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 L'Histoire • Contexte

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Méphistophélès
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▌A débarqué le : 18/07/2010
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MessageSujet: L'Histoire • Contexte   Lun 30 Avr - 17:17

Cup of Blood


« L'histoire »

Préface

« Nous sommes en 2012, à la Nouvelle-Orléans. La ville est encore en reconstruction après le passage de Katrina, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse véritablement. Ce que vous laisse entrevoir le journal télévisé ou votre papier quotidien n'est qu'une façade. S'il s'agit bien encore d'une ville bouleversée par les dégâts causés en 2005, sachez qu'elle est constamment secouée de l'intérieur par sa population, aussi riche culturellement que... racialement. Pourquoi faire la distinction ? Tout simplement parce qu'il n'est plus question de différencier les noirs des blancs. Humains, mortels, ne sont pas seuls à vivre entre le Bayou et le lac Pontchartrain. Depuis longtemps, La-Nouvelle-Orléans a donné raison à ses mythes. Magie, Esprits, Vaudou, Vampires, Loup-Garous... Vous pensiez peut-être que ce n'étaient là que fumisteries, destinées à alimenter les esprits créatifs, à attirer les curieux et à écouler les produits touristiques ?! Visitez donc la Maison Lalaurie ou tenez-vous un peu tard près des marécages, si vous n'avez pas peur de découvrir la vérité de façon radicale. Le berceau du surnaturel se trouve sous vos pieds, et tout ce petit monde vit sa vie à l'insu de la vôtre et s'organise en silence, perpétuant la tradition du Secret.
Et quand bien même auriez-vous le courage de le briser... sachez qu'il sera toujours hautement plus probable que vous finissiez par y plonger. »


Pour mieux se plonger dans l'histoire


« 2 anecdotes - lecture non indispensable »
Sonnerie assourdissante et agressante. La même qui vous réveille chaque matin depuis deux ans. Grondement mécontent, votre main s’extirpe des draps, cherchant à faire taire l’engin diabolique. Vous trouvez le bouton magique. La paix ! Ou pas. Deux petits monstres en pyjama respectivement rose et bleu décorés de vaisseaux spatiaux et de licornes surgissent en trombe dans votre antre, sautant sur le lit, hurlant des « Papa ! Papa ! » à tue-tête avant de repartir d’où ils viennent. Adieu vos dix minutes de sommeil supplémentaires... Vous vous résignez enfin à quitter votre lit douillet. Un tour dans la salle de bain, puis dans la penderie et vous voilà au rez-de-chaussée. Là, les deux terreurs sont assises dans leur petite chaise colorée autour de la table, dégustant les restes de ce qui avaient dû être autrefois des toasts à la confiture. Ils vous sourient, les yeux brillant de malice. Ils auraient prié votre miséricorde si Aphrodite elle-même n’avait pas surgit, votre futur repas soigneusement emballé, un sourire angélique flottant sur son visage. Elle vous donne un divin baisé sur les lèvres, vous susurre un « Sois prudent », avant de retourner s’occuper des garnements. Deux minutes plus tard, vous êtes au volant de votre coupé, quittant les quartiers résidentiels pour pénétrer dans les entrailles de la Nouvelle-Orléans.

