'est TOI qui est venue me chercher ! Pas foutue de prendre ta saloperie de pillule ! ALORS NE VIENS PAS TE PLAINDRE, TOUT CA CE SONT TES CONNERIES, NE VIENS PAS ME METTRE CA SUR LE DOS. » Reagan recula, butta contre un meuble, faisant stopper la dispute un instant. La porte s'ouvrit, laissant apparaitre la silhouette de sa mère. « Qu'est-ce que tu fous là toi ? Retourne te coucher ! » Reagan détala ventre à terre et se réfugia sous ses couvertures, plaquant ses mains sur ses oreilles. En bas, la dispute continuait mais les voix étaient trop étouffées pour qu'elle puisse comprendre ce qu'il se disait. Pourtant, un cri, plus fort que les autres, cingla l'air et acheva de geler cette nuit d'été. « CE N'EST PAS TA FILLE ! » Reagan serra très fort ses petits doigts sur ses oreilles.

_______


Ce fut à peu près à ce moment-là que les choses commencèrent à déraper. L'ambiance se dégradait de jour en jour, son père partait de plus en plus longtemps et surtout, sa mère plongeait lentement mais sûrement dans l'alcool et la drogue. Et puis, elle devenait violente aussi. Au départ, c'était juste des cris. Puis, quelques baffes bien senties... dont la fréquence augmentait dangereusement. Alors, Reagan se réfugiait dans sa chambre. Depuis toute petite, elle avait des amis imaginaires. Ses parents trop occupés n'y avaient jamais fait trop attention, se disant que ça passerait avec l'âge, que c'était normal. Et puis, Reagan était sage et calme, mais surtout très observatrice. Alors, quand elle avait compris que le sujet dérangeait ses parents, elle n'en avait tout simplement pas reparlé. Elle ne leur mentait, s'ils posaient des questions, elle leur répondait bien volontiers mais elle ne faisait jamais le premier pas vers eux sur ce sujet. Se réfugiant dans un silence protecteur, elle commença lentement mais surement à s'isoler.

_______


« Papa, c'est quoi le Montana ? » Il s'était passé beaucoup de chose ces derniers jours. Tout était allé très vite, beaucoup trop vite pour une gamine de cinq ans. Il avait fallu faire des bagages, comme quand on partait en vacance ou quand elle accompagnait son papa quand il allait faire des courses sur les circuits loin. Et puis elle avait grimpé dans la voiture et s'était attachée, sans trop poser de question parce que son papa avait l'air assez occupé. Mais maintenant qu'ils avaient pris la route et que les piles de sa gameboy avaient rendu l'âme, les questions lui avaient brûlé les lèvres. « Et maman, pourquoi elle est pas venue ? » Seule la radio brisait le silence, passant une vieille chanson que Reagan connaissait assez bien. Quand elle comprit que son père ne répondrait pas à ses questions tout de suite, elle poussa un soupir sonore et regarda par la fenêtre. Ethan avait fini par voir les bleus qui marquaient le corps de la gamine et avait fini par se poser des questions. Jusqu'à se rendre à la conclusion inévitable. Il n'avait pas attendu très longtemps avant de prendre sa décision.



Je suis hypermnésique. C'est une maladie rare qui se traduit par une mémoire absolue et parfaite. Je me souviens de chaque détail de ma vie, de chaque seconde. C'est pratique parfois, mais cela a tendance à pourrir la vie de tous les jours. Je n'ai pas vraiment le sens de distance temporelle, pour moi hier ou il y a deux mois c'est exactement la même chose, ce qui me rend rancunière. Les autres pardonnent parce que leurs souvenirs s'effacent ou s'alternent. Les miens non. Pourtant, les souvenirs de ma petite enfance restent curieusement flous. Les gens mettent ça sur le dos d'un traumatisme et que mon esprit refoule les souvenirs douloureux. Bah, si ça peut leur faire plaisir. Je passais énormément de temps avec mon père à cette époque, à un tel point que je finissais par me cacher dans sa voiture quand il partait travailler pendant les vacances scolaires. J'adorais la présence des machines, des voitures, l'odeur de l'essence et du métal, à un tel point que dès que possible, il m'emmenait avec lui. J'étais une enfant sage, je ne posais pas de problème et les mécanos m'adoraient. Ce sont eux qui m'ont appris les premiers comment fonctionnaient une voiture, un moteur et tout le reste. Je n'avais jamais été malheureuse avec mon père, même quand on était parti et que ma mère n'avait jamais tenu à nous revoir, j'avais mon père et mon frère et ça me suffisait.


Levant ses grands yeux bleus vers la femme au large sourire, Reagan se demandait ce qu'elle faisait là. Au départ, elle avait dû voir cette femme pour qu'elle vérifie si elle était heureuse avec son papa et si sa maman ne lui manquait pas trop. Et puis, elle avait mentionné les coups et les blessures et il avait fallu la revoir. Après, elle avait mentionné son ami William, que les autres ne pouvaient pas voir, et les choses étaient devenues de plus en plus compliquées. Il avait fallu prendre des médicaments, qui la faisaient dormir toute la journée. La madame disait qu'elle faisait du ski - zoo - freine et qu'elle était malade et qu'il fallait qu'elle prenne des médicaments pour se soigner. Reagan ne l'aimait pas trop cette dame. Face à elle, elle se tenait pourtant très sage et faisait les jeux qu'elle lui demandait, et qui étaient trop facile pour son âge. Elle finit par soupirer.

Elle s'ennuyait. Et puis, quelque chose était venu perturber cette séance. « C'est qui la madame à côté de vous ? » La femme avait levé les yeux vers elle et l'avait fixé, avant de se mettre à gribouiller férocement sur son calepin. « Quelle femme ma puce ? » Elle n'aimait pas trop elle l'appelle ma puce. Ma puce, c'était son père. Il y eut un moment de silence pendant lequel Reagan semblait écouter quelque chose, ou quelqu'un en fixant le vide. Et puis, au bout d'un moment, la gamine planta son regard d'acier dans celui de la psychologue. « Votre maman m'a dit de vous dire que ce n'était pas grave si vous n'étiez pas là le jour où elle est morte, elle vous aime quand même et qu'il faut arrêter de vous en vouloir. » Reagan ne dut plus jamais prendre de médicament et ne revit plus jamais la psychologue.

_______


Les yeux fermés, le menton légèrement relevé, un courant d'air passant dans sa chevelure de feu, Reagan sourit mollement en savourant la caresse du soleil sur son visage. De là où elle était, elle avait une vue magnifique sur la vallée et sur le petit ranch où elle habitait, un peu en contrebas. D'une main douce, elle caressa l'encolure de son cheval. C'était l'une des raisons pour laquelle elle adorait le Montana, ça et les grands espaces à l'horizon lointain. Elle n'avait pas mis très longtemps à s'adapter à ce nouvel environnement, très loin de regretter l'activité grouillante de Miami. Déplaçant délicatement les rênes, elle remit son cheval au pas avec précaution et le fit retourner sur le sentier, avant de partir dans un galop régulier. Il lui sembla l'espace d'un instant saisir pleinement le concept de la liberté.