Une routine que vous appréciez chaque matin, passant devant le port de la ville où des bateaux marchands en provenance de Bâton Rouge sommeillent paisiblement. Le chemin entre votre demeure et le poste de police n’était pas long, ainsi vous permettez-vous quelques détours dans cette ville qui est la votre depuis deux ans. Vous avez déménagé ici avec réticence, cédant d’abord aux caprices de votre femme, mais finissant vous aussi par succomber aux nombreux charmes de cette cité marine. Vos collèges vous respectent, vos horaires sont fixes et les activités ne manquent pas pour occuper vos deux rejetons. Bref, une vie à laquelle tout jeunet enquêteur et père de famille aspire ou non secrètement. La Nouvelle-Orléans semble toutefois posséder une chose que les autres n'ont pas : le crime à répétition, bien plus que partout ailleurs... « Hé Tom, jette un œil à ça ». Une photo tombe sur votre bureau, remplaçant les sourires de vos mômes immortalisés sur un papier glacé. Un type à peine majeur vous regarde fixement, ses yeux d’un bleu électrique momifié sur le cliché. « Je suis censé le reconnaître ? ». Votre compagnon secoue la tête. « Non, mais c’type est déclaré disparu depuis trois jours. La dernière fois qu’il a été vu, c’était au Big Daddy’s, sur Royal Street. Le boss veut qu’on aille faire un tour, histoire de voir si les employés et les clients s’rappellent de lui. » Le devoir vous appelle…

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Le Big Daddy’s n’a pas une clientèle toute blanche, mais au moins les cocktails y sont moins chers que partout ailleurs en ville. Avec son éclairage tamisé, on distingue encore mieux la continuelle couche de fumée qui flotte dans la pièce. En milieu de la matinée, les consommateurs ne sont pas nombreux, mais au moins y a-il quelques serveuses et barmen à qui parler. Votre collègue, Jason, s’adresse à une femme maigrichonne derrière le comptoir, le teint mât et les cheveux d’encre. « Excusez-moi, m’dame. Vous n’auriez pas vu cet homme, il y a quelques jours de ça ? » La nana fixe la photo, puis vous dévisage vous et votre collègue d’un air suspicieux. « Peut-être. C’est à quel sujet ? » Son air méfiant ne vous dit rien qui vaille. « Il est porté disparu depuis trois jours. Nos rapports disent qu’il a été vu pour la dernière fois ici ». Elle hoche la tête, sourcils froncés. « Oui, il est venu mardi soir avec quelques un de ses potes. Ils ont commandé quelques verres, sont restés une heure ou deux, puis sont repartis. » Elle essuie des verres, ses mouvements sont rapides, secs, saccadés. Quelque chose cloche. « Rien de particulier ne s’est passé ? A-t-il parlé à des gens suspect ? Vous semblait-il avoir un comportement spécial ? » Elle fait mine de réfléchir. Dans la salle, un silence de plomb s’est soudainement installé. Il vous semble que tous les regards sont fixés sur votre échange avec la serveuse. Celle-ci déglutit, de plus en plus nerveuse. « Il semblait intéressé par une femme qui est arrivée plus tard dans la soirée, un peu après 21h. Il lui a tourné autour toute la soirée et il est reparti avec elle. Il fallait dire qu’elle était… très belle. » Le dernier mot semble lui écorcher la bouche. De la sueur commence à perler sur son front. Vous allez enchaîner, de plus en plus curieux, lorsqu’une voix s’élève dans la salle, grave et rauque. « Ne faites pas attention messieurs. Rita est assez paranoïaque, elle a des croyances bien à elle, si vous voyez ce que j’veux dire… »

Vous vous retournez pour apercevoir un gaillard bien batti, des cheveux sombres coupés courts, un look un peu rebelle, entouré de quatre compagnons du même style. Lorsqu’il vous accorde un sourire complice, ses lèvres s’étirent pour dévoiler une série de dents parfaitement blanches, aux canines bien définies. Ce type ne vous inspire pas du tout confiance… « Et à quelles croyances faites vous référence, je vous prie ? » Il éclate de rire, mais ses mains s’enfoncent dans ses poches, dissimulant ses jointures devenues blanches. « Oh, vous voyez ? Des légendes qui ne tiennent pas la route, à propos de revenants, d’esprits vengeurs et autres conneries de la sorte. À vot’place, je ferais pas attention aux sornettes qu’elle peut raconter… » Derrière le comptoir, la dénommée Rita pâlit, s’efforçant de ne pas prêter attention à la conversation. Vous qui étes d’un naturel calme, il suffit de cette simple remarque pour vous faire sortir de vos gonds. Néanmoins, vous n’en faites rien et avancez vers lui, brandissant la photo du disparu sous son nez. Il perd soudainement son sourire provoquant, et sa mâchoire se serre brusquement. « Vous le connaissez, peut-être ? » Une veine frémit sur son front. « Pas vraiment non. Il est venu y’a quelques jours de ça, a dragué une nana et est reparti à son bras. Rien d’inhabituel ». Vraiment, son air nonchalant vous exaspère. « Et cette nana ? C’est une amie à vous ? » Là, il vous semble voir distinctement une lueur de colère dans les yeux de votre interlocuteur, et derrière vous, ses potes expriment une nette expression de dégoût. « Absolument pas. J’connais même pas son nom. » Peut-être dit-il la vérité, mais chose certaine, il ne semble pas apprécier cette fameuse fille. « Pour quelqu’un qui ne sait pas son nom, vous semblez drôlement choqué par sa simple énonciation… Vous êtes sûr de ne pas la connaître ? » Et là, tout dérape. Les quatre autres armoires à glace se lèvent brusquement, si vite que nous n’avez même pas le temps de cligner des yeux. Jason rapplique à vos côtés, une main à la ceinture. La tension est palpable. Personne n’ose esquisser un geste, et la joyeuse bande gonflée de testostérone vous dévisage hargneusement. Contre toute attente, c’est la frêle Rita, quittant son poste derrière le comptoir, qui vient mettre un terme à l’échange de regards méprisants. « Messieurs les inspecteurs, » vous murmure-t-elle. « Vous devriez partir, ce n’est pas un endroit pour des gens comme vous.. » Vous vous tournez vers elle, hébété. « Vous devriez écouter cette chère Rita. De jeunes et braves hommes comme vous n’avez rien à faire ici. Vous devriez retourner dans vos quartiers chics, vous risquez de salir vos bottes lustrées ici… » Vous auriez probablement fait ravaler ce commentaire désobligeant si votre collègue ne vous en avait pas dissuadé. Vous saisissant par le bras, il vous entraîne vers la sortie. Judicieux choix que celui-ci…« Allez viens Tom, sortons d’ici avant de commettre l’irréparable… » En quittant le bar, vous avez une dernière pensée pour la petite Rita, restée à l’intérieur avec les cinq demeurés. En remontant dans votre véhicule de patrouille, vous repensez à sa dernière phrase, à votre intention. Qu’avait-elle voulu dire par " des gens comme vous " ?

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« Télé-journal de 18h.
[...] le corps du jeune Alan Townsend, 22 ans, a été retrouvé hier après-midi dans les marécages au Sud de la ville par des touristes de la Lousiana Tour Company. Alors que le guide et trois touristes parcouraient les marais sur un hydroglisseur, ils ont été intrigués par une forme étrange flottant à la surface de l’eau et ont immédiatement contacté les autorités en découvrant le corps de M. Townsend. Selon des témoignages, la dépouille du défunt était couverte de morsures et certains membres lui manquaient. Alan avait été aperçu pour la dernière fois au Big Daddy’s mardi soir dernier en compagnie de quelques uns de ses proches. Pour l’instant, les enquêteurs n’ont fait aucun commentaire, mais on suppose qu’il s’agit-là d’une énième victime, soûle et un peu trop téméraire qui s'est approchée trop près du bord des chemins bordant les marécages et ayant fait office d'en-cas pour les alligators. Encore une fois, les autorités recommandent la prudence pour les…[...] »


La silhouette, assise dans un fauteuil de velours, fut secouée d’un rire mutin devant son téléviseur. De sa main gantée, elle se saisit de la coupe que tenait un jeune homme dans un plateau d’or, portant le verre à ses lèvres. Lorsque, dans l’ombre, elle eut un sourire cynique, ses crocs d’une blancheur parfaite scintillèrent dans la pénombre. Combien misent qu’elle ne dégustait pas un bon Porto ?