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« Reagan, tu te souviens toi, de maman ? » Allongée sur un skateboard sous la voiture, la demoiselle était occupée à bricoler quand son frère était venu taper la discut'. Elle s'était raidie à ses mots mais il n'avait pas pu le voir à son plus grand soulagement. Reagan détestait évoquer cette partie de sa vie. Il était encore très petit quand ils étaient partis et que leur mère avait refusé de les revoir et il n'avait aucun souvenir d'elle. « Tu m'as déjà posé la question une centaine de fois Marsh'. Oui je me souviens d'elle, mais pas très bien. J'étais jeune aussi. » Un grognement lui répondit, et cela l'irrita encore plus. L'adolescence n'était pas encore venue frapper à sa porte mais les premiers signes commençaient déjà à apparaître. « Écoute, maman, elle veut plus nous voir, ça sert à rien de refaire notre vie avec des "si". Elle ne veut pas de nous, elle nous a jamais désiré. Tu ferais mieux de passer à autre chose... et passe-moi le tournevis sur la table s'il-te-plait. »

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« QUOI ? Tu veux qu'on aille où ? » Ils venaient de finir le repas du soir et Ethan les avait retenu pour qu'ils discutent de quelque chose d'important. Les bras croisés, Reagan observait son père avec un air sceptique. La Californie ? Il était sérieux là ? Pinçant un peu les lèvres, elle ne savait pas trop quoi en penser. La Californie pour elle évoquait quelque chose de peuplé, avec du monde, du bruit et des hauts buildings. Elle n'était pas sûre d'aimer la nouvelle mais eh, ce n'était pas comme s'ils avaient le choix. « ... On part quand ? »

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Six mois plus tard, ils avaient fini d'emménager dans une villa luxueuse près de San Francisco. Ethan avait pris soin d'être un peu à l'écart pour ne pas faire de changement trop brutal pour les enfants, et comme ça Reagan avait pu garder son cheval dans une écurie un peu plus loin. Si une période d'adaptation fut nécessaire, l'attrait de la technologie et de l'activité rurale eurent raison des réticences des plus jeunes et ils trouvèrent rapidement leur place dans leur ville. Reagan partageait son temps entre les cours, le sport, la mécanique... et surtout à forger. C'était devenu l'une de ses passions préférées, aussi étrange que cela pouvait paraître. Elle pouvait passer des heures à marteler le fer rouge à l'aide de son marteau.

Elle secondait aussi son père le plus possible et adorait discuter moteur et voiture avec les mécaniciens qui bossaient avec son paternel. Indépendante jusqu'au bout des ongles, l'adolescence commençant à réclamer ses droits, la demoiselle passait plus de temps à courir les rues plutôt qu'à la maison. « J'adore t'entendre chanter. » Sursautant vivement, Reagan laissa tomber sa bobine de fil de fer et se tourna vers son frère. Il reprit la parole avant qu'elle ait eu le temps d'ouvrir la bouche. « Tu as une belle voix. Même les oiseaux s'arrêtent de chanter pour t'écouter. » Elle leva les yeux au ciel et renonça à râler. Elle adorait son petit frère et, alors qu'il retournait à ses devoirs, elle se remit à fredonner tout bas.

_______


Les cours étaient à peine finis quand son téléphone portable vibra furieusement, l'arrachant d'un fou rire avec ses copains de classe. Observant le nom de son père s'afficher sur l'écran, elle poussa un soupir sonore alors qu'elle s'écartait du groupe sur la plage pour répondre. « Allô ? » Une bonne demi-heure plus tard, elle se ruait dans les couloirs blancs de l'hôpital. Son frère avait eu un accident, une voiture l'avait fauché sur le trottoir. Un conducteur ivre apparemment. Elle s'en foutait. La seule chose qui comptait à présent était son père effondré sur le siège en plastique et l’attroupement des médecins qui luttaient pour garder son frère en vie. Deux heures plus tard, l'un d'eux sortit enfin du bloc opératoire, l'air préoccupé. Les oreilles dans du coton, elle eut du mal à saisir tout ce qu'il disait. Fait ce qu'ils ont pu. En vie. Mauvais état. Plus de jambe. Coma. Peu de chance qu'il se rétablisse. Au fond d'elle, Reagan sentit une part de son cœur mourir.

_______


Elle détestait les hôpitaux. Avec le temps, elle avait fini par comprendre qu'elle voyait les morts même si elle n'en avait parlé à personne. Alors ici, entre tous ces murs blancs, il était difficile de distinguer qui était vivant de qui ne l'était plus. D'un geste machinal, elle salua l'infirmière à l'accueil, qui ne lui accorda pas un regard. Elle grimpa deux étages, se fit arrêter par une aide soignante donc elle se débarrassa d'un regard vide et marcha encore un peu pour arriver devant une porte bleue. Elle ferma les yeux et soupira avant d'ouvrir. La chambre était vide, blanche, et froide. Rien ne bougeait, tout était figé, à part les nuages qui défilaient derrière la fenêtre. Attrapant la seule chaise de la chambre pour l'approcher du lit et s'y asseoir, elle ferma encore les yeux, et tendit une main pour attraper celle qui repose, décharné sur le lit. « Hey. » Elle n'attendait pas vraiment de réponse. Elle posa ses yeux vides sur la main trop fine qu'elle gardait entre ses doigts.

Main trop fine, trop pâle dont les veines bleues ressortaient trop. Elle l'entoura doucement, parce qu'elle avait peur de la casser. Elle remonta le long du poignet de verre et longea le bras allumette, troué par la perfusion. Elle s'arrêta sur l'épaule osseuse qu'elle devinait sous la chemise trop grande qui le recouvrait, qui lui allait pourtant à son arrivé ici. Elle continua son exploration jusqu'au cou, et suivit la mâchoire pour regarder enfin son visage. « Tu sais... » Son visage tourné vers la fenêtre, elle observait difficilement les nuages passer dans le ciel gris de novembre. « Je... » Elle soupira et se mit à lui parler. De tout, de rien, de sa vie, de leur père, de ses amis, des cours. Et de ces rêves.

Reagan avait toujours fait des rêves étranges et pleins d'aventures loufoques. Elle adorait rêver, même si elle ne dormait pas beaucoup. Mais récemment, ses rêves avaient pris une direction tout autre. « J'aimerai bien que tu reviennes... » Des rêves où ils sont de nouveau ensemble. « C'est dur à la maison sans toi. » Où elle sourit à nouveau. « Papa déprime... je déprime. » Où son père espère à nouveau. « Et j'aime pas venir ici. » Reagan lui raconta tout, par ce qu'il le fallait, selon elle, pour elle, pour eux. Et à ce moment, l'infirmière arriva, les visites étaient terminées. Alors Reagan se leva et l'embrassa sur le front. « À demain... » Sauf que ce soir, elle l'avait senti, il n'y aurait pas de demain. Elle avait senti que demain, cette chambre serait vraiment vide. Elle avait senti qu'il avait entendu sa dernière phrase. Reagan n'aura pas à revenir à l'hôpital. Et plus jamais quelqu'un ne l'entendit chanter.