Vous vous sentez fatigué. Le décalage horaire, sans doute. Mais vous avez besoin d'un petit remontant avant de grimper dans un taxi. Ca tombe bien, le néon d'un bar à côté de Louis Armstrong Airport clignote encore. Whisky, café, choisissez. Vous êtes bien sur ce tabouret, tellement bien que vous somnolez. Il y a du bruit, et les cuisines en fond de salle dégagent encore les effluves alléchantes des crustacés marinés. Dès demain vous irez faire un tour sur le port, respirer les embruns et vous renseigner sur la gastronomie locale dont vous n'avez entendu que du bien. « Un autre verre mon chou ? » Vous acceptez. « Sazerac. C'est c'qu'on boit ici. Il est né là c'cocktail ». Elle vous regarde par dessus ses verres carrés. Elle semble si autoritaire l'espace d'un instant que vous vous dépêchez de goûter. Et puis, elle vous fait deviner les ingrédients, vous vous prenez au jeu, la priant de vous laisser regagner votre chambre d’hôtel sans finir complètement saoul. Cette grosse femme noire vous fascine, tout de même. Vous sentez qu'elle porte en elle le poids des légendes alentour et qu'elle est de ces gens qui font perdurer le climat local. Le Jazz, les afro-américains, la nourriture française... ça vous semblait tellement cliché et pourtant cette ville vous paraît chaleureuse à souhait... « C'est toujours comme ça ici ? » « Comme ça comment ? » Elle ne comprend pas, vous expliquez ; « Agréable... c'est une grande ville mais les gens ont l'air de tous se connaître. » Expression gutturale, elle semble amusée. « Ca dépend des endroits. Mais la plupart du temps... ça n'a rien à voir avec mon époque ! C'est comme partout, les gens s'occupent de leur petite personne, et voilà tout ! J'dis pas que parfois il vaut mieux pas s'occuper de ses fesses ! Mais avant... c'était comme ça partout. Maintenant, il faut trouver les bons endroits. Tu finis pas ton verre mon p'tit ? » Cette manie de passer du "tu" au "vous" et son clin d'oeil vous intriguent, vous commencez déjà à bien l'aimer. Pourquoi ne pas spéculer sur son âge ? Physiquement, elle ne doit pas avoir plus de 60 ans. Quand elle parle, et dans la profondeur de son regard, elle vous paraît avoir vécu la création de la ville qui l'a vue naître.

« Alors, qu'est-ce qu'un beau garçon comme vous vient faire à La Nouvelle Orléans, hein ? » Elle vous sonde, vous vous sentez soumis à son autorité. « J'ai acheté une vieille maison dans le quartier français. Je suis là pour écrire. » Haussant un sourcil dubitatif, elle se penche vers vous jusqu'à vous empêcher de respirer. « Écrire sur quoi ? » L'oeil rieur, vous poursuivez. « Des romans. Ce genre de choses. Je veux capter l'ambiance et la retranscrire sur papier. D'ailleurs, j'aurais besoin de quelqu'un pour me raconter un peu. Je sais bien que c'est triste, mais... je n'ai pas besoin d'entendre les ravages de Katrina. J'aimerais apprendre à connaître la ville en profondeur. Appelez-moi si jamais ça vous intéresse... » Vous lui laissez votre carte, dont elle s'empare du bout des doigts. Un soupir condescendant plus tard, vous êtes plus que jamais au centre de son intérêt. « Elle est où vot'maison mon p'tit ? » « Lalaurie House. Je sais qu'elle n'a pas très bonne réputation, mais je ne suis pas superstitieux. » « Ben. Vous avez bien du courage. J'aurais pas fait ça à vot'place. » Pour sûr, elle vient de prendre 10 ans d'âge. « Quoi donc ? » « Acheter cette baraque. Vous savez pas cqu'on dit à son sujet. Même encore aujourd'hui... » Vous ne savez pas si vous êtes intrigué ou agacé. Vous tentez le Diable, ça ne vous fait pas peur... « Vous vous y connaissez en vaudou ? » Silence de mort. Et vous sentez que vous auriez dû éviter. Sous ses airs de matrone autoritaire, elle se penche à votre oreille et vous dévisage de ses grands yeux noirs. Un frisson glacé parcourt votre échine et vous fait trembler jusqu'à vous rapprocher d'elle. Vous vous excusez bien bas, sans quitter son regard meurtrier. « Si j'étais vous, je ne parlerais pas de choses que je ne connais pas ! » Et tout finit ainsi, le malaise s'étant emparé de vous. Vous ne voulez pas la froisser, vous excusez gentiment en prétextant avoir trop bu et être fatigué. Vous laissez un gros billet, et disparaissez dans la nuit sous les rires tonitruants et les trompettes de Jazz.