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Sur le pas de la porte, Reagan agitait encore la main quand la voiture disparut à l'horizon. Marshall était mort depuis plusieurs mois, et ils commençaient doucement à reprendre le dessus. Bizarrement, elle ne l'avait pas revu, même sous forme de fantôme. Sans doute son âme était-elle partie paisiblement et qu'il n'avait pas besoin de faire ses adieux. Le médecin qui s'était occupé de lui revenait souvent manger le soir à la maison, avec Erik, son fils. Sa femme était décédée à la suite d'un accident de voiture elle aussi, alors les deux familles s'étaient rapprochées. Et même... un peu beaucoup. « Papa ? » La porte se referma doucement alors que Reagan plantait son regard d'acier dans le sien. « Oui ma puce ? » La jeune fille poussa un profond soupir. « Est-ce que tu es gay ? »

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Allongée sur son lit, Reagan digérait encore la discussion qu'elle avait eu avec son père le soir-même. Le soir où elle avait appris qu'il était bisexuel. Bon, ça ce n'était pas un problème, elle l'était aussi et l'assumait pleinement. Mais il lui avait aussi parlé de son passé, d'avant sa naissance. Quand il se tapait à peu près tout ce qui bougeait comme tout bon jeune adulte. Quand il avait enfin trouvé l'amour en la compagnie d'un autre homme, atteint d'un cancer. Quand Samantha l'avait appelé pour lui annoncer sa grossesse. Quand il n'avait pas eu le cœur de l'avouer à son compagnon et où il s'était enfui une nuit sans donner la moindre nouvelle. Quand il s'était enfin décidé à lui écrire une lettre pour tout lui expliquer, la lettre lui était revenue avec un mot expliquant qu'il était mort deux semaines plus tôt des suites de sa maladie. Cela avait été une longue discussion. Se redressant, Reagan finit par s'échapper par la fenêtre de sa chambre et retourna dans sa forge. Elle avait besoin de penser à autre chose.

_______


Un bâillement sonore troubla le silence pesant de la plaine désertique. Reagan posa un regard encore empreint de sommeil sur l'horizon lointain. Le Soleil n'était pas encore tout à fait levé, et le ciel avait encore les mêmes tons orangés que les terres arides d'Arizona. Elle jeta un coup d’œil aux chevaux qui somnolaient, debout sur leurs quatre jambes. Erik aussi dormait du sommeil du juste. Ils avaient veillé tard hier soir, malgré la longue journée qu'ils avaient eu, et Reagan n'était debout que grâce à son besoin très réduit de sommeil. Elle récupérait vite. S'étirant de tout son long, elle décida de préparer machinalement le petit-déjeuné.

Ce roadtrip à cheval était une idée d'Erik à la base, c'était lui qui avait insisté pour l'emmener retrouver les grands espaces qui manquaient tant à Reagan. Son père lui manquait mais elle avait toujours eu besoin de sa liberté. Elle s'était tout de suite entendue avec Marc, qui s'était rapidement imposé en tant que deuxième père doux, calme et attentif. Rien de comparable avec son italien de père biologique. Avec Erik, les choses avaient été un peu plus compliqué. Pas à cause de son caractère non, c'était une véritable crème, mais l'idée d'avoir un nouveau frère était toujours douloureuse pour Reagan. Ce petit voyage avait pour but de changer les idées de la jeune fille et de les rapprocher... et le plan fonctionnait à merveille.

_______


« REAGAN ARRÊTE ! Ça suffit ! » Un cri déchirant retentit dans l'air, alors que la jeune fille se débattait comme un beau diable pour échapper à la poigne de son beau-père. « Reagan, je t'en supplie... C'est fini, il est parti... » De violents sanglots secouèrent les épaules de la jeune fille, ses genoux cédant sous son poids. Ses oreilles bourdonnaient, elle n'entendait plus rien, ses poings martelant sans force le torse du chirurgien. « Non... C'est pas vrai, il a pas pu me laisser... » Les sanglots faiblirent mais ne s'arrêtèrent pas, Reagan s'accrochant à présent violemment à la chemise de l'adulte. « Papa, j't'en prie, reviens... »

_______


Reagan repoussa d'un geste rageur les plans éparpillés sur son bureau avant de se prendre la tête dans les mains. Dans l'encadrement de la porte, Marc observait la fille de son défunt compagnon sombrer sans parvenir à lui sortir la tête de l'eau. « J'comprends pas Marc... J'comprends pas... » Soupirant, l'homme alla ramasser les feuilles de papier noircies d'encre noire représentant des schémas compliqués. Les plans de la voiture de son père, qui avait brusquement lâché et qui était responsable de son accident. Cela faisait deux semaines que Reagan s'était plongée dans ses plans, cherchant l'élément responsable. Mais rien, elle ne trouvait rien. « Pourquoi Marc ? » Et sans cesse la même question. « Pourquoi... » Qui au fond, n'en était même plus une. Marc serra très fort les poings.

_______


« Vous ne pouvez pas faire ça ! » La voix était scandalisée. Assise sur une chaise, le regard morne de Reagan restait obstinément fixé sur la table devant elle. « Je suis navré Monsieur mais c'est la loi. » Elle ne réagit pas quand la haute stature d'Erik lui fit de l'ombre, s'interposant entre le policier et la jeune fille. « Mais enfin c'est ridicule ! Elle ne veut même plus la voir ! » C'est qu'ils étaient bruyants. Reagan grimaça à peine, elle n'aimait pas le bruit. Péniblement, elle fit un effort pour lever un regard vide sur l'agent des forces de l'ordre qui frémit doucement. « ... Mais vous n'êtes pas son père. Et comme elle n'est pas majeure, elle doit donc retourner vivre chez sa mère biologique. » Elle rabaissa la tête sans énergie, ignorant le regard de pitié que posait sur elle le policier. Elle s'en foutait de sa pitié.



Avec le recul, je regrette mon comportement à ce moment-là. J'ai passé des heures à me demander ce qu'il se serait passé si je m'étais énervée, si je m'étais battue bec et ongle pour rester avec Marc et Erik. Mais non, je n'avais plus la force, plus l'énergie, plus la volonté de me lever et de me battre. La mort de mon père m'avait véritablement anéantie. Alors, j'ai simplement courbé la tête, j'ai accepté mon sort parce que je n'avais pas le choix et je me suis laissée porter par le courant sans nager contre. Je n'avais pas envie de me rebeller contre la société. Je crois qu'au fond, je voulais juste mourir.


« Bon, alors écoutes-moi bien. Ni toi ni moi n'avons envie de cette cohabitation alors voilà ce qu'on va faire. » Elle ne savait pas si c'était le voyage, le fait de faire ses valises ou de voir les visages de sa vraie famille mais elle avait retrouvé assez d'énergie pour haïr le monde entier. Elle s'était préparée à déverser son flot de ressentiment sur sa mère, mais son regard blasé lui avait coupé les jambes, alors qu'elle l'attendait mollement à l'aéroport la clope au bec. « Tu fais ce que tu veux je m'occupe pas de toi. En échange, tu m'attires pas d'ennui et je ne veux pas être impliquée dans AUCUNE de tes histoires. Deal ? » Ouais, elle s'était attendue à pouvoir dégueuler sur elle toute sa douleur. Mais elle s'était également attendue à ce que sa mère réponde au moins à sa colère. Elle venait de découvrir qu'il y avait pire que la haine. Il y avait l'indifférence. « ... Deal. »

_______


Assise au bord d'un toit d'un immeuble quelconque, Reagan tirait machinalement sur sa clope. La fumée formait de voluptueuses courbes qui allaient se perdre dans la pollution de la ville. D'ici, elle pouvait voir l'horizon et les frontières de Manhattan. C'était toujours mieux que de le bout de la rue. Elle qui n'avait jamais vraiment aimé les espaces étroits, elle avait bien dû s'y mettre à New York, là où vivait sa mère. Enfin, mère... elle ne la voyait quasiment jamais. Elle avait tenu sa promesse, elle ne lui imposait aucune contrainte, elle rentrait quand elle voulait, mangeait ce qu'elle voulait, faisait ce qu'elle voulait. Vu la fortune que lui avait légué son père, elle n'avait même pas besoin de lui réclamer de l'argent. Même si l'héritage était bloqué jusqu'à sa majorité, elle avait réussi à s'entendre avec Marc pour qu'il gère cet aspect... et puis, elle n'était pas très dépensière de toute façon. En échange, elle se tenait à carreaux - ou ne se faisait jamais prendre - pour que sa mère n'entende pas parler d'elle. Bon, parfois elles devaient bien être ensemble, parce qu'étant mineure Reagan avait parfois besoin de son représentant légal, mais ça s'arrêtait là.

C'était pour retrouver son horizon qu'elle s'était mise au parkour et au free running, ces disciplines qui apprenaient à aller d'un point à un autre le plus rapidement possible en milieu urbain. Elle ne regarda pas sa montre - à quoi bon, personne ne l'attendait à la "maison" - et appuya son dos contre le mur derrière. Elle étouffait ici. Elle avait besoin d'espace. Et puis, la plage lui manquait. Elle passait toutes ses vacances chez Marc mais il y avait bien un moment où il fallait rentrer... En plus de cela, elle avait changé. Plus cynique, plus sombre, silencieuse. Elle avait dû surmonter la mort de son père seule dans son coin et elle avait léché ses blessures sans l'aide de personne. Mais ça avait laissé des cicatrices... et elles étaient visibles. Dans sa poche, son portable vibra doucement, et elle coinça sa clope dans sa bouche pour l'extirper de sa prison de tissu. Un message. Yo. J'm'emmerde, mes parents sont pas là. Tu prends ton ordi, on commande des pizzas et on se fait une soirée geek ? Reagan sourit vaguement et prit le temps de s'étirer longuement avant de répondre. J'arrive.

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La main crispée sur le papier de bonne qualité, Reagan parcourait la lettre d'un regard fébrile. Elle trouva rapidement ce qu'elle cherchait mais bizarrement, le nœud dans son estomac ne se calma pas. Au bout de quelques instants, sa mère leva les yeux de son journal et les posa sur sa fille. « Alors ? » Reagan quitta la lettre du regard pour observer sa mère. Ses yeux bleu étaient en proie au doute, à l'indécision. Après tout, c'était son avenir qui se jouait à cet instant précis. « Je suis acceptée à Harvard. » Elle aurait aimé que Marc soit là. Qu'il lui parle, qu'il la conseille, qu'il la prenne dans ses bras pour la féliciter, qu'ils fêtent ça tous ensemble, qu'il l'encourage et qu'il lui dise qu'elle prenait la bonne décision. Mais Samantha, remarquant l'interrogation de sa fille, se contenta de hocher les épaules d'un air blasé. « Fais ce que tu veux. »

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Elle n'avait pas pris le temps de se faire de nouveaux amis à New York. Elle avait bien deux ou trois copains, mais elle avait estimé que le temps et l'énergie qu'elle aurait dû passer pour renforcer les liens d'amitié étaient trop importants par rapport aux avantages que cela aurait pu lui procurer. Vraiment rien ne la retenait à New York alors, après avoir annoncé la nouvelle à Marc, elle avait rapidement rassemblé ses affaires et elle avait emménagé le plus tôt possible à Cambridge, dans le Massachusetts. Elle s'était attendue à ressentir quelque chose dans son nouvel environnement. Chaque déménagement avait réveillé un sentiment en particulier mais là, rien. Le vide total. Peut-être parce qu'elle ne s'était jamais vraiment attachée à Manhattan. Ou plus simplement parce qu'ici ou ailleurs, elle n'avait pas de racine. Soupirant, elle ouvrit un carton et commença à sortir ses livres. Puisqu'elle n'avait rien de mieux à faire, autant se mettre à réviser tout de suite.

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« Hey ! T'es nouvelle ici ? Je t'ai jamais vu ! » Levant le nez de son emploi du temps, Reagan observa d'un air surpris le jeune homme qui lui faisait face. Elle avait toujours eu plusieurs années d'avance sur le cursus scolaire, mais lui avait sensiblement le même âge. Il avait des yeux d'un bleu intense et elle sut qu'elle aurait dû le reconnaitre, qu'elle l'avait vu quelque part, dans un article ou autre. « Euh je... Oui. C'est ma première année ici... » Lui offrant un sourire éblouissant, le jeune homme lui tendit la main pour se présenter. « J'm'appelle Hunter. Hunter Owens. » Elle hésita un moment avant de saisir sa main tendue. « Reagan. Reagan Lewis. »



Je crois que c'est Hunter qui m'a redonné le sourire et qui m'a réappris à vivre. C'est lui qui m'embarquait dans les soirées étudiantes, qui m'a aidé à m'intégrer. Bon, c'est lui aussi qui m'aidait quand j'étais à la ramasse dans mes cours parce que j'avais passé une semaine trop arrosée, mais il me devait bien ça. Il avait un an d'avance sur moi et on est rapidement devenu inséparables, du moins pendant nos études. Son père était l'un des plus grands chirurgiens du monde, c'était un génie et Hunter montrait toutes les qualités pour suivre ses traces. C'est grâce à lui que j'ai pu faire mes stages dans les plus grands hôpitaux aussi. J'ai vite fait mes preuves et grâce à Hunt', j'ai tout aussi rapidement gravi les échelons et eut une place importante, avec le salaire insolent qui l'accompagnait. J'avais pas besoin d'argent, vue la fortune que m'avait légué mon père, mais j'étais fière de bien gagné ma vie. Ça a duré un temps, jusqu'à ce que l'horizon me rappelle plus loin.


Reagan grimpa rapidement les marches qui menaient à la porte d'entrée, avant de sonner machinalement. Elle n'avait que très peu de contact à présent avec sa mère. Mais il arrivait que, parfois, pour des raisons d'ordre juridique ou administratif, elle devait faire le déplacement pour aller la voir. Elle patienta quelques instants, avant que des éclats de voix ne lui parviennent provenant de l'intérieur de la bâtisse. Fronçant les sourcils, elle ouvrit la porte qui n'était pas verrouillée et pénétra à l'intérieur, se demandant bien ce qui était en train de se passer. « ... dû nous en parler... ... important... ... famille ! Même si... ... disparu... ... ton devoir de nous avertir ! » Et ça allait continuer encore longtemps si Reagan n'était pas apparue dans la pièce, la tête haute.