Métairie, 6 jours plus tard.

Tôt de bon matin, les passants se font rare. Les marchands dressent leurs échoppes et disposent à la vue de tous les produits dont ils feront l'éloge tout le jour durant. Certains sont prêts déjà, assis à leur table de fortune, ils attendent dans la moiteur matinale, savourant une cigarette et un café - au lait bien entendu. Deux femmes noires d'allure assez âgée déambulent déjà au beau milieu des tentes, panier à la main et volants colorés de leurs robes fleuries virevoltant sur leur chemin. « Tu vois toujours ce... tu sais... » Plutôt frêle, la première regarde la deuxième d'un air coupable. « Dis pas n'importe quoi Eloïse ! Je t'ai interdit de parler de ça, tu le sais bien ! » Irritée, elle semble aussi vouloir garder ses distances avec le monde alentour. Personne surtout ne doit les entendre... « Excuse-moi Janice... je pensais que si tu étais là... c'était pour lui donner tu sais quoi... » « Oui, eh ben... si tu le sais, pourquoi tu en parles ? C'est un secret... » « Je t'ai aidée à retrouver ce breuvage, Janice... » « Rah ! Il sera là d'une minute à l'autre. En attendant tu ferais mieux de fermer ta grande bouche, avant qu'il ne rameute ses copains pour s'offrir une noire à dîner ! » Ses gros yeux roulent dans ses orbites de manière effrayante, tandis que la dénommée Janice pointe vers son amie de longue date un index accusateur. « Mesdames. On parle de moi ? » Sursautant de terreur, les deux femmes s'inventent un sujet de conversation tout à fait respectable, bafouillant et s'emmêlant dans leurs affirmations. La plus frêle recule tant qu'elle peut, laissant sa compagne s'occuper du bel homme qui vient d'interrompre leur promenade dominicale. Un splendide cajun d'au moins 1 mètre 80, l'oeil brillant d'une teinte ambrée et de sombres cheveux mi-longs encadrant son visage séduisant. « Ca ne fait rien, pour cette fois... » Doucement, il tend sa main, jusqu'à ce que la matrone y dépose une fiole entourée d'un mouchoir vieilli. L'homme semble satisfait, et sourit. Ses menaces font marcher la sorcière au pas depuis des années, pour disposer de cette potion qui lui permet de ne pas totalement se laisser submerger par l'animal qui dort en lui. Il n'a aucun contact avec la meute locale, mais puisque l'honnêteté n'a jamais payé avec ces femmes, il s'est inventé des histoires qui les font mourir de peur à sa seule pensée. « Merci bien, Janice. Et n'oubliez pas Mesdames... notre... petit arrangement doit rester secret. Mon peuple aurait tôt fait de réduire à néant votre descendance, un soir de pleine lune... » Son sourire narquois s'étend sur des dents d'une blancheur incroyable. Deux incisives resplendissantes savamment taillées pour la chasse... « A dans un mois, miss Janice... » Dans un clin d'oeil supérieur, il disparaît aussi subrepticement qu'il est apparu.