« Tout va bien ici ? » Elle dévisagea une à une les personnes présentes dans la pièce. « J'ai pris la liberté d'entrer, comme j'ai entendu du bruit... » Il y avait un homme, un grand type baraqué à la mâchoire carrée. Les deux autres personnes avaient dépassé le demi-siècle et leurs visages lui évoquaient vaguement quelque chose. Et toute leur attention était braquée sur elle, d'une façon assez insistante. A quoi rimait ce petit manège ? Ce fut sa mère qui brisa le silence la première. « C'est bon, tout va bien. Tu viens récupérer tes papiers ? » Reagan hocha machinalement la tête. Elle se fichait bien de qui ces gens étaient et ce qu'ils voulaient à sa mère, ce n'était pas elle qui allait se mêler de ses affaires. « Bonsoir Reagan... Tu as vu ça Charles ? C'est incroyable ce qu'elle peut lui ressembler ! » La demoiselle arqua un sourcil. « Excusez-moi. On s'connait ? » La dame planta un regard d'acier trempé dans celui de la même couleur de la jeune fille. « Non, pas vraiment. Je suis ta grand-mère. »

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Assise dans le canapé, Reagan observait la table basse, abasourdie. L'objet, qui venait de s'animer par pur miracle, gisait à présent inanimé sur le bois d'un air presque arrogant après avoir bafoué toutes les règles de la physique. « Mais... comment ? » Reagan n'avait jamais été très loquace, mais c'était de pire en pire. « La magie mon petit, je te l'ai dit. Je sais que c'est difficile à croire pour quelqu'un qui a toujours vécu dans un monde de... technologie, mais la magie existe. Nous sommes tous sorciers ans la famille - sauf ta mère, il arrive que cela saute une génération - mais je te l'assure, et je suis sûre que toi-même tu pourr- » « Je peux voir les gens qui sont morts. » la coupa-t-elle dans son élan. C'était probablement la première fois qu'elle l'avouait à quelqu'un. Même Hunter ne savait rien de tout cela. Les yeux fixés sur la silhouette en face d'elle, Reagan étudiait les réactions de sa grand-mère. Elle fut surprise de voir un sourire ravi étirer ses lèvres. « Nous avons perdu tellement de temps... ! Reagan, il faut que tu reviennes avec nous en Suède. Ton don est précieux... il faut que tu apprennes à le maitriser. »

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« J'vais partir, Hunt'. » Assise du côté passager, ils revenaient tout juste d'une exposition de voiture de luxe, et Hunter testait sa nouvelle acquisition en caressant du bout de l'aiguille les chiffres vertigineux du tableau de bord. Cela faisait maintenant deux mois qu'elle avait appris l'existence de la magie et elle n'en avait pas soufflé un mot à qui que ce soit. Reagan avait le coude négligemment posé sur le rebord du carreau, un regard rêveur posé sur l'extérieur. Hunter lui, ne répondit rien, se contentant de resserrer ses mains sur le volant. Il savait que cela devait arriver, il la connaissait bien, il avait reconnu son regard distant et préoccupé ces dernières semaines. Cela faisait un moment qu'elle évoquait la possibilité de s'en aller, mais cette fois-ci, il savait qu'il n'arriverai pas à la retenir. Le signe le plus évident était qu'elle n'avait pas acheté la toute dernière Porsche flambant neuve qui lui avait fait de l’œil toute la durée de l'exposition.

Pour que Reagan aille dans un salon sans en ressortir avec au moins une ou deux nouvelles voitures, c'est que quelque chose se tramait. Si Reagan n'avait pas fait médecine, il était fort probable qu'elle serait devenue ingénieure. « Je... Je dois aller en Suède. J'ai besoin de savoir d'où je viens. Je ne sais pas quand je pourrais rentrer mais... » Mais il fallait qu'elle y aille. Il savait qu'elle ne lui disait pas tout, mais il l'aimait trop pour lui poser plus de question. La gorge serré, Hunter avala sa salive. Il aurait tant aimé partir avec elle. Mais c'était impossible et il le savait. Elle n'aurait pas voulu de lui, de toute façon. « Promets-moi que tu reviendras, peu importe ce qu'il se passe. » Elle posa une main sur son genoux pour le lui serrer doucement. Ils étaient proches tous les deux. Pas des amants, mais plus que des meilleurs amis. « Je te le promets. » Le lendemain, sa chambre était vide.

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« ... Voilà doucement... parfait, agite encore un peu... c'est bon, maintenant tu peux y aller plus franchement, ça ne peut plus exploser. » Concentrée sur sa tâche, Reagan écoutait d'une oreille distraite les recommandations de sa grand-mère assise à ses côtés. Cela faisait plusieurs mois qu'elle était en apprentissage de la magie, et pourtant elle trouvait encore la scène totalement surréaliste. Si on lui avait dit il y avait quelques mois qu'elle finirait par faire des potions magiques entre deux cours d'incantation et de sortilège, elle aurait prescrit une ordonnance pour l'hôpital psychiatrique le plus proche au malheureux. Et pourtant, elle était là, achevant de verser la poudre d'os de lycan dans sa mixture en remuant doucement. Elle était bonne cuisinière et les labos de chimie n'avaient plus aucun secret pour elle, alors elle s'y retrouvait parfaitement là-dedans, mais tout de même. C'était une potion magique. Elle rajouta encore les derniers ingrédients dans le récipient avant de pouvoir enfin le retirer du feu et verser le liquide argenté dans un flacon non loin de là.

« Bien... Bien ! C'est parfait ! Tu es très douée ! » Une fois certaine qu'elle n'avait rien oublié, Reagan quitta des yeux le plan de travail pour observer la vieille dame. Elle le lui avait déjà dit qu'elle ne faisait que suivre une recette ou des instructions opératoires mais il n'y avait rien à faire, sa grand-mère avait toujours des étoiles dans les yeux en observant les progrès rapides de sa petite-fille. Se laissant aller sur le dossier de sa chaise, cette dernière s'étira de tout son long en faisant craquer ses vertèbres. « Il y a quelque chose de prévu pour ce soir ? » La magie étant parfois soumise au caprice de la Lune ou du calendrier, il n'était pas rare qu'ils doivent s'activer toute la nuit pour réaliser tel ou tel sortilège. Avec un air malicieux, Adèle - c'était ainsi que sa grand-mère s'appelait - lui souffla joyeusement. « Ce soir, on fête son arrivée dans la famille ! Et... on te présente aux chasseurs. »

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Accroupie sur une branche, Reagan avait les muscles tendus, la respiration erratique. Les mitaines couvrant à demi ses mains la protéger des plus grosses coupures, et sa capacité à guérir plus rapidement que les autres se chargeait de repousser d'éventuelles échardes. Elle n'avait pas l'habitude de devoir bouger en terrain boisé ainsi. Autant en ville elle pouvait grimper sur les toits et escalader des immeubles plus rapidement que quiconque, autant elle n'avait jamais eu l'occasion de s'exercer véritablement dans les arbres. En forêt, elle préférait faire de la motocross ou du quad, beaucoup plus dangereux. Ou alors, elle allait plonger du haut des falaises après les avoir durement escalader sans harnais bref, Reagan était une amatrice des sensations fortes, et sa fortune lui permettait d'assurer tous ses caprices. Mais là, c'était différent.

Il y avait trop de choses vivantes autour d'elle pour qu'elle puisse noter précisément les changements d'énergie qui l'entouraient. C'était aussi une partie de son apprentissage, réussir à maitriser son don... ce qu'elle n'avait jamais cherché à faire, et qui donc avait tendance à n'en faire qu'à sa tête. Vidant l'air de ses poumons pour prendre une inspiration plus profonde, elle finit par s'élancer pour attraper la branche en face et grimpa dessus avec l'agilité d'un chat. Elle avait un peu besoin de s'isoler pour mettre les choses au clair dans son esprit, alors elle avait prétexté une reconnaissance des lieux pour s'éloigner. D'ici, elle avait un bon point de vue sur la forêt autour d'elle, et elle profita d'un des rares moments de sérénité depuis quelques mois. Elle vivait un train de vie infernal, partageant son temps entre sortilèges, potions, magie et depuis quelques temps, un entrainement physique rigoureux.

Sa famille était spécialisée dans la chasse aux vampires - parce que oui, il y avait des vampires - de loups-garous - sérieusement ? - et de toutes sortes de créatures surnaturelles. Les CESS comme ils les appelaient. Reagan n'avait jamais eu pour vocation de tuer ou de blesser - elle était médecin après tout - mais ils avaient su réveiller en elle toute la rancœur qu'elle avait pu accumulée dans sa vie sans réussir à l'extérioriser. La mort de son frère, de son père. La violence de sa mère, son indifférence. Son absence de "chez-moi", dû aux déménagements trop fréquents et aux voyages trop lointains. Et puis, sa famille avait une petit renommée dans le milieu, et les gens étaient prêts à payer des sommes astronomiques pour se venger d'un vampire qui aurait assassiné quelqu'un de proche. Elle avait fini par s'y faire, mais honnêtement, elle avait encore du mal avec ça. Passant une main sur son visage, elle se demanda brusquement dans quel pétrin elle s'était encore fourrée et comment elle allait bien pouvoir faire pour s'en sortir.

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Reagan s'agita nerveusement sur le trottoir, consultant sa montre pour la énième fois. Son cousin regardait attentivement autour de lui, sans manifester d'impatience mais elle pouvait sentir en lui sa crispation. Ses doigts se mirent à pianoter sur le tissu rigide de la valise qu'elle transportait et qui contenait les armes qu'elle avait pour habitude d'utiliser pendant la chasse. Reagan avait réussi à négocier pour retourner aux États-Unis. Étant donné que l'activité des CESS était un peu plus importante qu'en Europe, cela n'avait pas été réellement très difficile de les convaincre. Et puis, tout le monde avait envie de changer d'air de toute façon, et Reagan ne supportait pas rester trop longtemps au même endroit. Dès que le taxi se gara le long du trottoir, ils chargèrent le véhicule et allèrent directement dans l'ancienne maison de la jeune fille qu'elle avait tenu à garder. Cependant, certaines petites modifications s'imposaient...

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« EST-CE QUE TU TE FOUS DE MA GUEULE REAGAN ? RÉPONDS ! » De colère, Hunter s'était levé et dévisageait à présent sa meilleure amie. Tous deux avaient du sang jusqu'aux coudes et sur la chemise, et Reagan présentait elle-même des blessures mineures sur tout le corps. Bah, ça se soignerait bien assez vite. La demoiselle se passa ses mains dans ses cheveux, se souciant peu de rougir davantage sa chevelure de feu. Elle n'était pas à ça près maintenant. Dans la pièce voisine, Hunter respirait lentement, allongé sur la table de la cuisine. Il avait refusé d'aller à l'hôpital bien entendu, ses blessures étaient trop particulières pour pouvoir les expliquer à un personnel médical. C'était Reagan qui s'était chargée de le soigner, du moins au début, avant qu'Hunter se pointe et ne lui vienne en aide. Et après, il avait bien dû lui fournir des explications.

« Tu CHASSES des gens maintenant ? Mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait en Suède ! Tu es MÉDECIN bordel ! Ton boulot c'est de SOIGNER, pas l'inverse ! Est-ce que tu as totalement oublié ce qu'on t'a appris ? Et ton serment d’Hippocrate ? Et toutes les vies que tu as s- » « Ferme-la Hunter, ok ? FERME-LA ! T'as pas à me faire la moral, je t'ai rien demandé ! » C'était peut-être la première fois qu'ils se disputaient. Ce fut à ce moment-là que Reagan prit pleinement conscience d'à quel point sa vie avait changé. Avant, c'était en Suède, elle pouvait faire passer cela pour une parenthèse dans sa vie. Plus maintenant. Pas après qu'Hunter ait porté sur elle ce regard d'incompréhension et de douleur, comme s'il ne reconnaissait plus la personne en face de lui. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase et les nerfs déjà à vif de Rea' cédèrent et elle s'abandonna à la colère. Cela dura longtemps. Jusqu'à ce qu'Hunter parte en claquant la porte et que les pneus de sa voiture ne crissent sur le gravier.

Reagan poussa un hurlement de rage et donna un violent coup de pied dans un meuble. Elle était en colère contre le monde. Et pourtant, plus que de la colère, c'était une affreuse douleur qui lui vrillait les côtes, la sensation d'une profonde déchirure. Avec Hunter d'abord, et avec elle-même ensuite. Elle avait laissé la Reagan d'Hunter, la Reagan médecin mourir en même temps que ses sacrifices sur les autels suédois. Elle s'était sacrifiée elle-même pour entrer dans un moule, pour se sentir enfin entière, pour avoir l'impression d'appartenir à une famille, à un endroit, parce que c'était ce qu'on attendait d'elle, tout simplement. Glissant sur ses genoux, elle finit par fondre en larme sur le sol de sa maison trop grande.



Hunter avait toujours été ma joie de vivre, ma bonne humeur, la raison pour laquelle je ne ronchonnais pas le matin en me levant. De la même manière qu'il m'avait rendu le sourire à mon arrivée à Harvard, il l'avait repris en partant ce soir-là. Je n'ai jamais essayé de le rattraper. Je regrette de ne pas pouvoir le faire, mais je ne voulais pas le mêler à mes affaires surnaturelles, je ne voulais pas lui infliger ça. Alors, je l'ai laissé partir, comme j'ai laissé partir ma vie d'avant. C'en est suivi l'un des pans de ma vie les plus sombres. Je crois que je n'avais jamais été aussi mal dans ma peau, en partie parce que j'étais seule. Je n'avais jamais réussi à me confier à mon cousin. Alors, je me suis simplement refermée sur moi-même sans chercher à me battre contre ma solitude.


Quand Reagan reprit conscience, elle avait mal absolument partout. Elle devait être tombée quelque part, parce qu'elle avait le goût ferreux du sang sur les lèvres et quelque chose de froid qui lui barrait le visage. Au prix d'un effort surhumain, elle gémit et commença à ouvrir les yeux. Il faisait encore nuit, mais la lumière du réverbère non loin de là la força à plisser les yeux. Ses oreilles bourdonnaient. Elle avait mal au crâne. Tout son corps protestait à chaque mouvement. Sa vision mit du temps à s'adapter. « Ne bougez pas. Vous êtes blessée et vous avez perdu beaucoup de sang. » Le son de la voix inconnu la tira un peu plus de son inconscience. Quelqu'un était penché sur elle et l'observait avec un air visiblement inquiet. Elle était allongée sur le dos et elle pouvait sentir la texture rugueuse du macadam sous ses doigts. Ce ne fut que lorsqu'elle voulut ouvrir la bouche pour parler qu'elle se rendit compte qu'elle avait déjà la bouche ouverte et que la chose froide sur son visage était enfoncée dedans.

Son cerveau mit du temps à analyser et à comprendre l'informatique. Doucement, elle avala sa salive, et le sang dans sa bouche aussi. Sang qui revient aussitôt remplir sa cavité buccale. Elle s'était coupée la langue ou... ? Elle mit un moment à réaliser que l'homme penché sur elle était un vampire, que la chose froide sur son visage était son bras et que le sang qu'elle avalait depuis tout à l'heure n'était pas le sien. Repoussant violemment - enfin, aussi violemment qu'elle pouvait le faire dans cet état - le bras de l'inconnu, elle se mit à crachoter inutilement pour rejeter tout ce qu'elle pouvait avant de reculer aussi loin que possible. Sa main se porta instinctivement à l'endroit où elle mettait son arme d'habitude ou son pieu, mais il ne restait plus rien dans ses poches.