Soulagée, la plus frêle accepte le regard mauvais que lui jette sa sœur de cœur, pourtant trop heureuse d'avoir échappé au pire. « Qu'ils aillent au Diable, ces changeurs... » « Janice... » « Rah, quoi encore ?! » Agacée, la vieille femme se dégage de la main tremblante qui enserre son épaule. « Ne me tapote pas comme ça Eloïse ! Tu sais que... » Sa moue furieuse se transforme en un rictus nerveux, dès lors que ses yeux noirs accrochent le journal ramassé par sa compagne. La première page affiche un visage familier, tout aussi souriant que le soir dernier. « Alan Johnson, romancier discret venu chercher l'inspiration à La-Nouvelle-Orléans pour donner davantage de profondeur à son oeuvre en construction, est porté disparu depuis la nuit du 16 au 17 avril dernier. Ses proches n'ont aucune nouvelle depuis lors alors qu'il les contactait tous les jours. Sa maison ne semble pas avoir été visitée depuis la nuit de sa disparition, toutefois une voisine affirme l'avoir vu inviter un homme étrange chez lui peu avant d'avoir entendu un bruit fracassant en provenance de la demeure. La police poursuit l'enquête et les rumeurs une fois encore, vont bon train ; outre cette tragique nouvelle, c'est le poids du mythe Lalaurie, qui retombe sur les habitants du quartier. En effet, la célèbre maison, dite « hantée » située dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans, aurait été le théatre de tortures et de meurtres perpétrés par la maîtresse des lieux, Delphine Lalaurie, sur des esclaves au 19è siècle. Depuis, les propriétaires se sont succédés et aucun n'y est resté bien longtemps. De tragiques histoires de fantômes et de terreur perpétuent la réputation sordide de l'endroit, et l'écrivain Alan Johnson, propriétaire de la maison après Nicolas Cage, semble avoir lui-même été victime de ces horreurs paranormales... » « Janice, c'est pas le gamin dont tu m'as parlé au téléphone ?! » D'une main hésitante posée sur son épaule, la petite vieille montre son soutien à la grosse dame qui égare quelques larmes. « Je l'avais prévenu... il avait l'air d'un bon gars, ce p'tit. Dès que jl'ai vu dans le bar... il m'a fait penser à mon fils... Je lui ai dit que c'était dangereux ! Ces monstres ont eu sa peau ! » « Tu penses aux esprits ?! » « Les esprits ou les buveurs de sang... quelle différence, il est sûrement mort à l'heure qu'il est ! » Silence. « Allez viens Janice, on rentre... » « Rah ! Ca va jte dis, pas besoin d'me tenir comme un bébé ! » Râleuse, elle se traîne jusqu'au pont et admire les va-et-vient salés de ces eaux tumultueuses. De sa poche, elle extirpe une petite carte sobre et note le poids des années ressenti entre cette photo là et celle du journal. Comme elle n'a plus rien à en faire, elle la jette par dessus la rambarde dans le lac Pontchartrain, intimement convaincue qu'il ne reviendra jamais, où qu'il puisse avoir été emmené. Au loin on peut encore lire son nom, et un numéro de téléphone. Repose en paix, Alan Johnson...



Crédits



Idée & Rédaction par Tess E, Littleton & Léo A. Jones.
Présentation par Tess Littleton.
Image par Fagron.
Contexte inspiré par divers univers fantastiques : Anita Blake (Laurell K. Hamilton), Les Chroniques de Vampires & La Saga des Sorcières (Anne Rice), les séries True Blood, Supernatural & Blade – et retravaillé, arrangé, élaboré par les administrateurs du forum.
Toute copie partielle ou totale est interdite.
Sigmund te surveille, alors fais-gaffe !