En face d'elle, l'homme l'observait d'un air amusé, nullement inquiet face au potentiel danger qu'aurait pu représenter la jeune fille. Sauf que voilà, la jeune fille était clairement en situation d'infériorité. « Allons, cessez de vous agiter. Je ne vous veux aucun mal. » Et elle était censée le croire ? Elle mit un moment avant de se calmer. Profitant du fait que le monsieur ne bouge pas, elle remit de l'ordre dans ses pensées. S'il avait voulu la tuer ou la mordre, il n'aurait pas pris la peine de la soigner. Si elle n'avait plus ses armes, c'était parce qu'on l'avait attaqué avant et qu'elle les avait perdu dans le combat. Elle ne savait pas comment elle s'en était sortie vu qu'aux dernières nouvelles, ses assaillants l'avaient assommé mais l'inconnu devait y être pour quelque chose. Elle lança un regard venimeux au représentant de cette race qu'on lui avait appris à détester. « Je m'appelle Wilhem. Ravi de faire votre connaissance. »

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Il lui avait saisit le poignet et l'avait durement ramené contre son torse. Sans poser de question, son visage blanc entre ses mains, Wilhem avait cueillit ses lèvres, longuement. Reagan ne l'avait pas repoussé, il ne s'en sentait que mieux. Les choses s'étaient déroulée vite, mais naturellement, et la nuit qui vint, il l'avait allongé sur son lit. A cette époque, elle n'avait pas pensé à son cousin, qui l'attendait, ni à leur chasse à l'homme qu'elle ne cessait de repousser. Non. Ce soir là, elle s'était réservée pour l'homme envers lequel elle avait éprouvé tant de sentiments. Bien entendu, la presque trahison à laquelle elle s'adonnait lui avait tordu les entrailles de remords, elle affectionnait son cousin comme on affectionnait un ami mais ne pouvait plus aller chasser avec lui que par devoir - celui de gommer tout soupçon. En attendant, elle se perdit dans les bras vampiriques qui l'étreignaient et repoussa toutes ses questions à plus tard.

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« Je vais quitter ma famille. » Le menton dans l'alcôve du cou blanc de Wilhem, elle avait les yeux ouverts. Une main emprisonnait l'une de ses épaules, qu'elle caressait sans s'en rendre compte. Elle se redressa sur l'un de ses coudes afin de lui appesantir un regard grave. Il l'observait déjà, les lèvres entrouvertes. Elle ne l'embrassa pas, mais l'envie n'était cependant pas ce qui lui manquait. [color=RoyalBlue]« Je sais ce que tu en penses. Mais je ne peux pas continuer à leur mentir comme ça. Et tuer n'est pas dans ma nature. »{/color] souffla la femme d'une voix froidement polie. Elle alla caresser son visage et, finalement, ses lèvres allèrent chercher les siennes, derechef. C'était comme si elle ne pouvait pas s'en séparer. Le lendemain, après une longue discussion avec son cousin, il s'en était allé de son côté pendant qu'elle renonçait à sa vie de chasseuse.

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« Le Talamasca ? » Bien entendu, elle en avait entendu parlé. Mais elle ne comprenait pas pourquoi ils venaient la voir elle. En un sens, ça l'arrangeait bien vu qu'après avoir renoncé à son travail de chasseuse, elle ne savait plus trop quoi faire de sa vie. Le dos appuyé sur le dossier du canapé dans son dos, elle observait d'un air sceptique le représentant de l'organisation. Bien entendu, elle se doutait qu'ils devaient avoir un dossier sur chaque chasseur de cette planète pour les garder à l’œil, mais elle ne s'était jamais attendue à ce qu'on vienne la chercher elle après sa "retraite" anticipée. Elle passa une main dans ses cheveux et les ébouriffa légèrement. Pourquoi pas après tout ? Ce n'était pas si différent de son ancien boulot, sauf qu'elle n'avait à tuer personne - ce qui lui convenait très bien. Pourquoi hésiter dans ce cas ? « Qu'est-ce que vous attendez de moi ? »

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Reagan commençait à être habituée aux changements de vie. Assise sur le toit d'un immeuble, blottie contre le torse du vampire, elle gardait le silence, pensive. Elle avait été acceptée chez les Nettoyeurs, on lui avait donné un mentor avec qui elle s'entendait bien - sa formation se passait rapidement grâce à son expérience de chasseuse, de sorcière, de médecin, sans parler de ses compétences en mécanique - et elle s'était rapidement faite une place dans l'organisation. Elle ferma les yeux et reposa son front contre l'épaule de son vampire. Ils ne parlaient pas beaucoup tous les deux, passant beaucoup de chose sous silence, communiquant à demi-mot et avec des non-dits. Et là, cela faisait un moment qu'elle sentait que quelque chose allait changer entre eux. Aussi ne fut-elle pas surprise quand elle l'entendit prononcer tout bas. « Je vais partir, ma douce. »

Il n'y eut pas de larme, ni de promesse. Elle n'était pas certaine qu'ils aient discuté après cela en fait. Elle s'était contentée de chercher ses lèvres, et il l'avait porté jusqu'à son lit pour l'étreindre avec cette passion propre aux au-revoir. Elle était restée plus longtemps éveillée cette nuit-là, comme si le temps ne passerait plus, comme si le simple fait de rester éveillée empêcherait le monde de changer de jour. Le lendemain, la place à ses côtés était vide.

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« Je suis fier de toi Reagan. » La demoiselle adressa un sourire brillant à celui qui avait été son mentor. Après des années de travail, elle était enfin reconnue en tant qu'ancienne au sein du Talamasca. « C'est seulement grâce à toi tout ça. Si tu n'avais pas été là pour me guider, je n'y serai jamais arrivée. » Un franc éclat de rire accueillit la réponse, suivi d'un tape bourrue dans l'épaule. « Tu t'es formée toute seule. Dès que tu es arrivée, tu étais déjà capable de te défendre et tu savais tout ce qu'il fallait savoir sur les CESS. Il ne me restait plus qu'à t'apprendre le fonctionnement de l'organisation et à effacer toutes les traces ! » Ce qui n'avait pas pris beaucoup de temps grâce à sa mémoire parfaite. Haussant évasivement les épaules, elle finit par prendre le bras de l'homme. « Et si on allait boire un verre pour fêter ça plutôt ? »

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Il faisait chaud. En fait, c'était une véritable fournaise. L'air était un mélange de souffre, de transpiration, de poussière et de métal chauffé à blanc. Le martellement régulier du marteau sur la lame en formation masquait par à-coup le grondement furieux des flammes, le crépitement excité des braises attisées par le courant d'air du soufflet. Toute concentrée à sa tâche, dans son lourd tablier, Reagan ne quittait pas des yeux son œuvre en ignorant la chaleur qui rougissait son visage et qui trempait son corps de sueur. Elle ne remarqua pas tout de suite d'un homme l'observait dans l'encadrement de la porte, attendant sagement qu'elle ait fini et qu'elle daigne lui accorder son attention. « Mademoiselle Lewis ? » Reagan leva la tête et ôta ses gants pour prendre la l'enveloppe que l'homme lui tendait. Sans un mot, elle l'ouvrit machinalement et parcourut les lettres noires des yeux. Un ordre de mission. « La Nouvelle-Orléans ? » murmura-t-elle, surprise. C'était loin. Elle avait demandé à repartir en Europe et était actuellement à Amsterdam. Il était étrange qu'ils la renvoient aux USA... Il devait vraiment y avoir quelque chose d'important, car le travail ne manquait pas ici non plus.

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Reagan avait toujours préféré vivre seule. En fait, elle ne supportait pas les va-et-vient incessants des autres, aussi elle profitait de la fortune qu'elle avait pour toujours avoir sa propre demeure, peu importe où elle allait. Si, au début, le Talamasca n'aimait pas trop ce genre de pratique, elle n'était pas du genre à faire des vagues et l'organisation avait fini par lui laisser un peu la bride sur le cou. Mais bien entendu, il fallait du temps pour qu'elle trouve une maison et avant qu'elle puisse emménager à chaque fois qu'elle arrivait quelque part, c'était pour cette raison qu'elle devait vivre dans les locaux du Talamasca. Les choses étaient de plus en plus compliquées ici. Elle était arrivée il y avait un moment maintenant, et elle n'avait jamais vu cela encore. Elle avait toujours été capable de voir et de ressentir les fantômes autour d'elle mais là, des fantômes ayant une réalité physique ? Vraiment ? Elle poussa un grondement et passa une main dans ses cheveux. Quelque chose lui disait qu'il y allait y avoir du grabuge.
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Mer 24 Oct - 23:42

Pardon pour le triple post et pour la séparation de l'histoire du reste de la fiche, mais ça ne passait pas sinon. ;w; Alors plutôt que de couper la feuille en deux, j'ai préféré mettre l'histoire dans un message à part. ♥

Tout ça pour dire, J'AI FINI. J'espère que ça vous plaira. ♥ Bonne lecture ! =D
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Léo A. Jones
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 1:03

Bienvenue par ici **
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 4:27

Bienvenue sur le forum ! *-* On a vite fait eu l'occasion de se voir sur la CB. J'aime beaucoup ton personnage. coeur
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 6:18

Bienvenue sur le forum, disciple d'Hyppocrate !


Dernière édition par Ilithyia P. Alesi le Jeu 25 Oct - 9:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 6:40

Bienvenuuuue ! coeur
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 11:27

Merci beaucoup tout le monde ! =D
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S. Raphaëlle Sands
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 15:46

Owi I love you hug
Bienvenue parmi nous, chère amie ! Je suis en pleine admiration devant ta fiche, vraiment
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 16:47

Merci Raphaëlle, c'est super gentil à toi.
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Lexy Williams
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Jeu 25 Oct - 17:01

Welcome =)

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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Ven 26 Oct - 7:58

Je suis même pas venu te dire officiellement bienvenue desperate shame on me.

Anyway, il vaut mieux tard que jamais comme on dit! A très bientôt j'espère, pi réserve moi un petit lien Wink
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Ven 26 Oct - 10:24

Merci à tous les deux ! =D

Et avec grand plaisir Aegnor ! o/
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Ven 26 Oct - 11:31

bienvenue^^
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Ven 26 Oct - 11:34

Merci Jonathan ! =D
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Tess E. Littleton
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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Ven 26 Oct - 14:44

Bonsoir et désolée d'avoir été aussi longue ** mais le rhume n'aide pas et j'ai du reprendre ma lecture plusieurs fois (a)

Alors ; je peux te dire que c'est absolument bien écrit ** la fiche est superbe, très agréable à lire (j'ai loupé mon déjeuner parce que je voulais pas m'arrêter *baf*)
Mais je ne peux pas accepter un personnage tel quel ** avant de paniquer, laisse-moi un peu t'expliquer ^-^

Pour une sorcière, et considérant tout ce qui s'est passé dans sa vie, ton personnage semble un peu trop... "hors du commun". Bon tu vas me dire, on est sur du fantastique, donc c'est clairement le but Arrow sauf que là, ça fait beaucoup trop **
Il faudrait que tu fasses certains choix, car être à la fois Sorcière, Talamascaine, Médecin diplômé d'Harvard, Ancienne Chasseuse et posséder un tel pouvoir, en plus de la vie qu'a eu Reagan, me semble un peu trop poussé ^^
Déjà, en ce qui concerne ton don : il faut le revoir et l'organiser en évolutions. Par exemple, si tu gardes comme idée directrice ton histoire d'énergie, ta première capacité peut consister en le fait que Reagan puisse voir les esprits -et communiquer avec. Les 2 autres pourraient lui permettre de guérir plus rapidement, puis de vieillir moins vite. Mais ces 2 évolutions, tu ne peux pas les introduire dans ton histoire ; tu devras les acheter à la boutique au fil du jeu, grâce à tes litres de sang (c'est la même règle pour tout le monde **).
Pour ce qui est de ta nature de sorcière ; honnêtement, je pense que tu pourrais t'en passer MmM ça t'aiderait à alléger ton personnage ; dans l'histoire, elle ne se sert pas vraiment de ses dons donc tu pourrais aisément supprimer cet aspect -du reste, les pouvoirs de Reagan auraient dû faire leur apparition bien avant qu'on ne lui apprenne sa nature de sorcière, la capacité spéciale étant indépendante des pouvoirs des sorciers). Tu as dû voir qu'on acceptait les capacités spéciales autres que les 4 proposées pour les humains, si la fiche et le personnage se tenaient. Ton écriture est plus que correcte, donc si tu te plies à nos exigences, tu peux très bien rester humaine et conserver ce pouvoir (que tu devras en revanche décomposer en 3 niveaux comme je le disais plus haut ^^).
Tu peux éventuellement conserver la partie où elle apprend à chasser en disant que ses grands-parents sont des chasseurs mais pas des sorciers, ce qui peut t'ouvrir la porte du Talamasca.
En revanche, Reagan n'a pas pu non plus devenir médecin diplômé (pas suffisamment de temps : ton personnage ne peut pas encore vieillir à retardement et de toute manière, comment l'aurais-tu expliqué face à tes professeurs et ton entourage qui t'aurait vu figée dans tes 24 ans ? Smile )
Voilà, je pense que ce sont malheureusement des points à corriger ^-^ Si tu as besoin de plus de précisions ou que tu veux en discuter, je suis disponible par MP ♥️

J'espère que tu comprendras et que tu resteras parmi nous malgré les transformations demandées, car il serait franchement dommage de perdre un écrivain aussi talentueux que toi **

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« As-tu trouvé loin des vies, loin des larmes, ton idéal Rouge Ardent ? As-tu froid, trembles-tu quand tu dors ? Tu disais "tout s'évapore"... Tu as eu tort. Corps à corps j'en rêve encore. Le feu, le vent, mille volcans Rouge Ardent. Quand tu m'embrassais fort... j'en rêve encore. Le jour se lève... encore ♦️ »




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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Lun 5 Nov - 20:45

je déplace en attendant de voir si tu tiens toujours à modifier ou non **

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MessageSujet: Re: Reagan A. LEWIS - « All alone or not, you have to walk ahead. »   Ven 9 Nov - 23:24

pas de réponse, j'archive **

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