Dernière édition par Méphistophélès le Mer 16 Mai - 15:33, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: L'Histoire • Contexte   Lun 30 Avr - 17:19

Cup of Blood


« L'histoire »

Contexte

22 avril 2012, Maison Mère de La Nouvelle-Orléans.

« Béantes, les mâchoires du monde s'ouvriront, pour libérer ce qui, jusqu'alors, n'avait été qu'imaginé. Sa langue perfide obtiendra sa vengeance sur l'humanité, avalant par milliers l'Homme et sa science destructrice. C'est alors que ses entrailles putrides se répandront sur Terre pour l'anéantir, et trouveront comme ennemi la force céleste de l'avenir. »

« Le monde est en train de changer. Beaucoup d'Hommes parlent de la fin du monde dans l'année, mais il me semble que la communauté surnaturelle s'agite, comme allant dans ce sens. Cette prophétie nous a été récitée pas plus tard que ce matin, par une jeune femme du quartier français -probablement une sorcière- alors que mon novice et moi patrouillions dans la Rue Royale. La Maison Lalaurie, récemment achetée, est de nouveau sans propriétaire. Le cadavre du jeune écrivain qui l'habitait a été retrouvé enterré dans son propre jardin. Il était encore trop tôt pour avoir accès au bâtiment et l'explorer, mais nous y retournerons très bientôt, dans l'espoir d'en retirer davantage d'informations que les fois précédentes. Cette maison est hantée, et nos meilleurs médiums eux-mêmes n'ont jamais su amadouer les esprits des défunts autrefois torturés en ces lieux. Nous espérons que le corps du jeune homme sera accessible dans les jours à venir, afin de l'interroger par l'un de nos nécromanciens. Mais ce n'est là malheureusement qu'un fait courant à La-Nouvelle-Orléans, et ce n'est pas ce meurtre là qui a toutefois attiré notre attention.
Peter Townsend, ce jeune lycan récemment transformé a semble-t-il été vu pour la toute dernière fois en compagnie de la Maîtresse Vampire du Clan Alesi, avant d'être jeté aux alligators dans les marécages. Notre enquête nous a menés à croire qu'il s'agissait d'un message envoyé directement par les Vampires de la Ville à la meute de loup-garous. Il semble que les tensions entre communautés surnaturelles étouffent de plus en plus la ville à mesure que les mois s'écoulent ; vampires et lycans deviennent incontrôlables et s'assassinent entre eux. De nombreux chasseurs sont retrouvés morts et semblent ne plus pouvoir faire face aux proies qu'ils traquent habituellement.
Une mutation a-t-elle rendu vampires et lycans plus forts ? Une nouvelle espèce hybride a-t-elle vu le jour, de sorte que l'argent et l'eau bénite ne soient plus efficaces sur nos éternels bourreaux ? Nos questions demeurent à ce jour sans réponses, bien que nous cherchions activement et chaque jour de quoi alimenter nos témoignages et nos observations jusqu'à découvrir ce que cachent cette suspicion interraciale et ces meurtres sanglants à répétition. L'agitation pourrait bien s'étendre à la communauté humaine et nous redoutons que ces informations parviennent à de trop chastes oreilles. Le Surnaturel doit conserver pour toujours et à jamais sa place dans l'ombre et laisser s'élever l'Humanité. »

« Chercheurs du paranormal, nous observons et sommes toujours là ».
Talamasca
Disparitions, meurtres à répétitions, armes inefficaces, méfiance sur tous les fronts. Vous voilà non seulement projetés dans un univers surnaturel dangereux et effrayant par définition, mais en plus débarqués au moment où tout équilibre semble s'écrouler... Cupiens, tremblez ! Le pire est à venir...


Crédits



Idée & Rédaction par Tess E. Littleton.
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MessageSujet: Re: L'Histoire • Contexte   Ven 18 Mai - 13:53

Les Cartes de la Ville


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MessageSujet: Re: L'Histoire • Contexte   

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L'Histoire • Contexte

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